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Jean-Gilles JUTRAS
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Aux pays des Rèmes et des Burgondes


Mardi le 08 juin, 2004

Il y a exactement dix ans, j’ai fait un voyage d’une semaine organisé par le directeur des communication de la SAQ, ce temps, Jean Chouzenous, pour certains amateurs de vin, auditeurs d’une station de radio de Québec. Note périple devait nous amener pour moitié en Champagne et pour l’autre laps de temps, en Bourgogne. Au retour, j’avais écrit dans le quotidien LE SOLEIL où j’avais une chronique régulière, à cette époque, un petit reportage que j’avais intitulé : « Aux pays des Rèmes et des Burgondes ».

On l’aura deviné, il s’agit dans les deux cas, des ancêtres de l’Antiquité, des peuples qui ont fondé les uns la ville de Reims (Champagne) et les autres, ce qui est aujourd’hui la Bourgogne. Car, en visitant des vignobles, j’aimais remonter un peu dans le temps et découvrir les antécédents de celles et ceux qui nous offrent des vins dans la plupart des cas exceptionnels. En relisant ce que j’avais écrit, en 1994, je me suis demandé si les données ne pouvaient pas vous intéressés, chers amis de PLANÈTE QUÉBEC. En voici donc des extraits.

D’abord les Rèmes.

« Quand César a envahi la Gaule, en 56 avant Jésus Christ, il rencontra un site fortifié appelé DUROCORTORUM et qui était la capitale d’une tribu gauloise, les Rèmes. Plus tard, bien plus tard, ce village devint Reims, aujourd’hui capitale de la Champagne. On sait que c’est à Reims que saint Rémi baptisa Clovis, roi des Francs, vers 496, de ce fait, Reims devint las ville du sacre des rois de France. On comprend pourquoi Reims est devenue la ville du Roi des Vins, le champagne.

Une autre ville de la région champenoise pourra aussi réclamer un titre de gloire, c’est Épernay. Si la première est au pied de la région viticole de la Montagne de Reims, Épernay est au cœur de la Côte des Blancs.

La Champagne des vignes est divisée en quatre zones de production qui donnent, chacune des vins qui se ressemblent tout en étant fort différents les uns des autres. Il y a donc la Montagne de Reims, la Vallée de la Marne, la Côte des Blancs, et le vignoble de l’Aude. Partout, le vallons du paysage son assis sur un sous-sol particulièrement crayeux.
Les spécialiste prétendent que ce serait là une des principales causes de l’effervescences des vins de Champagne. Pourtant, au sait que jusqu’à la Renaissance, au 17e siècle, les vins qu’on y produisait étaient rouges et tranquilles… aussi surprenant que cela puisse nous paraître, aujourd’hui.

Il y a dix ans, le groupe d’amateurs, en visite en Champagne avait fait trois arrêts dans autant de grandes maisons et il y en a des dizaines, on le sait. D’abord, à Reims, ce fut G,-H. MUMM, puis Veuve CLICQUOT-PONSARDIN, par après, à Épernay, on est allé visiter l’incontournable MOÈT & CHANDON. Chacune des maisons offrait des particularités intéressantes, partout l’accueil a été chaleureux et empressé. On a surtout été en mesure d’apprécier avec quel souci, les maison élaborent leurs produits, du plus simple… encore qu’en Champagne, rien n’est simple, aux cuvées de prestige.

Au cas, où nous ne l’aurions pas su, nos hôtes nous ont rappelé que la mention « blanc des blancs » sur une étiquette indique que le produit est issu du seul cépage blanc, en l’occurrence le chardonnay. Par contre, il est plus rare d’avoir un champagne « blanc de noirs », mas il y en a, dans ce cas, seul le pinot noir et le pinot meunier sont utilisés, donc deux raisins rouges plus ou moins foncés, dont le jus est incolore.

Et les Burgondes

Cette tribu germanique, selon certains, alors que d’autres prétendent qu’elle est d’origine scandinave, Une chose est certaine, les Burgondes ont donné naissance à la Bourgogne que l’on connaît de nos jours et qui s’appelait autrefois Burgondie où ils s’étaient établis, au milieu du 5e siècle.

L’histoire de ce vignoble français exceptionnel est riche de hauts faits d’armes, de successions, de partages parfois douloureux et de rattachements tout autant spectaculaires. Il faut savoir que la Bourgogne aura été longtemps détachée de la France. Les Ducs de Bourgogne étaient fort jaloux de leur indépendance.

Aujourd’hui, la Bourgogne est beaucoup plus pacifique et prospère. Elle s’étale sur quatre départements : l’Yonne (la zone des chablis), la Côte d’Or, divisée en deux sous-régions importantes : la côte de Nuits et la côte de Beaune; la Saône-et-Loire qui comprend la côte chalonnaise et le Mâconnais; enfin, même si de part et d’autre, on comme si… en quatrième place, plus au sud, le Beaujolais.

La Côte d’Or, quant à elle, s’étale sur quelques dizaines de kilomètres, de Dijon à Beaune. La géologie est à l’origine de la grande diversité des crus et des climats. Les amateurs de vin devraient mieux connaître la morphologie géologique de la Bourgogne, ils comprendraient mieux les différences entre toutes les appellations, même si les vins proviennent d’un cépage unique : le pinot noir pour les vins rouges et le chardonnay, pour les vins blancs. (En passant, en Bourgogne, on appelle « climat » un terroir bien marqué souvent désigné par un nom de lieudit).

On aura constaté que tant en Champagne qu’en Bourgogne, ce sont les mêmes cépages qui sont utilisés pour les vins réguliers, incluant des champagnes : le pinot noir et le chardonnay. On sait qu’en Champagne, le pinot meunier est aussi régulièrement utilisé, tandis qu’en Bourgogne, l’aligoté donne un gentil vin léger et souvent fort agréable. Ce qui différencie les vins des deux régions c’est que la grande majorité des champagnes provient d’assemblage de 2 ou 3 cépages alors qu’en Bourgogne on n’utilise qu’une seule variété de raisin tant pour les vins blancs que pour les rouges.

Durant le voyage en Champagne, on donné une leçon sur l’art de l’élaboration de ce mousseux le plus prestigieux qui soit, Je ne vous en ferai pas la description, cela serait trop long et il n’est peut-être pas certain que je trouve les mots et les termes qui permettent de bien comprendre le processus.

Maisons bourguignonnes

En Côte de Nuit et Côte de Beaune, les amateurs voyageurs ont rencontré des responsables de plusieurs maisons réputées : Clos de Tard, de Mommessin, Clos des Épeneaux comte Armand où Pascal Marchand le jeune québécois devenu vigneron bourguignon élabore des vins est fort appréciés de tous, on a eu aussi quelques autres contacts des plus intéressants.

Pour conclure, après dix ans depuis ce très agréable et instructif voyage, j’en garde un très vif souvenir. Bien plus, j’aime « regoûter » les vins découverts au cours de ce périple, ce qui double le plaisir et fait remonter bien des réminiscences.

Merci aux Burgondes et au Rèmes d’avoir permis la fondation de régions comme la Champagne et la Bourgogne.

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec



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