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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mardi le 04 juillet, 2000
Cela ne surprendra personne si je dis que j’ai toujours eu beaucoup de réticence à propos des vins de dépanneurs et d’épiceries. Pour une bouteille passable, notamment parmi les bouteilles embouteillées par la SAQ, des dizaines d’autres étaient tout simplement mauvaises, du moins à mon goût. Je tiens à le signaler, c’était là un jugement personnel parce que bien des Québécoises et des Québécois faisaient de ces vins d’épiceries leur boisson de fin de semaine, du moins si on en jugeait par les paniers de victuailles qui passaient à la caisse au moment du marché.
Il n’y a pas si longtemps, il y avait dans le réseau de l’alimentation, (ainsi appelle-t-on tous les endroits où on vend des denrées de consommation, petit commerce ou grande surface), donc, il y avait des dizaines de produits «baptisés vins» offerts à la clientèle. Il semblerait bien qu’on en ait retiré un grand nombre ces derniers temps.
LES VQC
Pour remplacer les bouteilles éliminées, la SAQ, après entente avec le réseau des détaillants en alimentation, a lancé, la semaine dernière, plus précisément le 28 juin, une série de vins qu’on qualifie comme étant d’une qualité certifiée, d’où le sigle VQC qui apparaît sur les bouteilles. Si on en croit les responsables de la SAQ qui ont présenté les vins à la presse et au public la semaine dernière, on a mis beaucoup de temps à choisir les produits qui allaient devenir la nouvelle gamme de vins dont la qualité était reconnue et même garantie par les fournisseurs.
M. Mario Lecompte, directeur du Service de la gestion de la Qualité à la SAQ, a déclaré que « pas moins de 92 échantillons de vins de cépage ou (même) d’appellation contrôlée ont été soumis à l’évaluation et au jugement de notre comité et seulement 14 d’entre eux ont obtenu l’approbation de 8 juges sur 11». Ces juges venaient de la SAQ, de la Maison des Futailles et du Groupe Vincor.
Les fournisseurs
On sait qu’il ne reste que deux embouteilleurs au Québec, la Maison des Futailles et le Groupe Vincor. Ces deux sociétés ont présenté des échantillons qui allaient devenir la nouvelle gamme des vins VQC. Sur les 14 vins sélectionnés, 8 sont produits par Vincor et 6 par la Maison des Futailles; ils sont originaires du Chili, de France, d’Italie, des États-Unis et d’Australie.
Déjà cinq ou six de ces vins VQC sont disponibles dans le réseau de l’alimentation et on en ajoutera quelques-uns dans les semaines suivantes. On estime que d’ici le 17 juillet, la majorité des 14 vins pourront être achetés dans les 9 200 épiciers ou dépanneurs du Québec.
Mon appréciation?
J’avoue avoir été agréablement surpris. Je m’attendais vraiment à un «coup de publicité», mais c’est plus, beaucoup plus que cela qui nous arrive. Dans l’ensemble les VQC sont vraiment de qualité certifiée, pour ne pas dire supérieure et contrôlée. Plusieurs des étiquettes de ces vins indiquent qu’il s’agit de «vin de cépage», mais on n’indique pas quel est ou quels sont les cépages utilisés, il n’y a pas de millésimes, ni d’autres indications qui pourraient préciser la valeur du produit… On m’a expliqué que les ententes internationales et la réglementation québécoise empêchaient de nommer le cépage, etc. Alors, pourquoi indiquer « vin de cépage»?
Ceci dit, les vins que j’ai goûtés sont tous bien faits, agréables au nez et en bouche. Ils ne sont pas nécessairement tous d’égale valeur, mais tous sont fort plaisants et s’associent très bien à des plats simples, de tous les jours, comme on dit. Je vous confie qu’il y aurait dans le lot un zinfandel, un ou deux produits qui pourraient arborés une appellation contrôlée, etc.
Si ces vins pouvaient seulement ouvrir l’intérêt des nouveaux amateurs, les incitant à aller plus loin dans la découverte des vins et à prendre ainsi le chemin des succursales de la SAQ, les VQC auraient joué un grand rôle. Mais je vous certifie que ces vins sauront satisfaire bien des gens qui ne demandent pas mieux que de passer un bon moment en sirotant un bon verre avec des copains. Les vins VQC le y amèneront.
Ou si encore ces VQC engageaient la SAQ à améliorer la qualité des quelques vins d’appellation d’origine contrôlée (AOC) qu’elle distribue dans le réseau de l’alimentation, ce serait une excellente affaire pour tout le monde. On me dit qu’on s’y prépare.
Je vous invite à découvrir les VQC déjà disponibles. Je vous en donnerai la liste et quelques commentaires dès jeudi. SALUT! et SANTÉ! avec les nouveaux premiers VQC du Québec.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec,
jgjutras@videotron.ca
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