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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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Samedi le 15 juillet, 2000
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Souvent, le temps est maussade et il faut trouver quelques façons de passer le temps. Voici un petit problème où l’attention et autres qualités vous permettront de trouver la solution que je vous donnerai, un peu plus tard. Il s’agit de calculer ce qu’ensemble Bacchus et Silène ont pu ingurgiter.
En passant, Silène est un dieu Grec qui serait le père nourricier de Dyonisos dont on sait qu’il est lui-même le sosie grec de Bacchus chez les Romains.
Bacchus ayant vu Silène
Auprès de sa cuve endormi,
Se mit à boire sans gêne
Au dépens de son ami.
Ce jeu dura pendant le triple du cinquième
Du temps qu’à boire seul Silène eut employé.
Il s’éveille bientôt et son chagrin extrême
Dans le reste du vin est aussitôt noyé.
S’il eut bu près de Bacchus même
Ils auraient, suivant le problème,
Achevé six heures plus tôt.
Alors Bacchus eut eu, pour son écot,
Deux tiers de ce qu’à l’autre il laisse.
Ce qui maintenant m’intéresse
Est de savoir exactement
Le temps qu’à chaque drôle il faut séparément
Pour vider la cuve entière
Sans le recours de son digne confrère?
(Cette énigme trouvée sur www.synapse.net, viendrait du Bulletin de Buckingham, avril 1978)
CLOCHEMERLE
Écrit autour de 1934, ce roman de Gabriel Chevalier se passe en plein pays beaujolais. Il y est dit, entre autres belles et savoureuses affirmations : «… Le Beaujolais est mal connu, comme cru et comme région, des gastronomes et des touristes. Comme cru, on le prend parfois pour une queue de la Bourogne, une simple traînée de comète. Loin du Rhône on a tendance à croire qu’un Morgon n’est que pâle imitation d’un Corton. Erreur impardonnable et grossière, commise par des gens qui boivent sans discernement, sur la foi d’une étiquette ou les affirmations douteuses d’un maître d’hôtel. Peu de buveurs sont qualifiés pour distinguer l’authentique du faux, sous les blasons usurpés des capsules. En réalité, le vin de Beaujolais a ses vertus particulières, un bouquet qui ne peut se confondre avec un autre.»
Grâce à une excellente promotion et au travail assidu de tous les intervenants, les vins du Beaujolais ont pris une bonne place dans la hiérarchie des vins. Mais il en est encore beaucoup qui croient que le Beaujolais, c’est le vin primeur ou le vin nouveau qui arrive en novembre de chaque année.
Bouteilles, bouchons et tire-bouchons
On a souvent tendance à croire que les objets les plus simples ont toujours existé. Pourtant, il n’en est rien. Si je vous disais que mon père a été parmi les premiers à SE fabriquer un récepteur radiophonique, autour des années 30 qu’avant 1950, la télévision n’existait presque pas au Canada…
Il en est ainsi pour ce qui regarde le vin. Le bouchon de liège qui orne la plupart de nos bouteilles de vin ne date que du 17e siècle. Autrefois, on bouchait les contenants de vin avec de l’étoupe, de l’argile, de la poix, etc. On s’imagine ce que certains de ces matériaux apportaient au vin… La bouteille serait arrivée bien avant, mais on ne l’utilisait que très peu. Ce serait en effet, vers la fin du 13e siècle que fut créée la première manufacture de bouteilles en France. Mais c’est en Grande-Bretagne que l’on vit les premiers tire-bouchons, autour de 1680. (Source : «Petites histoires savoureuses des mots que l’on mange», par Robert Henry, éd. Maclean Hunter).
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca
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