Samedi le 16 septembre, 2006 |
Aujourd’hui, 16 septembre… Il y a 21 ans (autrefois l’âge de la majorité) soit le 16 septembre 1985, j’écrivais un premier article sur le vin, dans le quotidien de Québec LE SOLEIL. J’avais, à cette époque, l’intention de prendre ma retraire (évidemment bien méritée – même si je n’avais pas encore l’âge canonique).
Mon premier article qui a été suivi de plusieurs autres, chaque semaine, pendant plus de dix ans, avait été intitulé «Je ne connaissais rien au vin». Bien sûr, comme tout le monde, je buvais parfois du vin aux repas, pas tous les jours, loin de là, mais à certaines occasions, principalement en fin de semaine. Je ne vous raconterai pas comment j’en suis venu à écrire sur le vin et à donner des cours pendant une douzaine d’années, pour l’Amicale des Sommeliers.
Je reproduis plus bas, quelques paragraphes de ce premier papier dans LE SOLEIL. Vous constaterez que les mêmes propos légèrement adaptés pourraient être imprimés, de nos jours.
Je ne connaissais rien au vin…
Il y a quelques années, un ami m’invita à dîner dans un restaurant et, après avoir donné le choix de notre menu, il commanda un «St-Émilion». Quelqu’un m’aurait alors demandé ce qu’était un St-Émilion, j’aurais été bien incapable de répondre. Je me doutais que ce pouvait être du vin, encore que je n’aurais pu dire s’il s’agissait de rouge ou de blanc et encore moins la provenance ni autres spécifications de même nature qui font qu’un vin est différent d’un autre vin.
Aujourd’hui, les gens sont mieux renseignés. Mais je sais, par expérience, que beaucoup sont encore hésitants voire craintifs quand vient le temps de choisir un vin, surtout si on veut goûter un produit inconnu qui coûte plus de 10$ (?). (J’ai bien ri quand j’ai relu 10$… aujourd’hui, on dirait 25$ et plus et même beaucoup plus).
Je continuais mon propos en rappelant que « On a alors recours à des solutions-clés qui, souvent, on m’en a fait confidence, sont la source de déceptions plus moins grandes. Aussi, se replie-t-on, parfois, sur les sélections des épiceries ou encore, on consulte les commis des succursales de la Société des alcools ou bien, dans la plupart des cas, on revient aux vins que tout le monde connaît et apprécie…(?) Mouton-Cadet, Pisse Dru, Black Tower, Ste-Odile, etc.
C’est bien normal, continuai-je, d’avoir certaines hésitations quand on veut acheter une ou plusieurs bouteilles de vin. D’une part, on a fait beaucoup de mystères autour du produit de la vigne et aussi on a énoncé bien des règles qu’il fallait absolument suivre si on ne voulait pas passer pour un ignorant. On proclamait donc, à tout-venant : vin blanc = viande blanche et vin rouge sur viande rouge; ou encore, si on a commencé le repas avec du vin blanc, il ne faut pas mêlé et il faut continuer avec le même vin, etc.
Pourtant, on est à la table pour se faire plaisir et non pour se « faire de la misère » par des règles strictes et intransigeantes qu’on peut très souvent démolir puisqu’elles ne reposent habituellement sur aucun fondement solide. »
Et j’invitais les lecteurs du journal à revenir chaque semaine et surtout à m’écrire pour donner leur opinion et poser des questions. Cela a duré une bonne douzaine d’années et j’aimais beaucoup. Je pense que mes papiers ont rendu service et initié les lecteurs au plaisir que procurent le vin et la bonne chère.
Entre 1985 et 2006
Dans cet article, je proposais des vins aux lecteurs. Voyez, dans la plupart les grandes différences de prix. Il est vrai qu’en vingt ans le coût de la vie a évolué énormément, Mais…!
Beaujolais blanc 1984 11,20$ (je notais que le 1982 coûtait 7,65$) aujourd’hui, le beaujolais blanc Dubœuf est à 14,80$ et le Pisse-Dru de N. Vernaux à 14,40$.
J’avais aussi proposé un bordeaux blanc qui n’est plus disponible, il coûtait 5,85$ aujourd’hui la SAQ offre une douzaine de bordeaux blancs réguliers entre 11,80$ Croix Saint-Martin de Kressmann (292912) et 14,80$ Dourthe numéro 1 (231654)
Pour le vin rouge, j’avais proposé un vin espagnol en recommandant d’expérimenter d’autres vins que ceux venant de France.
J’avançais qu’il fallait apprendre qu’il se produisait d’excellents vins en Italie, en Espagne et en maints autres pays. Aujourd’hui, on n’a plus besoin de recommander des vins de diverses provenances, on y est habitué. Le vin proposé en 1985 était le Don Miguel Torrès à 8,50$. Ce vin a été remplacé par le Sangre de Toro, également de la maison Torres à 12,80$ (006585).
Et voilà pour les archives. Maintenant : quelques nouvelles ou informations plus récentes.
Je viens de recevoir un communiqué (12 septembre 2006) concernant les vendanges de 2006, en Bourgogne. On y dit que le millésime 2006 laisse présager une délicieuse attente. Les vendanges ont commencé le 6 septembre, pour les raisins destinés au crémant. « Les baies vouées à la production des vins tranquilles, dit le communiqué, encore sur leurs ceps, profitent toujours des rayons du soleil. »
Le communiqué indique que si le printemps a été difficile, après un hiver long et rigoureux, les fortes chaleurs de juin et juillet ont permis de rattraper ce décalage et favorisé une floraison et une nouaison rapides. Les contrôles des spécialistes montrent une belle évolution des principaux composants du raisin : sucre, acidité, polyphénols… C’est ainsi que les amateurs de bourgognes peuvent entrer dans une période de « délicieuse attente ».
Meilleur Sommelier
L’Association canadienne des sommeliers professionnels convient les intéressés à un repas de gala au cours duquel sera couronné le Meilleur Sommelier du Canada. C’est aujourd’hui qu’aura lieu l’événement à l’Institut du tourisme et d’hôtellerie du Québec. Pour en savoir plus, on communique avec Jean-Yves Bernard 514-830-5228 – ou jean-yves@videotron.ca
On peut avoir plus de détails sur le concours au www.acsp.info
Bonne fin de semaine
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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