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Jean-Gilles JUTRAS
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Que de belles et bonnes choses...!


Samedi le 15 octobre, 2005

J’ai mis la main sur un bouquin original : « 1900-2000 – un siècle de millésimes ». Or, tout le monde sait que les amateurs de vin sont très sensibles, en général, aux caractéristiques des millésimes qui influencent tellement la qualité des vins.

Il faut peut-être préciser que le mot ‘millésime’ dans le cas de la viticulture se rapporte à divers éléments dont le climat comme tel, la pluviométrie, la température qu’il aura fait durant le cycle végétatif, etc.

Au fait, au Québec, quand on parle de température, on a à l’esprit la pluie, le vent, la neige, etc, alors que bien souvent on néglige le degré plus ou moins élevé de la chaleur au thermomètre ce qui est la vraie ‘température’. Or, en général, il faudrait dire le temps qu’il fait, au lieu de température… Justement, le temps qu’il fait durant la période de croissance de la vigne, a beaucoup d’influence sur la qualité des raisins et, partant, des vins qu’ils produiront.

Si on regarde ce qu’auront été les 15 dernières années, c’est-à-dire de 1990 à 2005, on constate une séquence très diversifiée quant au contexte climatique. En voici quelques exemples.

1995 – Les vins rouges du Bordelais présentent une très bonne qualité avec des vins d’une densité remarquable. Les blancs, sont riches mais parfois, la structure est faible donc de garde précaire.
En Bourgogne, les vins rouges sont d’excellente qualité, souples et équilibrés, ils sont de garde plus ou moins prolongée. Pour les blancs aussi, la qualité est assurée, on estime que les meilleurs pourraient atteindre 2010.
Ailleurs, c’est à peu de chose près le même scénario. Dans le Rhône, grande qualité et très bonne garde, Dans le sud-ouest il a fait très chaud, aussi a-t-on des vins déficients. Quant à la Loire, les blancs y sont séduisants.

1996 – Ce fut la suite de l’année précédente. On a écrit : « on trouve de belles réussites et des vins de garde qui nous enchanteront dans quelques décennies ». De sorte que si vous trouvez des vins du millésime 1996, n’hésitez pas.

Les rouges de Bourgogne sont intenses et mûrs, de bonne garde jusqu’en 2020. -- C’est pareil dans le Bordelais où on prévoit que les meilleurs vins de Gironde se conserveront jusqu’en 2020. D’autre part, les vins de la zone méridionale des Côtes du Rhône sont plus légers, quoique plaisants. On recommande de les boire au plus tôt.

1997- Même si le millésime est ‘charmant’ c’est surtout dans les vignobles moins prestigieux que l’intérêt s’est inscrit. – ‘L’année la plus sucrée de tous les temps’, écrit-on pour l’Alsace… Quant au sud-ouest, on note de belles réussites pour les madirans, des cahors tendres(?) mais on ne doit pas tarder à les consommer, si on en a encore.

1998 – L’année a été bonne mais inégale, pour les bordeaux rouges. Quant aux blancs, ils sont souples et agréables mais de courte garde. En Bourgogne, on a dû sévèrement sélectionner les raisins rouges. Les blancs, par contre sont de qualité inégale. Dans le Rhône on a été plus chanceux alors qu’on aura eu quelques belles réussites. Plus au sud, la qualité aura été bonne, en général, mais peu homogène.

1999 – Sur cette année, les auteurs du livre ont écrit : « On referme la bouche de cette décennie qui s’achève aussi bien qu’elle avait commencé ». Très intéressant, n’est-ce pas?
Je poursuivrai sous peu, ce survol de la production des vins français… -- Le livre dont il est question : 1900-2000, un siècle de millésimes. Trois auteurs réputés, préface de Jacques Puisais, aux éditions Fleurus – 2001.

L’étiquette des vins de Bourgogne

Il n’est pas toujours facile de décrypter une étiquette de vin… Et en Bourgogne, il semble y avoir plus de difficultés encore. Pourtant, il est bien important de savoir lire une étiquette de Bourgogne ou d’ailleurs. Restons-en à la Bourgogne, pour l’heure. Il faut savoir que sur toutes les étiquettes, on trouve des mentions obligatoires et d’autres qui sont facultatives ou parfois fantaisistes.

Mentions obligatoires : le nom de l’appellation, on dit l’A.O.C. pommard ou meursault – immédiatement sous ces mots, on doit lire, dans un caractère plus petit, l’indication ‘appellation contrôlée’ ou ‘appellation d’origine contrôlée’. Lorsqu’il s’agit d’un ‘premier cru’ le nom du climat (en Bourgogne, le mot climat indique un lieudit ou un domaine) ce nom, donc, peut suivre le nom de l’appellation. Ainsi pourrait-on lire « monthélie, premier cru La Taupine; mais un producteur ou un négociant pourrait n’indiquer que ‘premier cru’ sans plus.
‘produit de France’ obligatoire pour les bouteilles destinées à l’étranger.
Le volume, écrit en litre 0,75l, centilitre (75cl) ou en millitre (750ml)
Le numéro du lot qui assure la traçabilité
Le nom et l’adresse de l’embouteilleur (mise en bouteille…)
Le titre alcoométrique acquis (exprimé en pourcentage de volume : 12% -- 11,5%)

Par contre, on n’est pas obligé d’indiqué le millésime, sinon pour les vins primeurs et les vins qui ont obtenu une médaille dans un concours.

Les mots vieilles vignes ou très vieilles vignes sont tolérés mais ces indications ne sont pas prévus dans les règlements de sorte qu’on ne sait pas exactement quel est l’âge des vignes en question.

