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Samedi le 21 juillet, 2007


En août, ne manquez pas le rendez-vous
C’est à Terrebonne qu’il faut aller, les 11 et 12 du mois d’août, pour le Festival des vins de Terrebonne. « Des vins rarissimes à découvrir et à déguster » l’événement, en effet, accueille, cette année, une centaine de personnalités qui présenteront les produits réputés provenant de partout sur la Planète.

Cela se passera au parc MASSON, en bordure de l’écluse des Moulins, dans le Vieux-Terrebonne, le 11 août, de 13h à 20h – le 12, de 11h à 18h. L’intérêt de la fête est doublé du fait qu’elle se déroule au son de la musique qui accompagne les visiteurs. Pour en savoir plus : www.festivaldesvins.com

Incontournable, vous dis-je!

Dans mes archives

Je ne résiste pas à vous reproduire ci-après, quelques extraits d’un papier que j’avais écrit, il y a une vingtaine d’années, plus précisément le 11 juillet 1987, dans le quotidien Le Soleil, de Québec, alors que j’y avais une chronique hebdomadaire. Le titre de mon papier : «Le nez dans le verre ».

« Avez-vous remarqué déjà, ai-je écrit, ce jour là, quand quelqu’un pense connaître un peu le vin, dès qu’on lui présente un verre, c’est le nez qu’il y plonge plutôt que les lèvres qu’il y trempe… Vous savez, j’en fais autant. Les gens seraient tellement déçus si je ne sacrifiais pas à ce rituel…

L’été dernier, j’ai lu un long article, dans le Nouvel Observateur, intitulé « L’amour du vin ». Le texte est nettement humoristique, voire sarcastique, pour les Français qui, selon l’auteur, persistent à confondre « le cep et le cru ». Pourtant, quand on lui présente une verre de vin, l’amateur HUME et, de dire le papier, « vous trouvez plus souvent des nez dans le verre que l’inverse ».

Le Nouvel Observateur avait noté alors une constatation qui s’applique fort bien chez nous aussi. « il y a des salons de thé où on rigole plus que dans les bars à vin ». C’est à dire qu’on est en train de rendre le vin « sinistre ». Je connais plus d’un groupe d’amateurs et de « dégustateurs » que je qualifierais de patentés qui laissent entendre que pour apprécier le vin, il faut absolument agir comme si on était des œnophiles diplômés après avoir fréquenté les Hautes Écoles de non moins haute renommée en sciences de la pédantesquerie organoleptique, susceptible de nous faire connaître toutes les facettes et les subtilités de l’évaluations analytique sensorielle des produits de la vigne. (OUF! Un jour, je vous traduirai tout cela en clair…)

Et tout ce scénario se déroule avec le plus grand sérieux et la plus stricte observance des règles immuables qui obligent à franchir les étapes de la dégustation selon des gestes obligatoires et incontournables, sans quoi vous êtes recalés et surtout déclassés à tout jamais!!!

Ce n’était pas tellement sérieux, mes propos de juillet 1987, je voulais simplement me payer un tant soit peu la tête des « supposés » connaisseurs. C’est un peu moins criant, de nos jours, mais il y en a encore. Je ne dis pas que la dégustation et l’approche du vin ne doivent pas être considérés comme quelque chose de sérieux, bien au contraire. Si on veut apprendre, quelle que soit la matière, il faut y mettre beaucoup de sérieux et d’attention. Sauf, que cela peut se faire tout en étant détendu et même dans la sérénité.

Mais il faut l’admettre, ce n’est pas qu’au Québec qu’on s’enfle la tête à cause du vin… c’est par milliers qu’ils sont aux États-Unis, en France et ailleurs. Et souvent, cette « mode » est doublée par l’utilisation, souvent à mauvais escient, d’un vocabulaire dit savant. Ainsi, voulant parler d’un vin moderne qui plaît, on dira que le produit est « fruité ». On ne sait pas toujours ce que veut dire fruité mais cela fait bien dans la conversation.

L’article du Nouvel Observateur auquel je faisais référence, indiquait qu’il y avait une mode, à cette époque ( il y a aujourd’hui une vingtaine d’années) qui perdure, me semble-t-il. Le magazine mentionnait la tendance des amateurs plus ou moins snobs de préférer des « vins jeunes du type bordeaux » dont la mode est universelle puisqu’elle est présente en Italie, aux États-Unis, en Espagne et ailleurs.

« On exige que ces vins ne soient pas trop tanniques, faciles à boire sans trop d’efforts. On fait des vins de cépages, tendance que la France a fini par imiter. Le Nouvel Observateur indiquait enfin que l’amateur hume plus qu’il ne goûte, c’est surtout par l’odorat qu’on apprécie le vin de nos jours.

Si dans l’ensemble, l’art de la dégustation s’est raffiné au fil des ans, il y a encore trop de snobisme chez trop d’amateurs. Pour moi, c’est d’abord le plaisir et la satisfaction, bien avant l’obligation de découvrir si le vin a passé 10, 15 ou 22 mois en barriques, puis encore une année en bouteille.

Bon! J’ai fini de me payer la tête de mes amis amateurs de vin. C’était dans mes archives. Je crois bien que j’y reviendrai, j’ai en effet découvert des papiers que j’ai écrits il y a quelques décennies et qui pourraient sans doute intéresser les amateurs du 21e siècle.

Salut, bonne fin de semaine. J’espère ne pas avoir été trop sarcastique. Je m’en voudrais d’avoir blessé quelqu’un.

À bientôt

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
 
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