Samedi le 20 janvier, 2007 |
Ghislain K.-Laflamme, président des Sélections Mondiales des vins – Canada 2007 est également président de la section de Québec de l’Amicale des Sommeliers. À ce titre il adresse, ces jours-ci un message aux membres de l’Amicale à propos de l’événement qui se tiendra à Québec, du 4 au 9 février prochain. Voici de larges extraits de ce message à paraître dans le TASTEVIN, bulletin de liaison de la section de Québec de l’Amicale.
Enfin «LES SÉLECTIONS MONDIALES DES VINS 2007»
Enfin, c’est un cri du cœur ! Un cri du cœur parce que le concours avait cessé d’exister, il ne cadrait plus avec les politiques de la SAQ…Ce concours avait cours depuis 1983, pourtant ! - Il figurait parmi bien des titres de gloire dont le Québec pouvait se targuer, car il avait celui d’être l’un les pionniers des grands concours internationaux de dégustation de vins et de spiritueux.
D’autres concours existent dans le monde des boissons alcooliques et ce, pour certains, depuis longtemps comme celui de Ljubljana en Slovénie qui date des années 1950, ce qui constitue une exception ; presque tous les autres concours ont des origines plus récentes, plusieurs, autour de 1990 alors que le concours Sélections Mondiales de Montréal est né en 1983.
Sélections Mondiales de Montréal, a été à l’origine d’une Fédération groupant les 10 plus Grands Concours : Paris (France), Madrid (Espagne), Vérone (Italie), Mendoza (Argentine), Ljubljana (Slovénie), Sierre (Suisse), à Neustadt (Allemagne), Budapest (Hongrie) et Valladolid (Espagne).
La naissance de Sélections Mondiales de Montréal est due à Paul Schooter, un homme d’affaires audacieux qui a eu le courage de lancer un concours international de vin au Québec en arguant que, comme le Québec n’est pas une région productrice de vin, celle-ci représente une terre neutre pour juger les vins du monde entier. J’ai été mis à contribution dès l’origine en 1983 comme Président d’Honneur de ce concours (n.d.l.r. :Me Laflamme était alors président de la Régie des permis d’alcool) et, par la suite, continue l’auteur, comme Président de la Commission de contrôle de ce concours. Plus tard, en 1986, la Société des alcools s’est porté acquéreur du concours et en a continué l’exploitation aux deux ans jusqu'en 2005.
Toutefois, par suite d’un changement d’orientation, la Société des alcools du Québec a décidé de discontinuer l’exploitation par elle-même de ce concours mais elle en a cédé les droits à un consortium formé par « Festival de la gastronomie de Québec, inc. » et « Laflamme, Lafontaine et associées ».
Le concours Sélections Mondiales des vins se poursuit donc sous une impulsion nouvelle. Il aura lieu du 3 au 9 février prochain à l’Hôtel Palace Royal à Québec et sera exécuté par une soixantaine de dégustateurs de compétence internationale, dont une vingtaine de Québécois.
Ghislain K.-Laflamme –
Ambassadeur du vin au Québec
Président de Sélections Mondiales des Vins Canada
Pour ma part, je donne plus bas mes expériences au sein des grands concours internationaux de vin. Dès mon entrée dans le monde du vin, vers 1985, (comme chroniqueur en vin pour le quotidien LE SOLEIL de Québec), j’ai été invité à visiter plusieurs pays producteurs de vin. De ce fait, on m’a souvent offert des occasions uniques de prendre part à certains concours internationaux de dégustation dont les Sélections mondiales que la SAQ avait récupérées en 1986. Voici quelques unes de mes expériences en ce domaine.
Cette année, à l’invitation des organisateurs des Sélections Mondiales des vins, ce sera la sixième fois que je participerai à ce concours. Je me souviens encore de ma première expérience en 1986, l’année où la SAQ avait pris charge du concours fondé quelques années auparavant. J’avais accepté d’être membre du jury international sans trop savoir dans quoi je m’embarquais. C’est quand j’ai vu l’aréopage des personnalités du monde viticole qui composait le jury que je me suis « senti bien petit »… Pensez donc, des œnologues réputés, de grands journalistes internationaux, des producteurs de grands crus, plus de soixante sommités comme Jacques Orizet, Michel Dovaz, Michel Bettane; des Français, des Américains, des Italiens, des Allemands, des Espagnols et bien d’autres.
Le président du Jury (dont j’oublie le nom) était le président des œnologues italiens qui, par la suite, a été directeur général de la maison Banfi. Je me rappelle encore le voir tout souriant et détendu, donner ses directives au panel, avant les dégustations officielles. Comme c’est la pratique, en début de séance, on procède à quelques minutes de « calibrage ». Il s’agit, pour le président du jury, de donner le ton aux participants. Ainsi l’officier a dit à peu près : « Pour la vue, à moins d’un problème qui saute aux yeux, on donne le maximum ce qui permet d’être un peu plus strict pour l’odorat et le goût, tout en conservant une note générale équitable. Cette remarque m’est toujours restée en tête quand je participe à des dégustations officielles.
Par ailleurs, dans les concours internationaux, il est fascinant de voir les sept juges de chaque rangée (commission) se pencher avec attention, en silence, sur chacun des produits versés dans leurs verres par des sommeliers professionnels qui s’assurent également que les dégustateurs ne manquent de rien : eau, biscottes, verres impeccablement propres, fiches d’appréciation, etc.