On est à préparer une législation quant à l’inscription du ou des cépages sur une bouteille de vin. Ces règles éventuelles se rapporteront à chacune des régions viticoles. Quant à la Bourgogne, on tolère de plus en plus, présentement, que le nom du cépages soit inscrit exclusivement, cependant, pour les appellations régionales. Il est cependant obligatoire que si le nom du cépage apparaît, il consiste à 100% du vin de la bouteille.

Il y a parfois d’autres indications qui sont ou tolérées ou facultatives. Il s’agit de ne pas se laisser obnubiler.

Je vous incite à aller régulièrement consulter le site de la SAQ. On y trouve un grand nombre d’informations fort utiles et pertinentes,

GRILLE-MIDI

Tout dernièrement, monsieur Bertrand Brac de la Perrière était de passage à Québec, au salon Art de Vivre de la succursale Place Saint-Foy, de la SAQ. Bertrand de la Perrière est le responsable d’un excellent beaujolais, le Grille-Midi. Qu’on se rassure, il ne s’agit pas d’un vin nouveau, même si c’est un jeune vin. Présentement, on trouve le millésime 2003,

Héritier du vignoble paternel, Bertrand Brac de la Perrière a fait du Grille-Midi un vin fin, délicat et tout en fruit comme tous les beaujolais devraient être.

On peut se questionner sur le fait que le beaujolais de monsieur de la Perrière, importé en immense citerne, soit embouteillé au Québec par la Maison des Futailles.

Mais à entendre le vigneron, on sent bien que pour lui, ce n’est pas une démission que de ne pas embouteiller son vin, mais un souci de présenter un vin qui ne coûte pas trop cher. (431320 – 15,45$). Il n’en contrôle pas moins toutes les étapes d’embouteillage et de mise en marché. Les citernes en questions partent sous scellé et sont désinfectées, en France, puis emplies et scellées de nouveau.

Quelques bouteilles emplies au domaine, sont expédiées à part, pour qu’à l’arrivée des citernes, on vérifie l’authenticité du vin. Ce qui est fait dans les laboratoires de la SAQ. Ce n’est qu’après tous ces contrôles que le beaujolais Grille-Midi est mis en bouteille et commercialisé. M. de la Perrière explique que Grille-Midi est le produit d’un seul terroir, lequel jouxte le brouilly Château des Tours, dont on connaît la qualité.

Grille Midi est fruité à souhait, léger et savoureux tout plein. Accompagne avec délice un poulet rôti tout comme un poisson bien cuisiné. Ne résistez pas… il n’est pas besoin d’attendre les vins nouveaux du 17 novembre pour goûter le fruit du gamay, Une ou deux rasades de Grille-Midi vous raviront!

François Chartier

C’est au restaurant L’UTOPIE du 226½ de la rue Saint-Jodeph, que François Chartier est venu présenter la 10e édition de « La Sélection Chartier » 2006. Selon la publicité, plus de 500 000 personnes auraient consulté au fil des ans, les diverses éditions du Guide des vins.

Si la première édition analysait quelques centaines de vins, aujourd’hui, c’est plus de 1 000 produits qui sont listés dans ce bouquin de plus de 400 pages.

J’aime beaucoup la nouvelle présentation et le nouveau format fait pour être tenu en main. Plus étroit et plus long, la Sélection 2006 offre aux amateurs, des conseils de toute nature, des analyses sérieuses et sans compromis, les coups de cœur de l’auteur, des alliances mets et mets, dont François Chartier s’est fait une spécialité.

La compétence de François Chartier ne saurait être mise en doute quand on sait qu’il a obtenu la médaille de bronze (3e place) au concours international de sommellerie à Tokio, au Japon, en 1995.

Cette année, lors des Sélections Mondiales grand concours international organisé jusqu’à maintenant par la SAQ, j’avais eu l’occasion de dîner en compagnie de François Chartier et de sa compagne, Carole Salicco, il nous avait expliqué comment il s’était préparé à cet important concours de sommellerie.

Je vous le dis, ce n’est pas une sinécure, aussi ai-je beaucoup de considération pour des jeunes comme lui qui se consacrent à faire apprécier le vin. La succession est entre bonnes mains et je m’en réjouis.

Je ne peux m’empêcher de vous révéler que le repas de présentation au restaurant l’UTOPIE était une véritable merveille, intitulé ‘Menu Architecture ». Une découverte n’attendait pas l’autre et François Chartier, maître ès art d’alliance mets et vins avait choisi deux vins complètement opposé l’un à l’autre pour accompagner les deux premiers services : « saumon fumé, accompagné de salade croustillante » (impossible à décrire mais ö combien excellent! – Ensuite, ce fut la longe courte d’agneau accompagnée d’une pièce de foie gras confit et de légumes racines en minuscules rondelles. Une splendeur!

Devrais-je vous donner les vins d’accompagnement? Je n’ose vous faire languir.

Sur le saumon, on a eu droit
à un vin du Portugal : Encruzado, Quinta dos Roques, Dao, 2003 (903260 - 22,45$)
Puis un vin du Sud-Ouest français : Château Montus, sec, 2000 – (882142 – 27,70$)

Avec l’agneau deux autes vins ont été servis :
Shiraz-Grenache, Arry’s 2002 (10346371 –24,85$)
Jaen, Quinta das Maiasm 2000 (894139 – 29,05$)

Vous trouverez tous les commentaires et analyses, si vous vous procurez « La Sélection Chartier 2006 », éditions La Presse, dans les librairies, 26,95$

Bonne fin de semaine

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec








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