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 Vacances en Pénichettes® Locaboat Holidays
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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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Samedi le 11 décembre, 2004
Une de mes filles est allée passer quelques jours à Toronto et elle en a profité pour se rendre jusque dans la péninsule du Niagara où, évidemment, elle a visité quelques vignobles. Elle a eu la gentillesse de nous apporter un vin de glace. Or ce produit était fait de cabernet franc. J’avais toujours cru que seuls des raisins blancs servaient à élaborer des vins de glace. J’ai dû admettre que des raisins rouges pouvaient, autant que les blancs offrir de beaux produits.
Il s’agit d’une bouteille de 375 ml de cabernet franc icewine, de la maison MAGNOTTA, du nom des propriétaires, Gage et Rossana Magnotta, dont le vignoble est situé à Vaughan à une vingtaine de milles de Toronto, au carrefour des autoroutes 400 et 7. Magnotta est la troisième plus importante exploitation viticole d’Ontario.
Le vin de glace cabernet franc de Magnotta est un V.Q.A. produit en toute petite quantité. On comprend, quand on sait tout ce qu’il faut accomplir pour réaliser des vins de glace. C’est donc un produit unique et tout à fait réussi. Comme il convient nous avons goûté ce délicieux produit avec une tranche de foie gras au torchon. Sublime! (Visitez le site : www.magnotta.com)
Fat Bastard
Malgré le nom, il s’agit d’un vin de Pays D’Oc de France. Un lecteur-internaute de Planète m’avait demandé si je connaissais un vin portant ce nom curieux. Il avait reçu d’un ami, une bouteille de ce vin bien original, en provenance de l’Ontario. Comment savoir ce qu’était ce produit sinon de chercher. J’étais à peu près certain qu’il n ‘y en avait pas au Québec.
Grâce aux outils de recherches qu’offre internet j’ai découvert l’adresse de « info@bravenewwines.com » il s’agit d’une agence de représentation de Toronto. L’agence a eu la gentillesse de me faire parvenir 2 bouteilles de Fat Bastard, un « shiraz » et un « chardonnay ». Il est surprenant que dans le pays d’Oc, on parle de shiraz, on sait que les nouveaux pays producteurs, dont l’Australie et la Nouvelle Zélande, cultivent la syrah, sous le nom de shiraz, mais en France, notamment dans les Côtes du Rhône et dans le Languedoc-Roussillon, c’est syrah (au féminin) qu’on dit!
Visitez donc www.fatbastard.com pour en savoir plus. D’ailleurs, le site est amusant et donne bien l’idée que le vin s’est pour le plaisir, on ne doit pas le prendre et surtout, on ne doit pas SE prendre trop au sérieux. Un hippopotame illustre la publicité et les étiquettes, d’où le nom « fat bastard ». Si jamais ces vins sont disponibles au Québec, je vous en ferai part, ils valent la découverte.
LES VERRES
Qui dit vin, dit verre. C’est évident. Si vous n’avez jamais fait l’expérience, faites l’expérience de boire du lait ou même de l’eau plate dans une tasse, un gobelet émaillé ou autre outil semblable. Je vous certifie qu’il y a des différences de goût assez marquées. Il est bien évident, que le vin, boisson subtile et délicate, peut être également influencé par le contenant dont on se sert pour en boire.
Lorsqu’on achète des verres, il faut décider ce qu’on recherche. Si on veut faire de l’épate on choisira des verres très chics et très chers en cristal taillé, souvent ornés de dorures, etc. Par contre, les amateurs de vins qui connaissent bien comment déguster, choisiront des verres unis, à la coupe très fine, incolores et surtout au buvant net, sans bourrelet.
Évidemment, il faut mettre un certain prix pour avoir une bonne qualité de verre, c’est pareil en toute chose, n’est-ce pas? On trouve facilement, dans les boutiques spécialisées, des verres de bonne qualité pour 10 ou 15$ pièce. On sait que les amateurs sont souvent portés à acheter des verres de marques internationales réputées : Riedel, Spiwgelau, Waterford, etc. Depuis quelques années, se sont multipliées les marques de verres de haut niveau. Le choix est intéressant.
Une petite anecdote, en terminant sur ce chapitre. Tout récemment une collègue membre de l’Amicale des Sommeliers et du Conseil des Échansons de France, était assise à côté de moi lors d’une dégustation. J’avais mes verres Riedel Ouverture et elle dégustait avec les verres dits de l’I.N.A.O. Je lui ai fait découvrir la différence seulement au nez entre le contenu de son verre et le mien, c’était le même vin mais oh! combien plus présent et enjôleur dans mon verre. J’ai la conviction qu’elle se fera donner des verres Riedel pour Noël.
L’ÉLITISME DU VIN
Si ce n’était que de certains chroniqueurs en vin, peu de gens achèteraient du précieux jus de la treille de peur d’être étiquetés de « novices satisfaits » ou pis… de se tromper dans le choix au moment des achats. Les descriptions et analyses de certains journalistes sont souvent des barrières pour le commun des mortels.
Je lisais il y a quelques semaines, le billet d’un très important chroniqueur qui écrivait que le monde du vin était divisé en deux. D’une part les vins stéréotypés et technologiques, sans vices ni vertus commercialisés par milliers de caisses. D’autre part, les produits du terroir, reflétant le cru ou le domaine qui l’a engendré.
« L’un, écrivait le critique, s’adresse à des novices satisfaits, l’autre fera le bonheur des amateurs éveillés, en mesure d’apprécier les subtilités des vins fins. ». Voilà des propos qui gêneront bien des personnes qui disent aimer le vin, mais qui avouent n’y rien connaître.
Une fois pour toutes, PRÉCISONS que personne ne connais le vin sans l’avoir goûté, dégusté, étudié, discuté et regoûté, redégusté, étudié deux ou trois fois et rediscuté. Ce qui n’empêche pas qu’on puisse l’apprécier et aimer en acheter et en boire.
Mais sachez aussi ce que disait Jean-Paul GARDÈRE qui fut régisseur
d’un prestigieux château du Bordelais : « Point n’est besoin de lire ou d’écrire bien des pages pour apprécier un vin. Si on vous en demande un second verre, c’est que le vin a plu! »
On estime que pas plus de 10% des clients acheteurs de vin au Québec connaissent les cépages, la viticulture, les ‘lieux d’origine’, la vinification. Pourtant, le gouvernement encaisse des millions par les ventes de la SAQ, tous les ans. On ne demande pas à la personne qui achète si elle a son bac d’amateur de vin…
Certains se sont scandalisés, récemment, parce que Gaston L’Heureux, membre du Collège des Ambassadeurs du vin au Québec, proposait de s’approvisionner dans les épiceries, pendant la période de grève! Et alors, va-t-on se priver de boire du vin, si industriel et technologique soit-il, pour satisfaire quelques « plumitifs » du vin?
Pour la bonne information de toutes et de tous, des dizaines, pour ne pas dire des centaines de personnes suivent des cours sur le vin, présentés, soit par l’Amicale des Sommeliers, soit par la SAQ, les Amitiés bachiques ou d’autres instances. Ces gens iront bientôt retrouver « les amateurs éveillés en mesure d’apprécier les subtilités des vins fins », comme l’écrivait le chroniqueur précité. Mais il en restera des milliers d’autres qui continueront à acheter du vin et en tirer du plaisir, c’est ce qui est important! J’admets, bien sûr, que les vins offerts dans les succursales de la SAQ sont en général de qualité supérieure, mais quand on ne peut se les procurer…
Bonne fin de semaine.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec.
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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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