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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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Samedi le 12 mai, 2001
Lors du récent concours du meilleur jeune sommelier des vins des côtes du Rhône, j’ai été frappé par un feuillet glissé dans la pochette de presse. Je reproduis textuellement ce qui y était imprimé.
Un œnologue est l’ingénieur du vin dans lequel il met de l’harmonie. Suivait un mot du président régional des œnologues de France, Stéphane HÉMARD : «L’œnologue, écrit-il, est le chef d’orchestre de cette belle partition, le vigneron en est le compositeur, le sommelier le metteur en scène, le terroir et les vins en sont les musiciens».
J’ajoute que les amateurs en sont les auditeurs et consommateurs attentifs et de plus en plus compétents. Il est formidable de constater qu’un bon nombre de jeunes s’intéressent au vin et qu’ils ont souvent un jugement sûr en ce qui a trait aux qualités du jus de la treille. Cela me réjouit grandement.
LES DÉBITS DE «BOISSONS»
On appelle boisson, tout ce qui se boit. Au Québec, on a tendance à accoler le mot boisson aux liquides alcoolisés, alors qu’en Europe, on associe le mot boisson tout autant à l’eau qu’au café, de même évidemment, qu’au vin.
Les lieux où on peut consommer du vin et autres alcools ont été appelés différemment au cours des siècles. C’est principalement au 19e siècle qu'on a adopté un grand nombre de mots pour désigner les lieux où on vend ou consomme des boissons.
Ainsi, peut-on trouver et lire «zinc», «estaminet», caboulot» ou «mastroquet» sous la plume d’auteurs de l’avant-dernier siècle.
Le mot taverne, lié au Québec au débit de bière, existait en France dès le 12e siècle. Selon Jean-Luc Hennig : «Le tavernier distribuait à ses clients, par petites quantités, des vins de plusieurs sortes, tirés des futailles qu’il entreposait chez lui et qu’il mettait en perce.» (Mettre un tonneau en perce, c’est y faire un trou pour en tirer le contenu). Par contre, au 13e siècle, le trou dans un tonneau s’appelait «douzil» ou «Doisil». Par extension, on a appelé douzil, la petite cheville qui servait à boucher le trou fait pour prendre du vin. Je me souviens qu’il y a quelques années, à Montréal, un groupe d’amateurs de bons vins avait adopté TIRE-DOUZIL, comme nom.
Faire sauter…
Dans son grand dictionnaire du 19e siècle, Larousse déclare qu’aimer faire «sauter le bouchon», c’est aimer boire. Mais Jean-Luc Hennig, cité plus haut, estime que faire sauter le bouchon, tout comme rompre une écluse ou casser un œuf, c’est ni plus ni moins qu’un «éjaculat».
Les crus du Rhône
Les Côtes-du-Rhône forment la 3e plus importante région viticole de France, après le Bordelais et la Bourgogne. Ce vignoble se partage en deux sous-régions bien distinctes. Les Côtes-du-Rhône septentrionales et celles dites méridionales.
Au nord de la zones, de Vienne à valence, on trouve les crus de Côte-Rôtie, Condrieu, Château-Grillet, Saint-Joseph, Hermitage, Crozes-Hermitage, Cornas et Saint-Péray. Plus au sud, ce sont les côtes méridionales avec Gigondas, Vacqueyras, Châteauneuf-du-Pape, Lirac et Tavel,
Si vous lisez ces noms de communes sur une étiquette de vin, sachez qu’il s’agit de beaux et grands vins des Côtes-du-Rhône.
Bonne semaine, à bientôt.
Jean-Gilles Jutras,
Ambassadeur du vin au Québec.
jgjutras@videotron.ca
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