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Fête du Beaujolais nouveau - 15 novembre
 

Mardi le 06 novembre, 2007


Comme tous les ans, le troisième jeudi de novembre est un jour festif, c’est, en effet, la sortie du nouveau Beaujolais. Il fut un temps où on prenait congé pour participer à la fête du « beaujolais primeur »; cette fête, d’ailleurs est célébrée dans l’univers entier, de diverses façons. Chez nous elle a perdu beaucoup de son intérêt. On a tellement critiqué et vertement pourfendu le beaujolais, notamment le beaujolais nouveau, qu’on a réussi à en désintéresser le commun des mortels.

Au Québec, pourtant, les premières fêtes des vins nouveaux ont eu lieu dès le milieu des années 1980. Que de « folies » on faisait pour se procurer une ou deux bouteilles de ce jeune jus de la treille, sorti tout droit des vignes du fringuant gamay de l’immense vignoble du Beaujolais. Immense, le Beaujolais l’est vraiment, avec ses 22 500 hectares de vigne, complantés en très large partie de gamay, produisant, bon an mal an plus d’un million d’hectolitres de vin.

IL MÉRITE MIEUX

Le beaujolais, en général, notamment les 10 crus et les villages, mérite mieux que ce qu’on en dit. C’est un vin guilleret, gentil tout plein, tout en fraîcheur et en fruit, qui fait la paire avec bien des mets et des plats ou d’autres vins ne satisfont pas. Cessons de lever le nez sur le beaujolais et prenons-le pour ce qu’il est.

Même le vin nouveau, en général, est amusant et donne beaucoup de plaisir. Que demander de plus?

LE BEAUJOLAIS NOUVEAU

C’est le 12 septembre 1937 que le décret d’appellation pour le beaujolais nouveau a été promulgué. On produit, en moyenne annuelle, 450 000 hl 60 millions de bouteilles) de beaujolais nouveau sur 16 000 ha.

Ce qui caractérise le plus le beaujolais nouveau, c’est le type de vinification. Voici comment on l’explique : « vinification en grappes entières. Ce mode de vinification est spécifique au Beaujolais. La cuvaison dure 4 à 5 jours, après la première fermentation (alcoolique) en cuve close, le raisin est pressé, puis le jus de tire et le jus de presse sont assemblés, suit une 2e fermentation dite malo-lactique qui a pour but d’assouplir le vin en réduisant l’acidité.

LE MILLÉSIME 2007

Selon les notes tirées du site officiel du Beaujolais, le millésime 2007 est tout en élégance. Né sous des conditions climatiques exceptionnelles les raisins beaujolais ont vécu des jours heureux, présage de qualité, d’autant plus que les vendanges ont été précoces, écrit-on, même si elles ont été souvent retardées et échelonnées à cause des intempéries. Les rendements sont faibles voire inférieurs par rapport à la moyenne. Toutefois et c’est réjouissant : « Les cuvages embaument… le vin sera riche en arômes et en fruits, avec du nez et de la fraîcheur… Les fondements d’un millésime de qualité sont constitués : 2007 est l’année de l’élégance». (selon www.beaujolais.com)

LES CLASSEMENTS

Le Beaujolais produit 12 types de vins arborant une AOC : beaujolais (générique), beaujolais villages, dix crus : Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Moulin à Vent, Morgon, Régnié, Saint-Amour. On semble avoir omis le « beaujolais blanc » dont on a produit 13 119 hl en 2006 (plus d’un million et demi de bouteilles), le gamay engendre le beaujolais blanc, comme tous les vins blancs de Bourgogne, si ce n’est le bourgogne-aligoté.

UN PEU D’HISTOIRE

Mais on l’oublie trop souvent, le beaujolais n’est pas que « vin nouveau », en fait, cette catégorie de vin ne représente qu’un tiers de toute la production beaujolaise.

Le Beaujolais est peut-être le vignoble ayant la plus riche histoire de France. Même si on fait du vin dans toutes les parties du pays depuis presque la Nuit des temps, peu de vignoble peuvent s’enorgueillir d’être relié à la Couronne depuis des siècles.

Le Beaujolais, au 9e siècle, a d’abord été une baronnie sous le sceptre de Guillaume, comte du Lyonnais, qui le cède à son fils Bérard, détenteur du titre de sire de Beaujeu (déjà on sent venir le Beaujolais puisque ce terme vient justement du seigneur de Beaujeu). Sauf que la maison de Beaujeu disparaît en 1265, sous Guichard V qui lègue la baronnie à Isabeau, sa fille.

Isabeau épouse Renaud, comte de Forez qui reconstitua la maison de Beaujeu de laquelle survint Édouard 1er de Beaujeu. Vers 1 400, Édouard II de Beaujeu cède la baronnie à Louis II de Bourbon, son oncle.

En 1522, Louise de Savoie, mère de François 1er devient propriétaire du Beaujolais, puis en 1531 la baronnie est réunie à la couronne de France, en 1560 François II rend le Beaujolais à Louis III de Monpensier. À son tour, en 1626, Marie de Monpensier porta le Beaujolais en dot à Gaston d’Orléans dont la fille le légua à Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV. Le Beaujolais a été érigé en comté. Le dernier prince à porter le titre de comte du Beaujolais fut Louis Charles d’Orléans, mort à Malte en 1808. (d’après des notes de Wikipedia.org)

HONNI FUT LE GAMAY

Bouté hors de Bourgogne en 1395 par Philippe le Hardi, le très "déloyault" gamay qui faisait alors concurrence au pinot noir sur les terres bourguignonnes, est aujourd'hui un cépage quasi-exclusivement beaujolais : sur 36 000 hectares de gamay plantés dans le monde, 22 500 le sont dans le vignoble beaujolais. Il a donc véritablement trouvé sa terre d'élection sur les sols argilo-calcaires et les terrains granitiques du Beaujolais, après avoir été, cependant, l'un des plants les plus répandus et les plus cultivés du vignoble français, jusqu'à la fin du 19e siècle et l'invasion du phylloxéra. Aujourd’hui, le gamay se classe à la 7ème place des cépages rouges.

Je me plais à répéter qu’on fait aussi de l’excellent gamay dans la Loire. À preuve, le Domaine de la Charmoise, en Touraine, où Henry Marionnet élabore un très plaisant gamay - 329 532 – 16,65$.

Là dessus, je vous souhaite une bonne semaine, beaucoup de belles découvertes et de joyeuses célébrations des vins nouveaux notamment du Beaujolais, à compter du 15 novembre.

Santé!

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
Jg.jutras@sympatico.ca



 
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