Samedi le 23 décembre, 2006 |
Quand j’étais enfant… - il y a quelques décennies – mon père, parfois plus enfant que nous, nous taquinait, à compter du 15 décembre, à peu près, en nous montrant sur le calendrier, il nous disait combien de jours restaient avant Noël : « on va se coucher, on va se lever… », disait-il et une fois de moins, chaque jour et il ajoutait « on y sera… ». Comme nous vibrions d’impatience, j’en ai encore le souvenir présent. Évidemment, au début, cela nous paraissait bien loin, mais en approchant du 20 et par la suite, ce lointain se rapprochait.
Je vous avoue que j’aime toujours cette période fébrile de Noël, du Jour de l’An et de ce passage d’une année à l’autre. Cette année, avec deux ou trois couples de copains, nous fêterons la Saint-Sylvestre, ce qui était peu courant autrefois. Mais il me semble, dans le contexte mondial actuel que c’est une belle occasion d’oublier un peu… D’autant plus qu’on a alors l’occasion de déboucher quelques bons flacons souvent garder pour ces moments privilégiés.
Des souvenirs remontent
En ces jours de festivités, bien des souvenirs me reviennent de mes années de jeunesse. Je me rappelle surtout des chants, des monologues et autres saynètes évoquant Noël et autres jours festifs de la période des Fêtes. Ainsi, j’entends encore Marie Dubas réciter « La Charlotte prie Notre-Dame », de même que « Les trois basses messes », le conte humoristique de Daudet, ou encore les paroles de Jean Narache, sans compter les chansons d’Ovila Légaré ou des Trois Ménestrels, des Compagnons de la Chanson, du Trio Lyrique et bien d’autres.
On n’avait pas peur des mots, à cette époque, on disait « Noël », Messe de minuit et le Minuit Chrétien, les Rois majes et tout et tout que c’était beau… on était recueilli et joyeux tout à la fois. Que c’était beau, reverrons-nous ces moments de paix et d’amour?
La SAINT-SYLVESTRE
De nos jours, souligner le passage d’une année à l’autre, est de plus en plus courant. On se réunit dans un restaurant ou un hôtel pour marquer les dernières heures de décembre et les premières de janvier ce qui correspond, à peu près au changement d’année. Bien souvent aussi, de bons amis et quelques parents se retrouvent en la résidence de l’un d’entre eux, pour fêter le nouvel an.
En certains pays, on a des coutumes particulières qui s’ajoutent au fait de fêter la fin de l’année. Ainsi, en quelques régions, on se réunit pour compter les derniers coups de l’horloge du temps et, au douzième coup, on se retrouve sous les feuilles de gui pour échanger baisers et poignées de main. Chez nous, autrefois, le père de famille donnait sa bénédiction, tradition qui se perd, malheureusement, de nos jours. Dans certaines familles, on échange encore des « étrennes ».
Quelque soit la formule, ne manquez pas l’occasion de fêter la Saint-Sylvestre, un pape des premiers siècles de l’Église, mort un 31 décembre et dont on garde le souvenir en faisant sauter le bouchon d’une bouteille de champagne!
Le Collège des Ambassadeurs du vin
Le 27 novembre dernier, dans la Maison du Gouverneur de la SAQ, à Montréal, le Collège des Ambassadeurs du vin a accompli deux rituels annuels, D’abord la remise du Prix des Ambassadeurs à Monsieur Philippe Belleteste fondateur de l’école hôtelière des Laurentides. C’était la cinquième fois que le Collège remettait ce prix : Après M. Jean-Louis Dufresne, fondateur de la Sapinière de Val David, en 2002, ce fut M. Michel Phaneuf, en 2003, puis M. Jocelyn Tremblay, en 2004, l’an dernier, 2005, le journaliste M. Malcolm Anderson a été honoré à son tour et cette, année c’est M. Belleteste.
Plus tard, dans l’après-midi, le Collège a procédé à la remise des « Cartes d’OR » pour souligner l’excellence des cartes de vins de 33 restaurateurs répartis un peu partout dans 14 des 20 régions du Québec.
