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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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Samedi le 23 juin, 2001
Demain la Saint-Jean-Baptiste, il y a longtemps qu’au Québec, on fête le solstice d’été les jours les plus longs de l’année. D’ailleurs, dans l’Antiquité les hommes et les femmes étaient fascinés par ce phénomène des jours qui changent continuellement de durée et les jours les plus longs, qui correspondent aux nuits les plus courtes, donnaient lieu à des célébrations au cours desquelles le vin coulait généreusement, comme bien l’on pense.
Autant en profiter, nous aussi, pour fêter les jours plus longs d»’autant plus que cette année, ils sont particulièrement chauds. Tout invite à se rafraîchir le gosier. Mais n’abusons pas des bonnes choses, le vin n’est peut-être pas la boisson la plus désaltérante. L’eau y réussit beaucoup mieux. Mais que cela n’empêche pas de se verser quelques rasades de bons vins frais, blancs ou rosés, de quelque zone de production qu’ils viennent.
VINS DU RHÔNE ET CUISINE QUÉBÉCOISE
Bien connu au Québec et ailleurs dans le monde du vin, Jacques Orhon est une sommité en qui a grande confiance. Il a répondu à la publication «Au fil du Rhône» qui le questionnait «Quels sont les atouts en matière d’accord mets et vins?» : «Les Québécois découvrent depuis quelques années, la magie de l’harmonie des mets et des vins. Ils aiment choisir des cuvées qui ont du caractère avec une cuisine parfois relevée, souvent goûteuse… Olives, tomates, champignons, herbes et épices participent aux préparation culinaires avec beaucoup de succès et les vins des Côtes du Rhône se retrouvent dans cette cuisine haute en couleurs et en saveurs.»
C’est le moment de verser les sélections du Cellier des Dauphins qui ne déçoivent jamais. Ou encore, en blanc le Côtes du Rhône de Guigal 290296, à 16,40$;
ou le Saint-Esprit, de Delas, 053264 : 11,00$ -- Le choix en rouge est plus important : une bonne douzaine de côtes du Rhône générique, autant de villages, dans les produits réguliers. On trouve plusieurs dizaines de côtes du Rhône en spécialités, sans compter les villages et les appellations régionales : Cornas, Côte-RôtieCrozes-Hertiage, Gigondas, Hermitage, Lirac, St-Joseph, Vacqueyras et un beau nombre de châteaunef-du-pape.
On boit les vins trop jeunes
C’est ce qu’écrit Denis Saverot, le rédacteur en chef de la Revue du Vin de France, dans son éditorial de mai 2001. Bien sûr, il parlait des «grands vins» de châteaux, de domaines ou de grads crus. Les vins de consommation courante, on les boit et on doit les boire dans leur jeunesse.
Denis Saverot reproche aux Français de boire leurs vins trop jeunes, même s’il admet que les vins de grande garde ne représentent que 5% du vignoble français. Mais justement, il s’insurge contre le fait que «des restaurants offrent des corton-charlemagne qui n’ont pas trois ans… Comment ne pas hurler, écrit-il, quand un sommelier vante les mérites d’un grand médoc… alors que la bouteille n’a pas 5 ans.
Puis il rapporte les propos de Michel Bettane, une sommité en France : ‘un Lafite Rothschild de cinq ans n’est pas un Lafite’… Tout le monde devrait écouter Micxhel Bétane, conclut Denis Saverot».
Ce n’est pas tellement un problème pour 95% des amateurs de vins du Québec qui, pour la plupart, ne peuvent se payer le Lafite… Il y en a, bien sûr, ils doivent savoir, ceux-là, qu’il ne faut pas boire trop tôt!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca
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