Par ailleurs, toujours dans le silence, une cohorte de collaborateurs veille à ce que les fiches d’analyse soient remplies comme il se doit, demandant à chaque dégustateur de bien indiquer le numéro du produit, de s’identifier personnellement par le numéro qui lui a été attribué, de bien signer le document.
On ne peut corriger une note accordée, on ne peut reprendre une fiche mal rédigée, on ne peut revenir en arrière… les feuilles sont ramassées avant qu’on ne serve le vin suivant ; c’est donc le plus grand silence qui règne à moins qu’on ne demande un avis au président de la commission qui seul autorise soit le remplacement d’une bouteille défectueuse ou qui décide, en dernier lieu de toute difficulté.
La fiche d’analyse n’a rien à voir avec les modes d’évaluation utilisés lors de dégustation pratiquée dans les Confréries ou autres groupes. On ne recherche pas les parfums ou les saveurs de pommes ou de fraises, ni autres appréciations semblables. Dans les grands concours, c’est la limpidité (5) et l’aspect visuel (10) qui sont recherchés, à la vue; pour l’odorat, ce sera l’intensité (8), la franchise (6) et la qualité (16); pour l’examen gustatif, on se souciera de l’intensité (8), de la franchise (6), de la qualité (22) et de la persistance (8); puis on portera un jugement général et global (11) pour un total de 100 points.
C’est, à peu de chose près, toujours le même scénario dans tous les grands concours. J’ai eu l’occasion d’aller, comme je l’ai mentionné, six fois aux Sélections mondiales, à Montréal; j’ai aussi participé deux fois au concours de Vérone, en Italie, une fois à Porto, au Portugal. Une autre fois en Italie, au 6e Salon National du Vino Novello, à Vénézia. À Montpellier, j’ai été membre du jury international pour un autre type de concours : « La Nuit des Oscars des vins du Languedoc-Roussillon », où le panel, composé d’une douzaine de personnes devait évaluer les vins servis en même temps que les nombreux plats d’un souper exceptionnel très élaboré. Le tout se déroulait de façon fastueuse dans la salle du chapitre de l’Abbaye de Valmagne.
Tous ces grands concours se déroulent dans le plus grand sérieux et avec un décorum surprenant pour notre époque. Le vin, on le sait, est un produit précieux qui nécessite beaucoup d’attention et de soins, tant dans les vignes que dans les chais. C’est ce que les membres d’un grand jury international sont appelés à vérifier et à apprécier, quand on leur présente les vins. C’est évidemment à l’aveugle que les vins sont dégustés, à raison d’environ une quinzaine par séance. Comme il y a trois séances par jour, entre 8 h à 13h30, chaque membre du jury est appelé à goûter de 40 à 50 vins par jour. Il va sans dire qu’en principe on recrache le vin…
C’est donc un événement majeur et important pour la ville de Québec, pour les amateurs et tout le monde du vin qui aura lieu à Québec, du 4 au 9 février prochain. Il reste à souhaiter qu’on en fasse la promotion et surtout que les amateurs se hâtent de goûter les produits qui auront obtenu une médaille.
OSOYOOS LAROSE
J’ai vécu une rencontre des plus « emballantes », lundi dernier, 15 janvier. La société Vincor avait convié quelques personnes à rencontrer le régisseur d’un tout nouveau vignoble canadien, établi depuis moins de dix ans, dans la Vallée de l’Okanagan, en Colombie Britabique.
Le vignoble OSOYOOS LAROSE est né du partenariat franco-canadien de deux groupes ayant le vent en poupe : Groupe Taillan, de Bordeaux, en France et Vincor Canada.
Le nom du vignoble : « Osoyoos Larose » reflète les racines canadiennes et françaises des partenaires. OSOYOOS rappelle que les vignes, sont plantées dans la vallée de L’Okanagan, sur les coteaux surplombant le lac Osoyoos ; quant à Larose, il se réfère à l’une des plus prestigieuses propriétés du Groupe Taillan, le château Gruaud Larose.
Les propriétaires d’Osoyoos ont retenu les services d’un œnologue réputé déjà en poste chez le Groupe Taillan dans le Bordelais. Pascal MADEVON s’est établi au Canada, avec sa famille, pour les premières vendanges d’Osoyoos Larose, en 2002. Pascal Madevon est le directeur général de l’exploitation.
Surprenants les vins qu’il a élaborés en cinq ans ! À l’aveugle, je crois qu’on aurait de la difficulté à découvrir l’origine du produit. Cette semaine, on a goûté les millésimes 2001 à 2005, inclusivement. On constate avec intérêt l’évolution du vin élaboré principalement de merlot, de cabernet sauvignon et d’autres cépages bordelais qui ont d’ailleurs été sélectionnés là-bas et replantés en Colombie par les soins de spécialistes réputés.
Lors de la visite de Pascal Madevon les représentants de Vincor disaient qu’on trouvait le millésime 2003, dans les succursales de la SAQ. Malheureusement, pour l’heure, les stocks sont épuisés. On m’informe que la SAQ en aurait commandé 9 000 bouteilles qui devraient être disponibles en fin de février.
Il semblerait que des amateurs « avertis » s’inscrivent sur une liste d’attente pour être sûrs d’en avoir dès l’arrivée… Faites-en autant et goûtez-moi cette bouteille vraiment agréable et exceptionnelle de OSOYOOS LAROSE, au prix de 39$ ce qui est tout à fait mérité.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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