 Vacances en Pénichettes® Locaboat Holidays
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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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Samedi le 02 avril, 2005
Oh! Là… jusqu’où peut-on aller? On voudrait faire des amateurs de vin des génies qui connaissent en détail les composantes du jus de la vigne et savent composer les meilleures alliances des mets et des vins…
Depuis quelques semaines, on ne parle que des liens entre les vins et les plats qui les accompagnent. Jacques Orhon, professeur-sommelier bien connu et ambassadeur du vin au Québec, a reçu une nomination mondiale bien méritée, pour son livre paru il y a quelques mois, sur les accords mets et vins. Un premier prix lui a été offert alors qu’une dizaine de concurrents du monde entier le sollicitaient. Honneur à notre collègue.
Cependant, un dernier bouquin paru chez nous récemment, proposerait des alliances mets et vins, à partir des connaissances que le dégustateur possèderait au sujet des cépages et des terroirs. On sait que plus de 90% des amateurs de vin ne savent ni les tenants ni les aboutissants du vin… Ils en sont encore, les heureux humains, à rechercher leur plaisir, et ils ont bien raison.
Je n’ai pas lu « À table avec François Chartier », le dernier bouquin du meilleur sommelier du Canada, il y a quelques années. Robert Beauchemin a écrit un commentaire lors de sa recension du livre de Chartier. « Chartier, écrit-il, pense que la recherche des harmonies commence à partir d’une base technique ». Allons donc, j’imagine madame et monsieur l’amateur de vin, qui aime ce noble produit et qui ne veut lui demander que du plaisir…établir ses choix de vins sur une base technique.
Faudrait-t-il que pour s’acheter une bouteille de Mouton Cadet, ou un brouilly, ou un riesling, parce que ce soir, on se fera un steak, ou un bœuf bourguignon ou une tarte flambée, qu’on apprenne que ledit mouton-cadet est un bordeaux issu d’un assemblage de deux ou trois cépages de la Gironde, que le brouilly est un vin monocépage issu d’un terroir granitique du sud de la Bourgogne ou encore que le riesling d’Alsace offre des arômes bien spéciaux qui font penser au pétrole, èa cause du sol où il pousse? Que non!
Il est admissible qu’on veuille faire le meilleur choix de vins pour accompagner ses recettes préférées, mais de là à vouloir faire de tout amateur un laboratoire ambulant, je ne marche plus. Je félicite les œnophiles qui suivent des cours sur le vin. Je suis bien aise de constater que les Québécoises et les Québécois sont très ouverts à connaître de plus en plus la vigne, le vin, la viticulture et l’élaboration des vins, mais on ne peut tous être des œnologues.
Le menu quotidien
Hélène-Andrée Bizier n’en est pas à son premier livre sur la gastronomie. Historienne renommées, elle s’est spécialisée entre autres sujets en recherchant les habitudes alimentaires des premiers immigrés de Nouvelle-France. Madame Bizier vient de publier « Le menu quotidien en Nouvelle-France » que j’ai parcouru avec intérêt. J’avais eu moi-même à traiter des traditions gourmandes des premiers colons, quand j’avais été invité à donner une conférence sur l’évolution du goût chez nous, à Lyon, en 2002.
Dans mes recherches pour présenter mon papier, j’avais eu recours à Jacques Lacoursière autre historien réputé qui m’avait appris bien des faits sur les habitudes et mœurs des nouveaux canadiens. Dans la même période, j’avais pris connaissance d’une étude effectuée à l’Université Laval qui révélait que « dès le 17e siècle, les bateaux en provenance de France acheminaient chaque année quelques centaines de milliers de litres de vin en barriques, à Québec. »
Pour montrer l’évolution des habitudes de consommation de vin et autres alcools, j’avais découvert des données dans LE SOLEIL du 4 décembre 2002 qui démontraient l’évolution du goût des Québécois.
Au tournant de la deuxième moitié du 20e siècle, soit vers les années 1950, on buvait, à l’apéritif : du Royal de Neuville, un mousseux rosé très doux de la Loire – au repas, on servait du Manor St.David, vin blanc d’Ontario très sucré, provenant de moûts importés – pour finir, c’était du vin St-Georges. imitation de xérès ou de porto.
20 ans plus tard, autour de 1970, on trouvait sur les tables québécoises
Un bon mousseux èa l’apéritif – pour le repas, on versait un bordeaux générique d’un nom connu comme le Mouton Cadet et en fin de repas, les messieurs sirotaient un cognac et les danes une crème de menthe sur glace.
Aujourd’hui, Avant le repas on sert souvent du véritable champagne – au repas, on verse des vins rouges de qualité notamment de France ou d’Italie, quoique les vins des nouveaux pays producteurs soient très prisés, surtout à cause de leurs prix abordables. Et pour finir, il n’est pas rare de voir arriver un plateau de fromages fins accompagné d’un doigt de porto.
Les chroniqueurs en vin, les cours sur le vin et autres sources de renseignements et d’informations sont la base du progrès que nous vivons. L’arrivée de nouveaux produits et, il faut bien l’admettre, la compétence évidente du personnel des succursales de la SAQ sont aussi responsables de nos progrès. Il ne nous reste qu’à continuer.
Mais ce qui importe le plus… c’est le plaisir que nous avons à goûter du vin et à en découvrir de nouveaux.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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