Le gamay en perte de vitesse??? Ce serait vraiment surprenant que les vignerons du Beaujolais abandonnent ce cépage qui les a menés au faîte de la gloire et de la prospérité. En fait, tout le monde sait que le beaujolais, que ce soit le générique ou celui des dix crus est élaboré avec un seul cépage, le gamay, tout comme les vins de Bourgogne, tant les blancs que les rouges.
Or, dans la dernière parution de la Revue du Vin de France, no 501, mai 2006, un titre m’a fait sursauter : «Beaujolais, fin de règne pour le gamay», écrit-on et, sous le titre, les lignes suivantes «La crise aidant, le monocépage gamay est perçu comme une faiblesse. Des vignerons voudraient essayer la syrah, le pinot ou le gamaret.» Pour les amateurs, le « gamaret » est un cépage créé, en Suisse, dans le canton de Vaud, par croisement de gamay noir et de reichensteiner).
On donne plusieurs raisons à cette orientation prise par quelques viticulteurs. Je ne suis pas prophète, mais j’ai beaucoup de misère à croire que dans le pays de Clochemerle, on abandonnerait le gamay du moins comme cépage unique pour faire du vin.
L’article prétend que le terroir beaujolais serait «une des dernières régions à pratiquer le monocépage, en rouge, (avec la Bourgogne voisine)» précise-t-on.
Mais on semble oublier qu’en Côte Rôtie, dans les Côtes-du-Rhône voisines, la syrah est unique dans plusieurs grands vins, que dans le Piémont, le barolo et le barbaresco proviennent de cépage unique, et il y en a d’autres, sûrement!
Bien sûr, on en convient, le monocépage est une faiblesse; «dans le cas d’une année médiocre, écrit encore RVF, point d’assemblage salvateur…».
On souhaiterait aussi avoir des cépages plus tardifs pour compenser les effets du réchauffement climatique », Tout cela est assez complexe, n’est-ce pas, mais encore une fois, je ne suis pas convaincu qu’on prenne la bonne direction. C’est évidemment à suivre.
LE POINT
Le réputé magazine français LE POINT vient de publier un Hors-Série sur le vin. Par les années passées, ce spécial vin était intégré à un numéro régulier et Jacques DUPONT, entre autres, prenait en charge les analyses et les commentaires sur le vin.
Cette année, on a publié un numéro spécial daté avril-mai 2006. Un format facile et pratique regroupant 160 pages d’informations sans publicité. Un outil fort intéressant et utile pour tous les amateurs qui voudront conserver ce document dans leur bibliothèque pour s’y référer au besoin.
Je note, en passant, ce paragraphe sur les vins rosés : «Déclinés en nombreuses appellations, principalement méridionales, les rosés ont longtemps été sous estimés, parfois même méprisés. Ils redorent aujourd’hui étonnamment leur blason, la demande augmente, la qualité aussi. » -- Plus loin, la brochure aborde à son tour le problème du beaujolais. Il semblerait, ai-je lu, que le président de l’interprofession, souhaiterait qu’on arrache 3 000 hectares de vigne, soit un huitième du vignoble. Autre affaire à suivre! « LE POINT – spécial VINS », un petit fascicule qui arrive à son temps (9,95$ - chez les marchands de journaux et périodiques).
MILLÉSIME 2006
Patrick Dussert-Gerber ne lâche pas. Il publie, encore en 2006, une « somme » imposante de près de 500 pages (chez les marchands de journaux 18,95$), comportant
le classement et les coups de cœur du chroniqueur. On peut partager les affirmations de Patrick Dussert-Gerner, dit PDG par parodie, ou on peut totalement différer d’opinion avec lui, quoiqu’il en soit, les propos de Dussert-Gerber ne laissent pas indifférent.
En parcourant l’édition de cette année, j’ai découvert, à la page 225, un article avec photos qui mont fait remonter de quelques dizaines d’années. Les propos de ces lignes est intitulé « Domaine Lamarche, le succès dans la continuité », Or, il s’agit d’une des plus respectables maisons familiales de Bourgogne, en Côtes-de-Nuits, plus précisément dans la zone de Vosne-Romanée.
Or, il y a quelques années, je m’étais joint à des professionnels qui avaient, au cours des ans, monté une petite affaire d’importation de vins des plus intéressantes, notamment à cause des produits qui y étaient listés, provenant de toutes les principales régions viticoles de France. Or, en Bourgogne, mon bon ami Pierre Vilaire avait inscrit plusieurs vins du domaine Lamarche, justement, dont La Grande Rue qui, alors était classé « premier cru » et qui, depuis a obtenu la reconnaissance de « grand cru ». La Grande Rue, d’ailleurs est un monopole, c’est à dire qu’elle est détenue par un seul propriétaire, la famille Lamarche.
J’ai eu quelques bouteilles de cette petite « grande » appellation. Je n’en ai plus, les ayant dégustées depuis un bon moment, mais j’en garde un souvenir ému. Dans le répertoire de Pierre Vilaire, on avait écrit pour le domaine Lamarche, qu’il jouxtait les Romanée-Conti, La Tâche et autres grands échézeaux.
C’était le « bon temps » reviendra-t-il? J’aimerais bien, mais…
Haro sur le tripak
Mon collègue et ami, Jérôme-Henri Dejardin, chroniqueur au quotidien LE SOLEIL, de Québec, s’en prend aujourd’hui, (26 mai), aux nouveaux « emballages » des vins ARISTA, faits de tetra pak. Évidemment, c’est tout un défi que de faire reconnaître le bien-fondé de cette nouvelle façon de présenter le vin.
Mais personne ne prétend que le verre n’a pas encore sa place, notamment, pour les châteaux, les domaines et autres grands crus. Sauf que pour les vins de consommation courante, les V.C.C., comme on dit, on n’a peut-être pas besoin d’un récipient de verre….
Je suis persuadé que si on servait un de ces vins ARISTA, de la maison Lassonde, dans des carafes de verre, on ne trouverait rien à redire car on ne peut absolument pas réaliser que ces vins n’ont pas été conservés dans le verre.
J’ai bu mercredi dernier, le 24 mai, le vin espagnol de Arista, Bistro Mundo et j’en fus vraiment satisfait. Un peu court, peut-être, mais aucun défaut. On ne se lève sans doute pas la nuit pour en boire, mais avec un repas de semaine, je m’en contente facilement, ce qui me permet, pour une occasion spéciale, d’ouvrir une bouteille d’un plus haut niveau.
Faites-en autant!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille