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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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Samedi le 22 juillet, 2000
Encore les Lurton
Les frères Jacques et François Lurton font encore parler d’eux. Leur affaire, fondée il y a une dizaine d’années, progresse continuellement. Les fils d’André Lurton, lui-même propriétaire du château Clos Fourtet, cru classé de Saint-Émlion, ont bien pris leur place. Ils produisent du vin en plusieurs points du globe : Argentine, Australie, Chili, Espagne et Uruguay, sans oublier leurs intérêts en Bourgogne et dans le Languedoc. La Revue du vin de France les qualifie de «créateurs de vins».
Dans la famille Lurton on connaît le vin. Ainsi l’oncle de Jacques et François, Lucien Lurton est propriétaire de plusieurs châteaux en Bordelais : Bouscaut, cru classé de Graves - Brane-Cantenac, 2e cru classé - Desmirail, 3e cru classé - Durfort Vivens, 2e cru classé, tous trois dans la zone de Margaux; Lucien possède aussi, en Sauternais : Climens, 1er cru classé et Doisy-Durboca, 2e cru classé.
Pas surprenant que Jacques et François réussissent ce qu’ils entreprennent!
En Espagne
Miguel Torres dirige la très célèbre maison familiale en Catalogne. Il a convaincu tous les intervenants du monde viti/vinicole d’Espagne de regrouper neuf appellations sous une même bannière Catalunya qui comprendrait : Penedès, Priorat, Atella, Conca de Barbera, Coster del Segre, Emporda-Costa Brava, Tarragona, Terra Alta et Pla del Bages.
Sortez vos sous…
Une bouteille de château PÉTRUS 1947 s’est vendu 15 600 FF (environ 4 000 $) lors d’une vente aux enchères, à Deauville, en mai dernier, alors que 12 bouteilles de ROMANÉE CONTI 1995, ont rapporté 26 500 FF, soit près de 6 500 $. Dans les deux cas, le produit des ventes allait au profit d’un centre anticancéreux de Caen qui aurait bénéficié de plusieurs autres belles mises, selon la Revue du Vin de France, juin 2000.
Ne touchez pas au champagne royal
On a vu dans les journaux et les imprimés que le château de Windsor avait organisé de grande fêtes, autour du 20 juin, pour souligner quelques anniversaires. Or, il semblerait que le champagne ait coulé généreusement tout au long de la célébration, mais il en restait bien quelques bouteilles puisque quatre valets de sa Gracieuse Majesté ont été arrêtés, peu après l’événement. Ils avaient dérobé, dit-on (qu’il y a des mauvaises langues à Londres) plusieurs caisses du précieux liquides pétillants… Élizabeth aurait été informée… Mais ça ne lui a pas redonné son champagne!
Et le bouchon?
Des esprits tordus et pervers trouvent que le bouchon aurait des connotations plus ou moins érotiques. Tiens donc! Au 18e siècle, Andrea de Nerciat aurait écrit que faire sauter un bouchon, notamment celui d’une bouteille de champagne, serait, comme rompre une écluse ou casser un œuf, le résultat d’un «éjaculat». Semble-t-il qu’aujourd’hui on appelle ce geste (?) «faire péter le gland». Ce qu’on peut avoir les méninges mal tournées et obnubilées.
Dans un petit bouquin tout à fait rigolo, intitulé justement «Érotique du vin», (éditions Zulma), on peut lire de nombreux commentaires et anecdotes bien amusantes. L’auteur, Jean-Luc Hennig, écrit, par rapport au débouchonnage : «Quel rapport (y a-t-il) entre le gland et le bouchon? «C’est très simple, écrit-il. Contrairement à ce qu’on dit généralement, le bouchon n’a rien à voir étymologiquement parlant avec le buisson. Le mot dérive, au 14e siècle, de l’ancien français bousche qui signifiait le paquet de chanvre, la poignée de foin tortillé servant à boucher ce qui devait l’être.
Or, en langue romane – antérieure au franc et au français – le mot bouche proviendrait du mot «bot» qui voulait dire : «enflé, arrondi par gonflement». Il n’est donc pas surprenant que vitement, on ait fait un rapprochement entre ces mots de jadis et «ce tronçon d’homme, cette cornemuse, ce moignon émoussé, ce moyeu de roue, cette petite moue qui «généralement» identifie le sexe mâle.
Le bouchon n’a pas toujours été aussi rigoureusement façonné. Il a eu des formes diverses; ce sont les exigences de l’industrie qui imposèrent un calibrage plus strict de 24 mm de diamètre, règle générale contre 38 à 54 mm de longueur. Enfin, il faut rappeler, pour l’Histoire, que ce n’est qu’au 17e siècle qu’on s’est mis à utiliser le liège pour obturer les bouteilles de vin.
Mille excuses pour les gaillardises… Ne sont-ce pas des sujets tout à fait naturels? Comme disait le vieux curé, jadis : «Il n’y a rien là, on les apporte même à la messe». Si vous en voulez plus… lisez Gargantua, au chapitre XI, Rabelais explique en long et en large la jeunesse et l’adolescence de son héros qui, dès cinq ans, aurait lutiné ses servantes qui ne s’en plaignaient nullement…
Large soif, Salut!
Jean-Gilles Jutras,
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca
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