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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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Samedi le 01 mars, 2003
Tous les ans, depuis 1950, deux fois par année, dans son château du Clos de Vougeot, la Confrérie des Chevaliers du Tastevin organise une grande dégustation des vins de Bourgogne. Les meilleurs de ces produits reçoivent une attestation de haute qualité que l’on nomme le «tastevinage» c’est, en quelque sorte, un sceau de reconnaissance, une marque de sincérité.
Les sélections sont très rigoureuses et n’obtient pas la reconnaissance qui veut. Seulement le tiers (1/3) des vins soumis obtient l’agrément et le sceau du tastevinage demandé. Les vins reçus arborent sur la bouteille, une estampille qui accompagne soit l’étiquette ou la contre-étiquette. Le 23 mars 2002 eut lieu une séance de tastevinage où 195 producteurs ont présenté 756 échantillons. Seulement 31,88% ont obtenu grâce devant le jury international. «C’est le score le plus bas depuis la création de l’événement» a déclaré un des principaux officiers de la Confrérie, monsieur Chevignard.
Le TASTEVIN
On se demande, aujourd’hui, qu’est-ce qu’un tastevin (*). Si autrefois, le vigneron ne sortait jamais sans son outil de prédilection, la «tasse pour goûter», de plus en plus souvent, aujourd’hui, on a des verres, même à la cave ou dans le chais. (*) En passant, j’ai un jour demandé à un illustre professeur français s’il fallait dire «tass-tevin» ou «tâtevin»? Il m’a répondu, comme je m’en doutais qu’on ne devait pas prononcer le «S».
Jadis, en français, il n’y avait pas d’accents ( ` ` ^ etc) l’accent circonflexe, justement, était remplacé par le «s» — Certains pensent que le mot tastevin viendrait de l’anglais «To taste» alors que ce sont les Anglais, qui ont emprunté le mot au vieux français, pour dire essayer, tester, évaluer, goûter.
Pour en revenir à l’outil, le tastevin, je vous donne quelques lignes d’un petit ouvrage écrit et publié par Marcel LUTZ, orfèvre et auteur de la brochure «un tastevin… pourquoi faire?» paru en 1977, dans la région du Mâconnais, en France. M. Lutz écrit que «plus de cinquante ans de métier d’orfèvre dont trente consacrés au travail et à l’étude du seul tastevin, me permettent d’avoir une opinion valable…»
L’auteur explique que le travail de l’orfèvre, aux siècles derniers, a été de créer des ustensiles d’usage courant comme la fourchette et la cuillère, le couteau servait déjà depuis les temps immémoriaux. Mais les autres «outils» furent créés pour répondre à certaines modes et traditions de la table.
Ces habitudes se sont bien transformées au fil des siècles. Cependant que
Marcel Lutz écrit que seul le «tastevin» a échappé aux changements, parce que, d’une part, il n’était que d’usage régional et qu’à l’époque de Louis XVI «un orfèvre a fait la synthèse de toutes les formes et décors (de tastevins) en usage dans les provinces vineuses». C’est devenu la «tasse parisienne».
Puis M. Lutz s’aventure dans de longues descriptions et analyses des fonctions visuelles et physico-chimiques du tastevin. Je ne dis pas que ce soit inutile… Mais l’amateur n’a que faire de toutes ces définitions scientifiques, d’autant plus qu’on utilise de plus en plus le verre plutôt que le tastevin, même chez les vignerons et producteurs. D’ailleurs, le verre dit de l’I.N.A.O. est présent dans la grande majorité des caves et des chais.
Quant au tastevin, il est devenu, la parure recherchée d’un grand nombre d’officiers et de membres des confréries bachiques, qui l’arborent fièrement, suspendu à un collier ou des rubans de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
UN LIVRE SUR LE VIN
Parmi les centaines, les milliers de livres publiés à l’enseigne du vin, je viens de découvrir un «petit» bouquin d’environ 200 pages, de l’excellent chroniqueur et non moins excellent ami : Marc CHAPLEAU. «À nous deux, le vin!» se veut une approche facile et décontractée du vin. Le document s’adresse aux néophytes, mais je suis persuadé que mêmes les plus avertis y trouveront leur compte.
Pour bien déguster, écrit Marc Chapleau, il faut un minimum de conditions résumées ainsi : «capacité normale de sentir et de goûter + intérêt pour la chose + mémoire aiguisée et fiable + persévérance + esprit de curiosité + pratique assidue + envie de partager = un amateur sinon à part entière, du moins en devenir». Que cela est bien dit. Relisez attentivement ce qui précède et mettez-vous à l’œuvre. (Vous voudrez acheter «À nous deux, le Vin!» (20$)
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca
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