Imprimez ce
texte
Envoyez ce texte
a un ami
Ecrivez-moi
Archives
Israël et ses vins (Hist. 47bis)
 

Mardi le 04 mars, 2008


Récemment, à l’occasion d’un souper de la section de Québec de l’Amicale des Sommeliers, le président, Me Ghislain K.-Laflamme a donné une conférence dont le thème était les vins d’Israël. Savait-on qu’on produisait du vin en Israël? Et qui pense à acheter des vins de ce pays? Pourtant, bien des gens de cette région sont liés au vin; il n’y a qu’à se rappeler Edmund de Rothschild et son frère Philippe dont la fille, Philippine a pris la succession du château Mouton Rothschild, dans la région de Bordeaux.

D’ailleurs, on ne devrait même pas poser la questions à savoir qu’il y a du vin en Israël, qu’on relise la Bible et on le constatera sans difficultés puisqu’en des dizaines de passages, il y est question de vigne et de vin.

Or, Me Laflamme nous a appris que comme bien d’autres pays, Israël a voulu s’inscrire parmi les pays viticoles et organiser un grand concours de vin comme cela se pratique en maints endroits dont au Québec, avec les Sélections mondiales des vins – Canada, dont la prochaine manifestation aura lieu fin mai, à Québec. (voir à ce sujet : www.smvcanada.ca

C’est un peu à cause de tout cela que j’ai pensé vous livrer des extraits de la conférence de Me Laflamme, dans le cadre de « Mon Histoire du vin ». J’ai donné le numéro de chapitre 47bis, entendu qu’en cours de publication de cette longue série, j’ai commis quelques erreurs, dans la numérotation. Ainsi, après avoir parlé de la plupart des pays producteurs, j’ai continué « Mon Histoire… » en abordant les principes de la dégustation, dans les chapitres 48 et 49. Comme j’aborde, aujourd’hui, un autre pays viticole, j’ai donné un numéro « bis », le 47, au présent chapitre. Au fait, vous vous rappellerez sans doute que le premier chapitre de « mon histoire » était daté du 2 janvier 2001. Si vous souhaitez connaître la suite logique de ces notes et commentaires, faites-le-moi savoir.

Venons-en au vin d’Israël

Me Laflamme a rappelé, dans sa conférence, qu’il était allé en Israël, en novembre 2007, à titre de juge international de vin; le concours a eu lieu à Eilat, sur la Mer Rouge, à deux pas de l’Égypte, de la Jordanie et de l’Arabie Saoudite.
Si on connaît quelque peu l’environnement, on sait qu’on est en plein désert.

Pourtant, selon la bible, des populations vivent dans ces lieux si peu accueillants et on y a cultivé la vigne depuis des milliers d’années. Peu à peu, cependant, les habitants se seraient désintéressés de la viticulture, jusque vers 1890, alors que le baron Edmund de Rotschild a manifesté son intérêt à la reprise de la culture de la vigne et à la vinification. En 1983, une reprise véritable a été constatée sur les hauteurs du Golan.

En plein essor

Israël compte cinq régions de production : la Galilée, Shomron, Samson, les collines de Judée et le Negev. On y cultive une bonne trentaine de cépages, 12 pour les vins blancs et 18 pour les rouges. Si on donne quelques noms de cépages, on est en pays connu : riesling, chardonnay, sauvignon; et encore, cabernets sauvignon et franc, merlot, syrah, etc. Pas moins de 150 établissements viti/vinicoles œuvrent en Israël et y produisent plus de trente-six millions de bouteilles, toutes variétés confondues.

Il ne faut cependant pas croire que les vins d’Israël sont tous des vins marqués par la note sacramentelle, des vins « cacher ». (On dit cachère, casher ou kasher – quelle qu’en soit l’orthographe, le mot est invariable. Le mot se rapporte à des denrées – viandes, boissons, etc. conformes aux prescriptions rituelles du judaïsme, ainsi que du lieu où elles sont produites, préparées et vendues (Petit Larousse).

De son côté, Nicole Barrette Ryan, écrit, à l’occasion d’un voyage qu’elle a fait en Israël : «Pendant quelques jours, nous passerons de l’étonnement à l’émerveillement à la découverte de caves modernes, de producteurs enthousiastes, de vins de grande qualité. » (Vins & Vignobles vol.9 no 4 – février-mars 2008).

Les vins kasher

Me Ghislain Laflamme, dans sa conférence à l’Amicale des sommeliers, a donné quelques précisions quant aux règles strictes observées pour la fabrication d’un vin kasher.

1- les raisins ne peuvent provenir que d’une vigne de quatre ans d’âge;

2- aucun autre végétal, fruit ou légume, ne peut être planté entre les rangs des
ceps de vignes;

3- les vignes sont mises en repos, après sept ans de production (année sabbatique);

4- dès le début des vendanges, on ne peut utiliser que des outils et des bâtiments kasher, l’équipement doit être nettoyé pour s’assurer qu’aucun élément étranger ne soit en contact avec la vendange;

5- dès que les raisins arrivent à la cuverie il n’y a que des juifs observant le sabbat qui interviennent sans l’élaboration du vin et ce, sous la surveillance d’un rabbin;

6- Tout ce qui entre en contact avec les fruits, incluant les levures, doit être certifié kasher;
… et quelques autres prescriptions de même nature.

Les règles concernant la nourriture solide, notamment les viandes, sont tout aussi précises et contraignantes. Ainsi, si vous respectez la loi d’Israël vous ne pourrez manger que de la viande d’un animal ruminant dont les sabots sont fendus; durant un même repas, vous ne pouvez manger de la viande et, en même temps, un produit laitier; etc.

Les vins kasher au Québec

Il y a des vins kasher d’Israël, évidemment, mais d’autres pays, dont la France produisent des vins acceptés par les autorités de la religion juive. Le soir de la conférence, j’ai goûté deux vins « kasher ». Je vous en donnerai les détails, jeudi. Comme le disait Me Laflamme, on peut aimer ou pas les vins d’Israël, mais comme on en produit 36 millions de bouteilles, il y a des amateurs, assurément…

Pour celles et ceux qui connaissent, le Manischewitz, fait de raisin concord rouge, ce vin est classé vin casher. En écrivant cette information, j’ai le souvenir de mon vieux père, qui ne buvait pas de vin, en général, mais avait toujours une bouteille de vin Manischewitz qu’il trouvait doux et agréable… (évidemment, ce vin, classé « d », compte plus de 50g de sucre au litre alors qu’un vin sec « s » marque entre 0 et 4 g de sucre par litre.

Je vous invite à lire « Israël, Terre de miel et de vin » dans le magazine Vins & Vignobles, pour en savoir plus sur les vins, les producteurs, le pays et les produits d’Israël disponibles au Québec.

Bonne découverte et à jeudi!

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
 
Imprimez ce
texte
Envoyez ce texte
a un ami
Ecrivez-moi
Archives
 
Recherche dans
Jean-Gilles JUTRAS
À la découverte
 

Planète Tourisme
recettes
Recette :
Vin :
 
 
 
 
 
 
Toutes nos chroniques

Retour à Planète Québec

C O U R R I E R - É L E C T R O N I Q U E
[ Rédacteur en chef | Chef de pupitre ]


Politique de confidentialité

Copyright © 2006 - Planète Québec inc. Tous droits réservés.

Répertoire de bon liens