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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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Samedi le 21 février, 2004
À propos des 2003
Depuis l’automne et les vendanges précoces de l’an dernier, on n’a peu parler des vins de ce millésime qu’on évalue comme très bon, mais de production réduite. Je lisais, justement, à ce propos, les commentaires des directeurs de VINS MAGAZINE, no 49 :
« … Le fait marquant de cette année 2003 semble le caractère atypique du cycle et, notamment, de la phase importante comprise entre la fleur (mi-juin environ) et la véraison (fin juillet-début août, plutôt mi-juillet, cette année) qui est le changement de couleur des baies annonçant la prochaine récolte…. »
Les éditorialistes continuaient en rappelant que « … les blancs pouvaient être vendangés tôt de façon à préserver une acidité qui pouvait faire défaut face à la richesse en sucre. En revanche, les rouges nécessitaient beaucoup de prudence et une grande expérience de la vigne. Certains raisins titrant 14° (d’alcool prévisible) sur pied… n’étaient en fait pas mûrs du tout… » Malgré tout, selon les auteurs, « les vins goûtés présentent de belles couleurs, une certaine concentration et des équilibres fort plaisants ».
Comme concluait Vins Magazine, il reste à attendre la suite, mais tout porte à croire que les vins de 2003 resteront dans les annales, sauf que la récolte aura été inférieure de 20%, en général « ce qui donne toujours naissance, selon le magazine, à un bon, voire à un grand millésime. » Soyons donc patients, jusqu’au moment où les premiers vins de 2003, feront leur apparition… dans quelques mois, voire même dans quelque semaines.
La Dôle
La DÔLE est un vin du Valais, en Suisse. La section de Québec de l’Amicale des Sommeliers l’avais inscrite récemment dans un de ses menus. J’en avais fait écho, rappelant qu’il s’agissait d’un assemblage de gamay (appelé dôle, mot féminin… en Suisse) et de pinot noir, qu’on avait versé sur l’assiette de pavé de saumon fumé.
L’ex-consul de Suisse à Québec, M. Jean-Pierre Beltrami a réagi à mon commentaire : « Très discutable, m’a-t-il écrit, de servir une dôle avec le pavé de saumon… enfin! Mais il faut la servir assez fraîche, proche des températures du vin blanc ou du beaujolais. Sa grandeur se retrouve surtout dans tout ce qui touche le fromage et ses dérivés! (la raclette, sa maîtresse!). N’est pas un vin de garde. D’ailleurs comme tous les vins suisses. »
« Son prix (18,15$) continue M. Be;trami, est tout de même raisonnable vu la qualité de la vinification. Chez moi, c’est mon vin du jour… et j’ai acheté il y a quelques semaines toutes les bouteilles disponibles… Autre remarque, c’est un vin quand même léger, d’où l’avantage de le boire à n’importe quelle heure de la journée. Nous, les Suisses, on boit avant… pendant… et après… » Mon ami Beltrami signe, en rappelant ce mot de la confrérie du Guillon : « Bois ce Vin et sois bon comme lui ». Merci, Jean-Pierre Beltrami. Si vous m’en avez laissé une ou deux bouteilles, j’irai les quérir sous peu.
Les verres
Avez-vous lu « Le Vin pour les NULS »? Vous savez, cette série de volumes jaune et noir qui attirent l’attention car ils sont publiés pour répondre de façon amusante, à bien des questions que même les professionnels n’osent pas posées même s’ils sont bien contents d’avoir réponses à leurs interrogations ou à leurs inquiétudes.
Dans « Le Vin pour les Nuls » écrit par Mary Ewing-Mulligan et Ed McCarthy, on trouve réponses et commentaires sur bien de petits problèmes ou circonstances se rapportant au vin. À propos des verres, on peut lire ce qui suit :
« Croyez-le ou non, (nous n’y avons pas toujours cru non plus), la saveur d’un vin change selon le type de verre dans lequel on le boit. Nous avons failli déclencher une émeute lors d’une soirée de dégustation que nous avions organisée tout simplement parce que les dégustateurs croyaient que nous leur servions des vins différents alors que nous nous étions contentés de leur servir le même vin dans des verres différents. Nous avons aussi appris qu’en ce qui concerne les verres trois paramètres sont déterminants : la contenance, l’aspect et l’épaisseur de la matière ».
C’est tellement vrai que je vous invite à faire vous-même l’expérience avec de l’eau. Votre liquide des saveurs différentes selon qu’il est bu dans du verre fin, épais, dans des tasses de porcelaine ou de céramique, dans du métal uni ou émaillé, etc… Alors, imaginez le vin, servi dans des coupes en étain, en argent, en verre opaque ou mince, transparentes ou colorées… Expérience amusante et fort instructive pour une fin de semaine où on ne sait trop que faire!
SALUT! À bientôt.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec.
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