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Jean-Gilles JUTRAS
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Avec octobre


Samedi le 14 octobre, 2000

Avec octobre, les travaux à la vigne devraient, en principe, être terminés, sauf de rares exceptions.
Ainsi, les proverbes bachiques, pour ce dixième mois de l’année, sont-ils bien clairs à ce propos.

- Entre Saint-Michel (29 sept.) et Saint-François (4 oct.)
- Prends ta vendange telle qu’elle est;
- À la Saint-Denis prends-la si elle y est encore (9 oct.)

Quand octobre prend fin,
Dans la cuve est le raisin.

- À la Saint-Urbain,
- Ce qui est aux vignes ne vaut rien.

Je vous souhaite un très beau mois d’octobre, avec tout plein de belles découvertes vineuses. Je tenterai
de vous donner des pistes, au fur et à mesure de mes propres découvertes.

Charles Monselet a écrit :
«Il est une heure où se rencontrent
Tous les grands vins dans un festin,
Heure fraternelle où se montrent
Le Lafite et le Chambertin.

Plus de querelles, à cette heure,
Entre ces vaillants compagnons;
Plus de discorde intérieure
Entre Gascons et Bourguignons.» (dans Les Vignes du Seigneur, 1854)

Des chiffres???
Un bulletin de l’association des restaurateurs du Québec, indique que les Québécois ont consommé 4,2 % de plus d’alcool en 1999 qu’en 1998. Selon la même source : «en 1999, les Québécois de 15 ans et plus ont consommé en moyenne 94,4 litres de bière, 114,2 litres de vin et 2,6 litres de spiritueux, pour un total de 111,1 litres. En 1976, un Québécois moyen buvait 142,1 litres».

En 1999, la consommation de vin a atteint 14,2 litres.» Au Québec, comme partout au Canada, le vin rouge gagne en popularité. Et pour le Québec seulement, les ventes de vin rouge représentent 64,7 % par rapport au vin blanc qui n’atteint que difficilement les 33,3 %.

Êtes-vous liège?

C’est la question que pose La Revue du Vin de France dans son numéro de septembre 2000. Or, comme on le déclare dans un entrefilet, 92 % des bouteilles achetées et consommées en France sont munies d’un bouchon de liège, et selon une enquête, 87 % des Français préfèrent le liège à tout autre moyen de fermer un bouteille. Par contre, 10 % des Français n’ont pas de préférence entre le liège, le plastique ou autre matière. «Plus on est connaisseur, conclut l’article, plus on aime le liège… Et plus on est jeune, moins on y est attaché».



Arôme et bouquet

Quand on fait une analyse du vin, on procède en trois étapes : d’abord un examen visuel, puis on passe à l’olfaction, qui permet de humer les bonnes odeurs du vin et enfin, c’est le goût qui révèle les saveurs. Or, en ce qui concerne l’étape au cours de laquelle on soumet le vin au nez, on ne sait pas toujours exprimer les sensations perçues. Comme le recommande le professeur Émile Peynaud, de l’Université de Bordeaux, il faut distinguer l’arôme qui est l’ensemble des principes odorants d’un jeune vin, alors que le bouquet est l’ensemble des odeurs acquises par le vieillissement.

Pour ma part, j’aime bien à dire qu’une ou deux fleurs ne sauraient faire un «bouquet», il faut donc plusieurs fleurs pour composer une gerbe et un jeune vin fournit rarement plusieurs parfums, alors qu’en vieillissant, il réunit de nombreuses odeurs.

Jean-Gilles JUTRAS,
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca


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