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Jean-Gilles JUTRAS
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Une seconde mort...


Samedi le 16 octobre, 2004

Victor Dietrich est décédé le 25 juin 2003. J’ai écrit, ici même, son « oraison funèbre », le 1er juillet 2003. Rappelons que Victor Dietrich et son épouse Christiane Jooss avaient fondé et géré un des plus intéressants vignobles du Québec, le Domaine Dietrich-Jooss fondé en 1986, à Iberville, en Montérégie.

Le domaine était prospère et annonçait un avenir toujours plus dynamique. C’était sans compter sur la maladie. Victor a lutté pendant plusieurs années, sauf qu’elle a eu raison de lui l’an dernier.

Qu’est-il advenu du vignoble? Christiane Jooss et sa fille, semble-t-il, sont retournées dans leur Alsace natale et personne au Québec n’a pensé ou voulu reprendre les rennes du domaine viticole pourtant de plus en plus renommé… Un individu, que je ne connais pas, aurait acheté les terres, arraché les vignes et… planté du maïs, là même où Victor avait sué et peiné pour sauver les ceps soigneusement choisis, plantés et bichonnés. Ils les aimait ses ceps, Victor, il en prenait un soin jaloux et il réalisait, de leurs raisins, des vins finement élevés…

Clic, crac, schouip… plus rien ne reste des pieds de vignes, de la généreuse treille, tout a été coupé, arraché et sans doute brûlé. Il y a maintenant de longs échalas de maïs sans doute très bon (?), mais dont je ne mangerai jamais ne serait-ce que pour protester contre le fait que PERSONNE n’a pris les moyens de sauver un joyau de notre patrimoine viticole.

Pourquoi le gouvernement ou mieux la Société des Alcools du Québec ou d’autres groupes intéressés n’ont-ils pas empêché qu’on détruise les efforts de vignerons courageux et renommés et que ne soit détruite une œuvre aussi réputée dans le monde et chez nous?

Il est maintenant trop tard, pour le domaine Dietrich-Jooss! Mais certainement pas pour d ‘autres domaines qui, tôt ou tard, seront dans la même situation et arriveront aux mêmes échéances… Ne devrait-on pas avoir une politique de sauvegarde de notre patrimoine viticole?

LES GUIDES DU VIN

Au Québec, les nouveaux guides du vin ne paraîtront qu’en novembre. En France, ils sont déjà presque tous disponibles et on les retrouve dans la plupart des librairies et même chez certains marchands de périodiques. Un autre outil important pour les amateurs, ce sont les les éditions ou numéro « spécial vins » de plusieurs magazines. Si vous demandez à un distributeur de revues, peut-être a-t-il encore le « spécial vins » des magazines : Le Point, Gault-Millau, l’Express,
La Revue du Vin de France, et autres. Il semble que plusieurs guides pour 2005, soient déjà en librairie : Gault-Millau, Hachette, Patrick Dussert-Gerber et autres.

Mais je vous suggère d’attendre ceux d’ici, qui commentent les vins disponibles à la SAQ, incluant les vins produits dans tous les pays incluant la France, alors que les guides français se limitent, habituellement aux produits de l’Hexagone.

Arôme et bouquet

Ce sont des expressions qu’on entend régulièrement, quand on déguste les vins. On peut définir ces termes ainsi, selon un petit livre « gaillard » intitulé « Érotique du vin » par Jean-Luc Hennig, 1999, chez Zulma. « Le nez et le vin, écrit-on, sont deux articles inséparables… Encore faut-il, précise Émile Peynaud (dans Le Goût du vin), distinguer l’arôme qui est l’ensemble des principes odorants des vins jeunes, et le bouquet, odeur acquise par le vieillissement et qui s’exprime à la longue. L’arôme, c’est la première senteur du vin… C’est frais, galant, spontané…Le bouquet, évidemment, c’est autre chose… le bouquet s’évapore du verre presque comme une fumée… »

Si vous lisiez, comme moi, tout ce qui est écrit au lieu des points de suspension que j’ai tapés… Pour vous donner une idée, ce que j’ai reproduit, plus haut, était précédé des lignes suivantes : « …certains prétendent que le vin se hume comme un parfum, que la volupté est volatile et qu’on est parfaitement en droit de distinguer arômes virils et féminins. » (Je rappelle que le volume d’où j’ai tiré ce texte d’intitule : « Érotique du vin ».

L’ALSACE

Bientôt, dans la chronique « à la découverte de… » je vous dirai quelques mots de l’Alsace. Ces jours derniers, j’ai eu l’avantage de goûter quelques vins de la cave de Pfaffenheim et j’ai beaucoup aimé. C’est l’agence québécoise Charton-Hobbs qui avait convié quelques chroniqueurs, à Québec. Le lieu de la rencontre, je vous le recommande, c’est charmant et accueillant : !Le Grill » de l’hôtel Sainte-Année, 32, rue Sainte-Anne, dans le vieux Québec, Haute-Ville.

À Bientôt

Jean-Gilles Jutras,
Ambassadeur du vin au Québec


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