Le champagne est né d’un vin pauvre…
Dans le numéro du 15 décembre de ses Lettres Gastronomiques, l’éditeur Thierry DEBEUR écrit que selon M. Christian Pol Roger, président des champagnes du même nom, « on ne peut faire du champagne qu’avec des vins pauvres; la richesse du champagne, poursuit le vigneron champenois, c’est la pauvreté des vins de base et la bulle accroît les insuffisances aromatiques. »
Toujours selon monsieur Pol Roger, poursuit Thierry Debeur : « Ce qui est important, c’est la franchise du fruit et les bulles sont les haut-parleurs (amplificateurs) des arômes. En outre, l’effervescence est un écran de protection contre l’oxydation. »
Puis Thierry Debeur déclare que les champagnes Pol Roger sont élégants, harmonieux et frais, il décrit ensuite les champagnes dégustés en compagnie de Monsieur Pol Roger lui-même : Brut 1998, (10663123 – 78$); Brut Chardonnay 1998 (10663266 – 84$); Cuvée Sir Winston Churchill 1996 (892166 – 167$). --- Si vous êtes intéressé aux Lettres Gourmandes ou aux autres publications de Thierry Debeur, communiquez avec lui au 450-465-1700 ou, sur internet : www.debeur.com
Le vin et la moutarde
Ce n’est pas une fable de La Fontaine, non plus qu’un conte de ma plume, encore qu’il s’agisse du titre que j’avais donné, en 1991, à un article écrit pour « Plaisirs de la table », magazine québécois aujourd’hui disparu. Voici mon propos :
« On aurait tendance à croire que vin et moutarde ne sauraient faire bon ménage. Pourtant, il peut être intéressant de tenter certains rapprochements. Évidemment, si on utiliser la moutarde comme condiment, donc avec plus ou moins de vinaigre, il pourrait être hasardeux de verser de grandes bouteilles pour accompagner alors les assiettes. Un vin léger, fais, un rosé, par exemple, ferait l’affaire.
Avec un « lapin à la moutarde », recette traditionnelle et classique, la moutarde sert d’assaisonnement et elle est liée à la sauce. Je recommanderais alors un crozes-hermitage ou un saint-joseph. Les parfums de la syrah, cépage utilisé pour ces vins, se marieront bien à la préparation culinaire. (aujourd’hui, je proposerais plutôt, un côtes-du-rhône générique ou villages, plutôt qu’un cru célèbre comme écrit plus haut).
Je continuais mes réflexions : « Je crois qu’un bourgueil ou un chinon du Val de Loire, à cause du cépage, le cabernet franc, herbacé et un peu sévère, pourraient s’associer au plat. Je verrais aussi un chianti, un rioja d’Espagne ou autre vin au caractère marqué. Ce qui est dit pour le lapin vaut pour toute viande à laquelle on aurait associé de la moutarde.
En fait d’association de mets et de vins, les goûts ne se discutent pas. On ne fait que des suggestions et on doit toujours respecter les personnes qui ont des prédilections différentes de celles qu’on propose. Elles peuvent avoir raison…
La France des Vignobles
Quand on part en voyage, on se procure, bien souvent, un Guide Michelin pour tracer un itinéraire et connaître les points à ne pas manquer. « Le Guide vert » est un outil très utile en voyage. Or, Michelin a publié, en 2005, un Guide « La France des vignobles » qui vous ouvre de nombreuses perspectives de circuits dans les vignobles français.
Le cinquième itinéraire proposé est la CHAMPAGNE. En début de chapitre, on peut lire : « … ce vin, né mystérieusement de la rencontre entre un terroir, le savoir-faire des vignerons et le génie commercial des maisons de négoce est connu dans le monde entier… ».
Pour une trentaine de dollars, un « petit livre vert » fort intéressant qui pourrait servir de cadeau de Noël (ou d’étrennes) à un amateur qui a déjà tout. De lecture facile et agréable, le bouquin, du format des autres guides verts est divisé en chapitres pour chacune des principales régions viticoles de France. De l’Alsace (numéro 1) au Sud-Ouest (numéro 14), en passant par le Beaujolais (numéro 2) et la Savoie et le Bugey (numéro 13) on parcourt les rangs de vignes français avec délectation. « La France des vignobles » présente des cartes en couleur qui montrent l’emplacement des crus, des appellations et autres désignations fort utiles. Ainsi, saviez-vous que « pommard » tirait son nom d’un temple antique dédié à Pomone, divinité des fruits et des jardins ».
Ouvrez donc une bouteille de pommard et savourez le délicieux nectar qu’y donne le pinot noir en rêvant que Pomone continue à protéger les vignerons et tous les amateurs de bons vins… de Bourgogne!
Bonne fin de semaine!
Un très beau Noël!
Joyeuse fin d’année et
À L’AN PROCHAIN!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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