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| En guise de conte... |
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Samedi le 26 décembre, 2009 |
Je viens de recevoir (samedi 19 décembre), par voie de communiqué du Bureau de la FIJEV (Fédération internationales des journalistes et écrivains sur le vin), ce texte amusant qui me servira de conte du temps des Fêtes et de fin d’année. Bonne lecture.
Je fais suivre ce «poème» hallucinant de jeux de mots sur les appellations de vins français, d’un commentaire tout à fait à point de mon bon ami Jean-Pierre Beltrami.
J’en profite pour vous souhaiter de joyeuses fêtes de changement d’années, en espérant pour vous que 2010 soit remplie de belles et bonnes choses dont d’intéressantes découvertes vineuses.
BELLE HISTOIRE DE GRAND CRU CLASSÉ
Il m’est arrivé une histoire dont il faut que je vous donne, si je puis dire, «le primeur».
Cela s’est passé au bal de la Nuit St-Georges. J’ai rencontré Syrah qui ne levait pas les yeux de cépages de lecture et sa cousine, la petite Juliénas, une fille vraiment Gigondas, un sacré beau Meursault, bien charpentée ; un grand cru classé, de la cuisse et une robe vermillon aux subtils arômes de cassis et de fraises des bois.
Nous avons dansé Anjou contre Anjou sur un Sylvaner à la mode et lorsque je lui ai proposé de l’emmener chais moi, dans mon Châteauneuf-du-Pape, elle est devenue toute Croze-Hermitage. Le temps de poser un Chablis de laine sur ses épaules, de nouer un petit Corton dans ses cheveux mousseux, et sans oublier son petit Barsac à main, elle est montée dans ma Banyuls en robe Fleurie.
Nous avons roulé toute la nuit en pleine Champagne au milieu d’immenses Chambertin de blé. -- Au matin, nous étions trop fatigués pour hanter les trop nombreux Châteaux qui jalonnaient les routes empruntées au hasard ; Pétrus, Margaux, Mouton Rothschild, Latour, Lafitte Rothschild, Haut-Brion aux Frontonnais ornés d’anges Vougeot mais nous avons pu admirer des Beaujolais Moulin à vent qui, comme nous, avaient des ailes.
Ah, quelle belle journée ! Je Fitou pour lui faire plaisir. Nous avons joué à colin-Mayard dans les vignes de Châteauneuf-du-Pape. Nous avons roulé puis visité un Buzet. Nous nous sommes baladés Entre-deux-mers, nous avons Vacqueyras sur la plage, les pieds dans l’eau Clairette, nous nous sommes Pouilly-Fuissé dans les dunes et puis comme le Mercurey montait sérieusement et qu’elle commençait à avoir les Côte Rôtie, j’ai décidé de rentrer.
Mais voilà, nous nous sommes retrouvés coincés dans les bouchons. Alors je commençais à Minervois sérieusement ; et bientôt nous nous sommes crêpé le Chinon, Juliénas et moi ; nous voilà Brouilly ! - C’est Cahors qu’elle a hurlé ; « je veux descendre ! » J’ai stoppé. Elle a claqué la Corbières de la Banyuls qui n’était pas une Cadillac et a disparu.
Elle s’est Sauvignon avant même que j’aie le temps de la Sauternes dans un doux Lirac aux draps de satin ! Est-ce cela, prendre un Rasteau ? Je me retrouve comme Macon, un Pommard, un Condrieu ! Pas de quoi Riesling, au contraire, je Vouvray pleurer. Mais je dois réagir, il faut savoir laisser son Bourgueil au vestiaire car Juliénas est la femme de ma vie. Je vous Jurançon, j’en suis Tokay, je l’ai dans le Pauillac. Ah ! Limoux, toujours Limoux !
Et Saint-Pourçain que j’ai couru dans Lalande, les Faugères et les Chardonnay, pour la retrouver mais Loupiac ! Pas de Juliènas !
J’étais triste et j’avais très soif ! Je rentrai dans un Cabernet de village et je bus Quatourze verres de grands crus classés. J’étais saoul Graves mais je retrouvai enfin ma Banyuls ! Je m’affalai sur la Blanquette et je compris que même en Visan je ne pourrais reprendre la route.
Je dormis longtemps puis repris mes recherches. Je suivis le Bordeaux d’un canal puis me perdis dans un Arbois sombre et priai Saint-Joseph et Saint Esthèphe. Derrière un vieux Saumur de pierres j’entendis soudain le son Pétillant de Savoie. Je la retrouvais enfin ! -- Elle était là, devant moi, en Gros-plant : « Ah, ma Touraine, ne fais pas ta Pomerol, et ne t’en vas plus Gamay, je ne le supporterai pas »
Elle est tombée dans mes bras en Madiran comme je n’avais jamais été admiré. « Ne m’en veux pas, dit-elle, je voulais juste obtenir la preuve que ton Saint-Amour était vraiment Sancerre ! ». Depuis on ne sait plus cuiter... et je de Vinsobres…
Mais permettez-nous, exceptionnellement, de lever un verre à votre santé !
Bernadette Thurmelle (2007)
Et maintenant, les réflexions d’un SAGE :
Mon bon ami Jean-Pierre Beltrami qui fut, pendant quelques décennies, consul honoraire de la Suisse, à Québec et, qui plus est, se proclame grand amateur de vins de Bourgogne, m’envoie la réflexion suivante que je reproduis sans lui en demander la permission; comme je partage son opinion, il ne peut que me pardonner cette indiscrétion qui pourtant est tout à fait dans la note, avec ce qui vient de se passer à Copenhague…
Après bien des années de réflexions, écrit Jean-Pierre Beltrami, j'ai enfin.....enfin trouvé pourquoi, ma femme te moi, n'avions plus le même plaisir à boire nos vins....surtout le Bourgogne, deuxième patrie de nos goûts vineux.
Est-ce l'âge.....est-ce le manque d'agressivité de nos papilles......
Eh ! bien non !
Dans cette période où tout le monde s'est intéressé au climat ( enfin ) j'ai visionné de nombreux films sur le sujet.Catastrophes par- ci....état-combes par- là.....nos icebergs fondent, mais au moins cela donne de l'eau......mais...mais.....en Bourgogne, le raisin va pas bien...il mûrit trop vite....il s'acidifie.....les raisins ne sont pas égaux dans les grappes....c'est le bordel....
puis, ils sont rendus à faire les vendanges fin août.
Apocalypse.....
Alors.....nous allons arriver, lors des intronisations dans nos confréries bachiques, à remplacer le:
.....Bois ce vin et soit bon comme lui......
PAR:
....En prenant ce liquide....essaye de te souvenir !
Beltrami
Gardien de la Tradition !
Je n’ai pas besoin d’ajouter quoique ce soit!
Bonne année 2010, nous aussi, en tentant de NOUS SOUVENIR.
Jean-Gilles Jutras,
Ambassadeur du vin au Québec
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Recherche dans
Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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