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Jean-Gilles JUTRAS
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Les femmes, dans le monde du vin


Samedi le 12 juin, 2004

Compétence et Humilité
J’ai beaucoup d’admiration pour Nicole Barrette Ryan. Il y a peu de femmes au Québec, et même dans le monde qui connaissent le vin comme elle. Pourtant, elle fait montre d’une grande discrétion et même d’humilité quant elle s’adresse à un auditoire plus intrigué que connaisseur en vin.

Je ne sais depuis combien de temps Nicole « pratique » le vin… je la connais depuis une bonne quinzaine d’années et elles était déjà bien implantée dans le milieu. Elle a sans doute fait le tour du monde viti/vinicole, rencontré des centaines de producteurs et de négociants un peu partout sur la planète, elle participe régulièrement à de nombreuses dégustations et elle sait en animer un grand nombre. Je lui reconnais une grande spécialité celle d’être parmi les plus compétents en matière de vins italiens. Les responsables du commerce italien la demandent régulièrement.

Et de surcroît, Nicole Barrette Ryan est la seule femme Ambassadeur du vin au Québec et ce, depuis l’an 2 000. Madam Ryan a dirigé la revue LA BARRIQUE pendant quelques années, puis elle a fondé et est rédactrice en chef du très intéressant magazine Vins & Vignobles. Dans le plus récent numéro de cette revue, Nicole Ryan écrit en éditorial : « Il m’arrive de penser aux nombreuses dégustations qui ponctuent ma vie professionnelle de chroniqueur et dégustateur de vin ete de me dire que je devrais maintenant connaître parfaitement tous les vins et n’avoir plus rien à apprendre.
Grossière erreur! Il suffit que je rencontre un producteur inspiré, que je visite un vignoble implanté dans un endroit inattendu, ou que je découvre un nouveau cépage, pour comprendre que le monde du vin est en constante évolution et qu’on n’a jamais fini d’apprendre. »

Voilà, n’est-ce pas qui devrait d’une part rabaisser le caquet de certains supposés connaisseurs ou encourager les débutants à ne pas désespérer devant l’ampleur des sujets et facettes qui se rapportent au VIN.

Un terroir qui jouxte une langue…

Il ne s’agit pas de la Bourgogne, ni de la Champagne, du Chianti ou de la Vallée de Sonoma mais plutôt de la plus vaste région viticole de France, le Languedoc qui tire son nom du parler de la région, la langue d’Oc. Ce terroir, on devrait dire ces terroirs réunis courent de Nîmes à Fitou.

Le Languedoc s’est donné un signe distinctif dont la description héraldique, due à l’historien Jacques Michaud se lit ainsi : « sur fond de gueule, à la croix vidée, cléchée et pommetée d’or ». On dit que cette croix viendrait même des Wisigoths. Pourtant, on affirme que la croix serait provençale et que dès 1080, à Marseille, elle est arborée par les Comtes de Venasque.

Aujourd’hui, la croix languedocienne, grâce aux représentations du Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc, apparaît même, écussonnée, sur les meilleures bouteilles du terroir.

Les Femmes du Vin

Il y a de plus en plus de femmes qui dirigent des domaines, voire même des châteaux producteurs de vins. Parmi les plus réputées, il y a Nadine de Rothschild, héritière du baron Edmond qui lui laissa, entre autres le château Malmaison; et l’autre châtelaine du même nom, Philippine qui dirige la Société de son feu père Philippe propriétaire de trois superbes châteaux en Médoc : Mouton Rothschild, Clerc Milon et Armailhac, sans compter le célèbre « Mouton Cadet » en trois couleurs.

Toujours dans le Médoc, Madame May Éliane de Lencquesaing, fille d’Édouard Miailhe, gère, depuis 1978, le célèbre château Pichnon Longueville comtesse de Lalande.

À Chàteauneuf du Pape, Madame Régine Coulon a longtemps secondé son mari, Paul, dans la gestion du château de Beaurenard, également propriétaire d’un vignoble à Rasteau. – En Provence, Régine Sumeire a hérité du château Tour-de-l’Équêque que son père a longtemps exploité. En prenant possession du domaine familial, Régine a acquis le château de Barbérolle dont elle tire de merveilleuses bouteilles.

J’ai déjà parlé du château de Ripaille, en Haute-Savoie.
Depuis 1976, c’est une québécoise, épouse de Harold Nicker qui est responsable de la vinification. On pourrait citer encore des dizaines de châteaux, domaines et autres exploitations vitivinicoles dirigées par des femmes. Chantal Lecouty, autrefois journaliste pour la Revue du Vin de France et maintenant installée au prieuré Saint-Jean-de-Bébian, Sabine Le Marie, du domaine De Serres à Carcassonne, Sophie Gély Cavalié dit qu’elle est vigneron-femme et non vigneronne, Françoise Rigal du château du Grand-Caumont. Christine Maire, à Arbois, dans le Jura, et bien d’autres.

À vous de découvrir s’il y a d’autres vins que des femmes ont produits…


Bonne semaine
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec


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