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| C'est Noël et le temps des fêtes... |
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Samedi le 13 décembre, 2008 |
La période des fêtes de fin d’année et du début de la suivante est toujours accompagnée de contes, d’histoires, de légendes et autres narrations savoureuses. Rappelez-vous, celles et ceux de cinquante ans et plus : les narrations de Jean Narrache, ou encore le conte français « La Charlotte prie Notre-Dame », les histoires du dramaturge A. Daudet, comme « Les Trois basses messes » et bien d’autres.
J’ai trouvé quelques notes qui ont plus ou moins rapport avec Noël et toute la période des fêtes. Ainsi l’historien et chroniqueur gastronomique réputé du XXe siècle, Jean-Jacques Courtine, rapporte dans un numéro hors-série du magazine Historia, comment le dindon, notre plat traditionnel, servi pour le « réveillon », au retour de la messe de minuit, comment donc, le dindon est arrivé en France. (le magazine ne porte pas de date évidente, mais une note au bas de la première page se lit ainsi : « Librairie Jules Taillandier - 1975). Je dois avoir ce document depuis lors…
« Curieusement, écrit Courtine, c’est au mariage de la fille de Maximilien II, Élisabeth, avec le roi Charles IX, que l’on mangea, pour la première fois en France, le dindon. Ils avaient, ces coqs d’Inde (*), été rapportés d’Amérique par les jésuites. On en servit à la table nuptiale, à Mézières, et la jeune reine de France trouva si succulente la chair de ces animaux que les sires de Biron et de Mesme déclarèrent qu’il les fallait élever en France. Le premier essai eut lieu quelques temps après, du côté de Bourges, dans une propriété des jésuites.
Ce qui fait, dit Brillat-Savarin, que, dans beaucoup d’endroits et dans le langage familier, on disait autrefois et l’on dit encore un jésuite pour désigner un dindon. (Je ne sais si les fils de Ignace de Loyola accepteraient qu’on les comparent au dindon, aujourd’hui…).
Ne quittons pas les dindons sans citer ce mot de Mgr Daviau de Sanzai, archevêque de Bordeaux. Il avait gagné contre l’un de ses vicaires, à la suite d’un pari, une dinde aux truffes. L’autre n’était pas pressé de payer et, le carême approchant de sa fin, Monseigneur rappela au perdant sa gageure :
- Monseigneur, dit le vicaire, les truffes ne valent rien cette année.
- Bah! Réplique le gourmand Daviau de Sanzai, c’est un bruit que les dindons font courir… »
(*) je me rappelle bien qu’étant jeune, le Anciens disaient, parfois, « codinde »… pour parler de la dinde ou du dindon de Noël, c’était la déformation du « coq d’Inde » évoqué par Courtine. On disait aussi qu’on mangerait « du » dinde, au réveillon!
Champagne contre Bourgogne
Il fut un temps, semble-t-il, qu’à la cour de France, notamment, sous Louis XIV le vin était peu prisé, d’autant plus que le roi n’a bu que de l’eau de source, aux repas, jusqu’à l’âge de quarante ans. Selon Jacques St-Germain, toujours dans Historia, (hors série sur les arts de la table en France), « Le roi Louis XIV buvait peu et concevait pour l’ivrognerie, si fréquente à la cour, même chez les femmes, une aversion insurmontable. »
« Pourtant continue l’auteur, ce que buvait le roi et ce qu’il servait à sa table avait une importance économique et commerciale très grande. » On le conçoit. Or ce que buvait le roi, à l’époque, quand ce n’était pas de l’eau, « … un vin largement mouillé, peut-être de l’auvernat du vignoble orléanais. » Mais, plus tard, « sur les conseils, cette fois, de Daquin, Louis XIV abandonna les petits vins coupés pour du vin pur de la Champagne, surtout du rouge, tel qu’on en presse encore, … à Louvois, Sillery, Bouzy et Cumières… Les Champenois exultaient, les prix de leurs vins n’ayant pas tardé à doubler. »
Mais l’engouement pour les vins rouges de Champagne n’a pas duré, à la cour. Un autre médecin du roi, Fagon, imposa au roi et à la cour des vins « de Beaune », appellation générique bourguignonne. » L’histoire rapporte que le roi craignait les effets de ces grands vins qu’il digérait mal prétendait-il. Aussi son médecin Fagon lui ordonna « d’en boire des flacons hors d’âge… si vieux qu’ils en étaient usés et, décision inqualifiable pour un gourmet, de les baptiser d’eau largement! » - Pauvre Louis XIV!
On pourrait certes continuer longtemps en remontant les années et les siècles. Mais, n’est-on pas maintenant au 21e, à l’aube du troisième millénaire. S’il est bon de revoir les modes passées, il ne faut pas oublier comment on vit en 200(8) et bientôt 200(9)… On parle, de nos jours, des grands problèmes financiers… il y en a de plus petits, autour de nous, bien des gens, des enfants, en particulier n’auront « des fêtes » que les échos. Souvent ils n’ont même pas de quoi se nourrir, se vêtir et se chauffer. Est-on suffisamment généreux? C’est le temps ou jamais de se poser la question. J’ai la certitude qu’en donnant un peu de notre surplus, notre Noël n’en sera que plus joyeux!
Je vous le souhaite de tout cœur!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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