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| Trinquer en l'honneur d'un centenaire... |
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Samedi le 23 août, 2008 |
Avec la fin du mois d’août et le début de septembre on peut bien dire que l’été(?) est fini… place à l’automne et à des fêtes gourmandes plus élaborées. C’est le moment choisi par les Cantons de l’Est pour lancer la Fête des vendanges. Plusieurs jours et de nombreuses heures de découvertes gastronomiques et vineuses de même que de rencontres enrichissantes avec nos artisans du terroir et de notre agriculture.
La 15e édition de la Fête des vendanges a lieu, cette année, les 30, 31 août et 1er septembre de même que les 6 et 7 septembre à Magog-Orford – Pointe Merry, sur les bords du très beau lac Magog.
Il y aura de nombreuses dégustations, des visites à effectuer, le Bal des Vendanges, le 30 août, dès 18h, des brunches les matins du Festival, des comptoirs de vins et de liqueurs, de fromages et de charcuteries… On ne peut tout décrire, ici même, faites-en vous-même la découverte, sur place, cela en vaut la peine. Pour plus de détails allez sur le site : www.fetedesvendanges.com --- Ou téléphonez : 1-888-847-2050 – 1-819-847-2020.
Porter un « toast »
ou trinquer
Je croyais que « trinquer » voulait dire consommer, boire, déguster. Alors que le dictionnaire précise : « choquer légèrement son verre contre celui de quelqu’un avant de boire ». Ce serait synonyme de « boire à la santé de quelqu’un ou au succès d’un événement ».
Il y a plusieurs explications à ce geste. Précisons d’abord que trinquer vient de l’allemand « trinken » qui veut dire boire, « to drink » en anglais. On trinque, de nos jours, au moment de formuler un vœu ou de prendre un engagement ou encore de saluer un personnage important; on dit plus souvent alors « porter un toast ».
Trinquer, au Moyen Âge c’était justement choquer son verre sur celui d’une autre personne, faisant en sorte que les liquides se mélangent l’un dans l’autre montrant qu’aucun des liquides n’était empoisonné… pratique relativement courante à cette époque, entre gens de même classe : nobles, seigneurs ou autres notables
Le fait de frapper les verres, a donné l’expression « Tchin! Tchin! », imitant le bruit des contenants entrechoqués. C’est évidemment pas l’oreille qu’on réalise le plus l’effet de trinquer ce qui fait dire à certains que ce cinquième sens a maintenant son rôle en dégustation qui se réalise par la vue, l’odorat et le goût, auxquels se joint le toucher par la manipulation des verres et des bouteilles. Il restait l’ouie, maintenant favorisée par le choc des verres…
Quant au « toast »
À l’origine, c’est une tradition française qui a donné son nom. Porter un toast c’est boire à la santé de quelqu’un. Voici ce que j’ai trouvé, en furetant dans de vieux papier : « En ancien français, le « toste » ou la « tostée » désignait une tranche de pain grillé que l’on trempait dans du vin. Vers 1 700, on disait qu’on « toastait une dame » lorsque l’on buvait à sa santé, en son honneur. Par extension, l’expression « porter un toast » s’est appliquée aussi bien aux hommes qu’aux femmes.
Dans L’Encyclopédie des expressions, on apprend que : « au XIe siècle, il était d’usage de mettre une tranche de pain grillé et épicé, la tostée, au fond d’une coupe de vin pour honorer une personne en particulier. La coupe faisait le tour de tous les convives qui en buvaient une gorgée. La dernière personne, celle qui était célébrée avait le privilège de vider la coupe et de manger la tostée imbibée d’alcool (de vin, en général).
Quelques années plus tard, la pratique est entrée en Angleterre qui a « anglicisé »le mot en « toast ». Ce serait beaucoup plus tard, au XVIIIe siècle que le terme serait revenu en France, dans l’expression « porter un toast » ou, si on veut, lever son verre à la santé de quelqu’un ou du succès d’une entreprise… »
On pourrait allonger les faits et anecdotes. Ce qui m’amène à vous faire savoir qu’un grand bonhomme des Côtes-du-Rhône, a marqué, ces jours-ci, son 100e anniversaire de naissance.
Jean BERGOUGNOUX
Pourquoi je fais le lien entre ce grand monsieur et les mots de la langue française? C’est qu’il y a plusieurs années, j’ai fait un « voyage de presse » organisé par la SOPEXA, dans le Beaujolais et les Côtes-du-Rhône. Dans ce dernier vignoble, nous avons justement rencontré M, Bergougnoux considéré comme un grand défenseur des vins rhodaniens et, comme professeur émérite, il corrigeait les fautes de français…
C’est durant le trajet entre une des caves et le restaurant où nous allions prendre le déjeuner (dîner pour nous…) que j’ai appris qu’il fallait dire « tâtevin » même si on écrivait « tastevin » de même que « côtes du Rhône » malgré que la confrérie arborât un « s » en remplacement de l’accent inexistant à l’époque.
M. Bergougnoux conduisait son auto « a tombeau ouvert » me montrant des sites et autres endroits naturels bien beaux en effet mais comme j’aurais voulu qu’il regarde devant lui, plutôt que tout autour… Mes jeunes collègues journalistes dont Claude Langlois, Louis Tellier et d’autres, rigolaient derrière nous voyant comment le bon Bergougnoux conduisait de façon erratique voire dangereuse. Contre toute attente, nous sommes tous arrivés à bon port et nous avons pu goûter le bon repas et les excellents vins qui l’accompagnaient. J’ai encore en mémoire et le voyage et les instants périlleux que j’ai vécus en compagnie d’un grand monsieur à qui je souhaite, pour SES CENT ANS, bonne santé et encore de nombreuses années sur les bords du grand fleuve qu’est le Rhône.
Bonne fin de semaine!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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