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Des verres révolutionnaires
 

Mardi le 09 octobre, 2007


Jusqu’où ira-t-on?
Il y a quelques années, il y eut la « clef du vin » petit outil, muni d’une pastille de métal noble qui affiche, en quelques secondes, la possibilité de vieillissement d’un vin quel qu’il soit. La « clef du vin » permet de connaître le moment optimal pour apprécier un vin et même pour prendre la décision d’acheter une quantité plus ou moins importante d’un vin.

J’ai été témoin d’une expérience avec la « Clef du vin » et, en quelques secondes (3 ou 5) le vin montrait une nette différence au point tel que des habitués juraient qu’ils ne s’agissait pas du même produit.

ET LES VERRES

Dans les pays d’Europe, notamment en France, chaque région viticole propose son modèle de verre. D’autre part, les grands verriers, depuis 10-15 ans, nous inondent de nouveaux formats, prétextant, souvent avec justesse, que pour bien apprécier un vin, il faut un verre adéquat. Les dégustateurs professionnels ont emboîté le pas, en réclamant et obtenant des verres qui permettent une meilleure évaluation organoleptique.

Il y a quelques temps, le sommelier Jean-François Demers écrivait : « l’époque du gros ballon à rouge et du verre à tige verte pour les vins d’Alsace est révolue… Du gobelet en étain aux extravagants « impitoyables », l’industrie verrière n’a pas cessé de nous impressionner et de nous faire acheter de nouveaux verres.

Rappelons-nous la vogue des verres à dégustation dits INAO, puis vinrent les Riedel, les Spiegelau et plusieurs autres. Nous en sommes presque saturés, à chaque semaine.

DES VERRES QUI RESPIRENT

En effet, une autre maison allemande a lancé, il y a quelques temps, une nouvelle série de verres. C’est Eisch Glaskultur qui présente des verres qui « respirent ». Vous avez bien lu, des verres respirant, fabriqué « d’un mélange spécial de matières premières intégrées dans un cristal sans plomb de qualité. »

Pour avoir expérimenté ledit verre « respirant », en compagnie de deux personnes à la haute expérience de dégustateurs internationaux, je me plais à dire que c'est pour le moins fascinant et intriguant.

Nous avions deux verres de format et capacité identiques l’un était un verre traditionnel et l’autre était un verre respirant. Le vin versé dans les deux verres était un vin tout simple, avec beaucoup de caractère et de personnalité, un Periquita , vinho regional terras do sado 2004, vin portugais de la maison José Maria da Fonseca (025262 – 12,05$).

Tous les trois, nous avons constaté que le verre respirant offrait, au nez, plus de fruit et d’autres sensations, l’alcool était moins marqué et l’équilibre plus attrayant que dans le verre régulier.

Le verre traditionnel présentait des sensations à peu près semblables, mais plus tardivement. Tous trois avons été impressionnés par les « différences » évidentes qu’apporte le verre respirant, par rapport à l’autre.

Nous nous sommes cependant questionnés à savoir si tout au long d’une dégustation ou d’un repas, le vin pouvait subir une évolution aussi importante que celle constatée dans les premières minutes de l’exercice. Nous n’avons pas eu la réponse et cela reste évidemment à vérifier.

D’autres ont expérimenté les verres Breathable Glass de façon encore plus attentive que nous. Les conclusions sont les mêmes : Le verre respirant intensifient les sensations olfactives et gustatives du vin par rapport à ce qu’on découvre dans un verre traditionnel.

Dans ce dernier type de verre, le vin était bien satisfaisant alors que dans le Breathable, tout était plus et plus… sans exagération, mais vraiment surprenant. J’imagine qu’avec un vin d’une classe supérieure, l’effet doit être encore plus présent. J’en referai l’expérience!

J’abonde dans les conclusions de Jean-François Demers, qui a expérimenté le verre respirant : « Mythe, mystère ou réalité? Je dois avouer que le résultat est fascinant ». Jusqu’où iront les compagnies verrières? On n’arrête pas le progrès, bien sûr, il faut cependant admettre qu’aucun hanap, gobelet ni verre de quelque forme ou matériau soit-il n’améliorera jamais un « vin mal foutu ». Ces ustensiles peuvent bonifier la perception d’un produit mais ne feront jamais un excellent vin d’une piquette.

C’est Bishu Mukherjee, de B & M Marketing (Canada) inc, qui représente les verres Eisch Glaskiltur. Pour plus d’informations : www.winecellarexpress.com --- bishu@winecellarexpress.com

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec


 
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