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| Une page blanche |
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Samedi le 02 mai, 2009 |
« La page blanche », pour un écrivain, un journaliste, un chroniqueur ou tout autre scribe, est un véritable cauchemar. C’est un peu ce qui m’arrive aujourd’hui, en voulant vous proposer ma chronique du samedi « potins de bouteille ». Je ne trouve pas… Pourtant, j’ai eu, mercredi soir dernier, deux types de rencontres des plus agréables et instructives.
D’abord, vers 17h30 je suis allé, à l’invitation de l’agence Charton & Hobbs, faire un saut à l’hôtel Loews le Concorde où étaient réunis une dizaine de vignerons ou responsables de vin, de France, d’Espagne et du Portugal.
J’y ai retouvé avec grand plaisir Françoise et Jean-François Janoueix du Bordelais, le représentant du vignoble Château de Maligny en Chablis, celui de la cave de Pfaffenheim, en Alsace et principalement Régine Sumeire de Provence.
En voyant Régine je me suis rappelé les bons moments que nous avions passés chez elle, mon épouse et moi, il y a quelques années. Nous étions hébergés et nourris à sa résidence personnelle, à Gassin, dans la péninsule de Saint-Tropez, plus précisément au Château de Barbeyrolles dont Régine qui l’avait acquis en 1977 exploite le vignoble d’une vingtaine d’hectares.
Je ne vous raconterai pas les bons moments que Régine et sa mère Paulette nous ont fait vivre lors de notre séjour en Provence, mais je peux dire que les vins que produit cette vigneronne magnifique le sont tout autant qu’elle. Je vous invite à goûter et déguster les vins blanc et rouge Tour de l’Évêque, produits à Pierrefeux, dans le Var, l’autre vignoble de ,ada,e Sumeire, de même que rosé si délicat Pétale de Rose, dont le millésime 2008 est présentement en succursale. En importation pricée, chez Charton & Hobbs, on peut avoir le 2005 du château de Barbeyrolles à 45$ - on rejoint l’agence au www.chartonhobbs.com
Les Janoueix
Un couple charmant que Françoise et Jean-François Jeanoueix propriétaires de plusieurs vignobles dans le Libournais dont les châteaux Haut Sarpes, La Gasparade, Croix Mouton et autres. Les Janoueix ont des vigneobles en Saint-Émilion et Pomerol.
J’ai rencontré les Janoueix à plusieurs reprises et je souhaiterais pouvoir le faire encore bien des fois et très souvent tant ces gens sont chaleureux, amicaux et sympathiques, tout plein. Lors de leur récent passage à Québec, j’ai regoûté avec plaisir le château Haut Sarpe 2004, tout en finesse, en harmonie et en fruit.
Le fils Janoueix, Jean-Pierre, fait un très beau château La Gasparade dans les Côtes de Castillon. Il suit les traces des ancêtres, Jean-Pierre et il mérite bien de tenir son rang c’est très prometteur. Loin de prendre ombrage des succès de son fils Jean-François prend plaisir à le faire goûter et à le recommander. Super!
J’ai aussi renoué avec les superbes chablis du Château de Maligny, avec les plaisants vins du château Villerambert Julien de même que ceux du Mont Tauch dont les vignerons m’avaient fait l’honneur de me recevoir Chevalier de Fitou, il y a une quinzaine d’années. Les alsaces de la cave de Pfaffenheim sont toujours bien plaisants et on devrait y revenir plus souvent, principalement en cette saison du crabe et du homard.
C’est passé…
Le traumatisme de la « page blanche » est passé. Voici donc quelques mots sur la deuxième rencontre de la journée du mercredi 29 avril. À 19h30 j’ai retrouvé un excellent ami, le réputé historien Jacques Lacoursière, qu’avait invité le Cercle des loisirs du complexe domiciliaire où je demeure à Québec.
J’avais une double raison de prendre part à la conférence que Jacques Lacoursière était venu donner aux résidents, d’abord le plaisir de le retrouver lui-même et l’intérêt d’entendre ce qu’il avait à dire sur l’évolution des habitudes alimentaires au Québec, depuis la Nouvelle France à nos jours.
On en a fait du chemin depuis Jacques-Cartier et Champlain. Mais ce qui m’a le plus étonné c’est qu’au début de la Colonie on faisait régulièrement très bonne chère. Bien sûr on ne nie pas les périodes difficiles de disette et de privation, mais on a eu aussi des moments fort heureux où on se nourrissait des légumes cultivés, des richesses en végétaux et animaux des bois et des forêts, de même que des nombreux cours d’eau.
Tout le temps où la France contrôlait la Colonie, les bateaux apportaient régulièrement ce qu’il fallait pour compléter les approvisionnement incluant les boissons, donc le vin. Avec l’arrivée de la suprématie des Anglais, la Colonie recevait encore ce dont elle avait besoin, même si le tout devait transiter par la Grande Bretagne.
Une anecdote que me fait toujours rire et qu’a rappelée le conférencier est qu’au début de la Nouvelle France et ce jusqu’à il n’y a pas si longtemps, la religion imposait des règles bien strictes en ce qui concernait la table et l’alimentation. Les vendredis, on ne mangeait pas de viande, durant tout le carême et l’avent (quelques semaines avant Noël) et en d’autres occasions, on devait faire maigre et même maigre et jeûne.
Or, si les lacs et les rivières de même que la forêt fournissaient, en ces temps là, une bonne partie des victuailles des premiers habitants. On mangeait facilement du chevreuil, de l’orignal et bien des oiseaux, voire même du castor. À ce propos, Jacques Lacoursière écrit : « Si le castot est surtout chassé pour sa fourrure, plusieurs Canadiens ne dédaignent pas sa chair. Mais il y a un problème, le castor est-il animal ou poisson? »
Jacques Lacoursière écrit que « Les autorités religieuses de la colonie ont présenté le problème à de doctes théologiens de la Sorbonne qui ont conclu que le castor était du poisson…! (Autre temps autres mœurs… n’est-ce pas?).
Que buvait-on en Neuve France?
On n’a peut-être pas fait de vin dans les premiers temps de la Nouvelle France, mais on a fait de la bière, très tôt et surtout, le fameux « bouillon » obtenu par « une pâte crue levée, cuite dans l’eau puis rassise et séchée. On en jetait une boule de la grosseur d’un œuf dans un pot d’eau. La fermentation de la pâte contribuait à alcooliser légèrement le liquide. » En boiriez-vous aujourd’hui? Pour ma part, je préférerais un bourgogne, même léger, un côte-du-rhône ou tout autre bon vin issu de raisins bien mûrs et vinifiés dans les règles de l’art.
Bonne fin de semaine! J’ai réussi à noircir près de trois pages blanches! Il ne faut jamais me donner l’occasion de noircir du papier.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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