Samedi le 25 novembre, 2006 |
Internet fournit de multiples informations et des renseignements des plus utiles, sur le vin. Mais je ne crois pas qu’il y ait meilleure source qu’un bon LIVRE ou un magazine spécialisé dans lesquels un auteur donne ce qu’il a de plus précieux.
À ce propos, je viens de me procurer le « Dictionnaire amoureux du Vin » de Bernard Pivot. (éd. Plon – 39,95$) - Oui! Oui! C’est bien le Bernard Pivot, journaliste et écrivain réputé qui a présidé de nombreuses émissions de télévision, après avoir été rattaché pendant de nombreuses années à l’Express, l’hebdomadaire français.
Je crois comprendre que la maison Plon a une collection d’ouvrages sous la rubrique « dictionnaire amoureux de… ». Il y a la science, plusieurs pays, dont l’Inde, la Russie, la Grèce et plusieurs autres, dont celui de a cuisine... et voici le Dictionnaire amoureux du Vin.
Le bouquin de Pivot est une source très riche d’anecdotes, de propos joyeux, de renseignements historiques et œnologiques bien appréciés. En voici un exemple, à propos de la « chaptalisation » qui consiste, comme on le sait, à ajouter du sucre à un moût de raisin pour en augmenter le degré alcoolique.
Dans le Dictionnaire amoureux du vin, on peut lire sous le titre : CHAPTALISATION. « Les viticulteurs de l’Antiquité avaient déjà compris que du sucre pouvait rendre un vin moins rêche. Parmi les nombreuses substances qu’ils ajoutaient dans les jarres et les cratères, figuraient le miel et l’hydromel. C’est le chimiste Jean-Antoine Chaptal (1756-1832) qui, d’un néologisme tiré de son nom, passe pour être l’inventeur du sucre des moûts, alors qu’il en a été surtout le théoricien et le vulgarisateur. »
On apprend encore que, malgré ce qu’on en pense aujourd’hui, plusieurs inventions reliées au vin remontent avant notre ère; « les hommes de la vigne et du vin d’alors, écrit Bernard Pivot, ont quasiment tout inventé… et il cite : l’ampélographie (science des cépages), le vieillissement, la notion des millésimes, les fêtes des vendanges, le pressoir, la cive et le chai, le bouchon et le tonneau, les coupes puis les verres à boire, l’alliance du pain et du vin (déjà, par ailleurs, cités dans les Évangiles) les sommeliers, etc. etc. À lire sous le titre « Antiquité ».
TROP D’ALCOOL
Dans le dernier numéro de la Revue du vin de France (no 505 – octobre 2006) l’éditorialiste Denis Saverot regrette que « le titre alcoométrique moyen de nos vins n’en finit pas de s’envoler. »
L’auteur admet que durant quelques décennies, la viticulture avait « légué des vins souvent secs et fluets », dû à divers facteurs.
Denis Saverot poursuit : « Les dégustateurs professionnels, eux-mêmes, ont leur part de responsabilité dans cette dérive. Ils jugent trop rarement le vin à table. Or, on sait que des bouteilles imposantes à l’aveugle peuvent se révéler lourdes ou indigestes devant l’assiette. »
L’auteur recommande aux amateurs qui en ont marre des taux d’alcool exagérés de se tourner vers d’autres productions. Il propose de « miser sur d’autres régions, comme la Loire qui propose les vins les plus digestes du vignoble français. »
Idem pour Nicole Barrette Ryan
Le magazine québécois Vins & Vignobles, sous la plume de la rédactrice en chef, tient les mêmes propos, dans le numéro de novembre 2006. « Élevée au goût du vin français, sec, franc, net, plus complexe à mesure que l’on monte dans les appellations, je me trouve maintenant confrontée, de plus en plus, à des vins sucrés, parfumés artificiellement, très alcoolisés, si denses qu’on pourrait y enfoncer la fourchette ou le couteau. Où va le vin? » (J’invite madame Ryan à lire les propos de Saverot, dans la Revue du vin de France… à propos des vins français, justement).
Nicole Barrette Ryan reproche aux producteurs et négociants d’une part d’influencer le consommateur puis de se plier à toutes ses fantaisies. D’ailleurs il me semble que les chroniqueurs et autres journalistes du vin sont aussi responsables des tendances actuelles. On voit très souvent des amateurs à la recherche d’une étiquette fortement recommandée, se faufiler à travers les étagères des succursales de la ASQ, guides ou chroniques sur le vin, de la semaine, en main.
J’invite expressément les amants du vin à lire plus d’une chronique… Ils pourront mieux se faire une idée. Je vais même jusqu’à recommander que l’on fasse soi-même ses expériences quitte à se tromper par ci par là… Votre goût personnel vaut celui de quiconque! Fiez-vous y.
Bonne fin de semaine!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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