Même si le temps est maussade, demain, c’est Pâques! Pâques, c’est le printemps, ce sont les tulipes et les crocus, les quatre-saisons, le sirop d’érable et bien d’autres belles choses.
Si le temps n’est pas clément, que la joie et la paix soient dans vos cœurs… N’oubliez pas qu’un verre de bon vin (pas nécessairement le plus cher) apporte bien de la sérénité. C’est ce que je vous souhaite pour ces heures printanières.
«VINS DE MONOCÉPAGE»
« Si les vins du Nouveau Monde (Amérique latine, Australie, États-Unis et autres) sont en majorité des vins de cépage (100% syrah, 100% chardonnay…) en face « l’Ancien Monde » cultive le vin d’assemblage ( de cépages)… » C’est ce qu’on peut lire sur le couvert arrière d’un volume acheté récemment : « Vins de monocépage » écrit pas Alain Simon, aux éditions Fitway Publishing (de « Paris »(?).
Il me semble qu’il faille, d’entrée de jeu, corriger cette affirmation. En France aussi plusieurs vins sont issus de « monocépage », entre autres, tous les bourgognes, les alsaces et plusieurs autres. On aurait dû dire que dans l’Ancien Monde, on n’utilise pas le nom du cépage pour désigner le vin, sauf, encore une fois, en Alsace, particulièrement…
Ceci dit, il n’y a donc pas, dans ce monde merveilleux du vin, de déclarations ex-cathedra à faire. – Par contre, le petit livre « Vins de monocépage » est fort intéressant et instructif, d’autant plus que le prix est fort doux 6,99$ au lieu de 24,95$ prix d’origine, du moins chez Renaud-Bray. Intéressant car, en plus de décrire le cépage, on y ajoute un brin d’histoire, sa géographie, etc. Bien sûr, on souhaite que les informations données soient plus justes que ce qui paraît sur la couverture…
Châtillon-sur-Seine
Porte d’entrée nord, en Bourgogne, si on vient de Champagne, le « Châtillonnais » est en voie de devenir la capitale du Crémant de Bourgogne, semble-t-il, du moins, cette année où durant quelques jours, en mars, « Le Printemps du Crémant » a eu lieu.
Châtillon-sur-Seine est le trait d’union entre la Champagne et la Bourgogne. « L’histoire du Châtillonnais, à quelques encablures de l’Aude, donc de la Champagne, est intimement liée à la production des vins effervescents de qualité ».
Il n’est que d’aller dans les succursales de la SAQ pour constater que les crémants de Bourgogne prennent de plus en plus une bonne place dans la hiérarchie des vins mousseux, même si certains sont produits plus au Sud, en Mâconnais, par exemple.
L’appellation « crémant de Bourgogne » a tout au plus 30 ans – elle a été accordée en 1975. En France, il semblerait que ces crémants n’aient toute l’attention qu’on souhaiterait. Il n’en est pas de même chez nous, car je crois que le crémant, notamment celui de Bourgogne est bien prisé, Tant mieux pour nous!
LABUZAN abusé…
C’est le titre d’un article dans la Revue du vin de France mars 2006. Il s’agit de l’histoire d’un œnologue, Dominique Labuzan qui avait accepté de prêter son nom (fort original, entre nous) à son patron pour concurrencer un vin portant le nom de « malésan ».
Cela se passait durant les année ‘70’. Les choses se sont bien passées jusqu’au jour où le patron de Labuzan a vendu son négoce et que l’œnologue a réclamé une compensation plus importante à ses nouveaux employeurs.
L’affaire serait allée en cour et le pauvre œnologue a été débouté, deux fois plutôt qu’une. Il ne peut pas commercialiser du vin sous son nom. « Je n’ai même plus le droit de produire du vin à mon nom, déclare Dominique Labuzan, dépité de voir sa carrière s’œnologue se terminer ainsi. »
Y a-t-il du vin dans nos prisons?
L’éditorial du dernier numéro de la Revue du Vin de France (mars 2006, no 499) s’intitule au pain sec et à l’eau.
Les propos de Denis Saverot sont de souligner que dans les prisons de France, on a consommé en 2002, plus de 50 millions de boîtes d’antidépresseurs, mais on refuse de servir un verre de vin rouge avec le repas.
Dans un pays où le vin est plus qu’une tradition, c’est un « héritage » et une culture, c’est tout de même surprenant. Ce qui fait dire à l'éditorialiste Saverot:
«En organisant jusque dans ses geôles le remplacement d’un produit culturel par des pilules, elle (la France) achève d’infantiliser ceux qu’elle veut temporairement bannir. Elle oublie l’essentiel : si, en 1789, le peuple de France avait ingurgité autant de tranquillisants qu’aujourd’hui, il n’y airait probablement pas eu de Révolution ni de République».
Réflexions de Semaine Sainte(?).
Les Sélections Mondiales
On sait que la Société des alcools présentait aux deux ans ce grand concours international, depuis une quinzaine d’année. Il y a quelques mois, la SAQ a annoncé qu’elle abandonnait l’événement, au grand désappointement de la plupart des amateurs de vins qui voyaient ce concours comme une belle occasion pour le Québec, de se montrer dans l’univers du vin.
Or, on apprend qu’un groupe d’amateurs connaisseurs de la région de Québec, allait relever le défit de présenter, dès février prochain, une nouvelle version de Sélections Mondiales.
Le groupe Laflamme, Lafontaine et Associées s’est unit à Denys Paul-Hus du magazine Prestige et de la Corporation des Restaurateurs pour organiser le concours dans la Capitale. Il nous reste à leur souhaiter plein succès.
La dernière édition des Sélections mondiales des Vins, tenue à Montréal, en 2004, présentait en dégustation, plus de 2 500 produits, à un panel de spécialistes composé de plus de soixante dix personnes venant d’une trentaine de pays, il s’agissait d’œnologues, de chroniqueurs et journalistes, de vignerons, de sommeliers et autres spécialistes du vin.
Bonne fin de semaine et un très joyeux temps de Pâques!
(question d’habitude(?) mes doigts ont écrit : bonne VIN de semaine).
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille