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Redécouvrir le muscadet...
 

Samedi le 28 juin, 2008


Il y a quelques années, déguster du muscadet était courant. Aujourd’hui, on parle très peu de muscadet. Ce qui m’amène aujourd’hui, c’est un long article paru ce mois-ci, dans le magazine québécois « Vins & Vignobles » – vol. 9 no 6, signé par David Cobbold, sous le titre « Les muscadets, au-delà du petit blanc pour fruits de mer ». Bien oui, le muscadet mérite beaucoup plus que d’être inscrit comme « faire-valoir » des poissons ou fruits de mer.

D’abord, situons le vignoble qui fait partie du Val de Loire, dans la région de Nantes, donc complètement à l’ouest de la France, jouxtant l’Océan Atlantique. L’appellation « muscadet » a été décrétée en 1937. Le vignoble couvre 13 000 à 15 000 hectares, au sud de Nantes, dans le département de la Loire-Atlantique, avec quelques prolongements dans le Maine-et-Loire et en Vendée.

A-t-on besoin de préciser qu’on ne fait que du vin blanc, dans le Muscadet. Les vignerons donnent le nom de leur région « muscadet », au principal cépage utilisé, mais en fait, officiellement c’est du « melon de Bourgogne ».

Dans un commentaire recueilli sur internet, on dit « le muscadet est parfois considéré comme un petit vin. À tort… car la région compte de plus en plus de vignerons talentueux qui produisent des vins étonnants de qualité ». À ce sujet, j’ai en mémoire une visite que j’ai faite,il y a quelques années, en compagnie de mon épouse, au vignoble Chéreau Carré. On y a vu des ceps centenaires, au Château de Chasseloir mais surtout une cave extraordinaire. Les solives et les soliveaux de la charpente sont sculptés très joliment et représentent les péchés capitaux et autres sujets plus ou moins religieux, souvent gaillards et irrévérencieux…

Ce n’est pas tout. Le vin de Chéreau Carré est fin, délicat, frais et charmeur. – Il semble qu’on n’ait que le muscadet dit de Sèvre-et-Maine, à la SAQ (365890 – 12,55$). Je n’hésite cependant pas à le recommander.

Élevage sur lie

Il est une coutume dans le pays nantais, c’est de laisser le vin sur ses lies jusqu’au moment de l’embouteillage et de la sortie. Cette pratique laisse au vin un léger pétillement dû au gaz carbonique ce qui lui donne une fraîcheur dès plus plaisantes, en été particulièrement. Dans les caves de Chéreau Carré que j’ai visitées, j’ai justement vu, en exposition, une barrique à laquelle on avait enlevé les deux fonds pour les remplacer par des plaques de verres, le tout, sous éclairage. On pouvait justement bien voir les dépôts, les lies, le résidu de la fermentation sur lesquelles est élevé le vin.

Pour l’Histoire,

Je reproduis, ici, quelques lignes du « Nouveau guide des vins de France » de Jacques Orhon, qui donne quelques renseignements supplémentaires sur cette région appelée « Pays nantais ». « Le vignoble nantais, écrit Jacques Orhon, existe bien avant le Moyen Âge, mais le portrait ampélographique (celui des cépages et de la vigne) n’était pas à ce moment là comme celui d’aujourd’hui. » L’auteur explique que seuls les vins de bonne qualité étaient autorisés à être transportés par bateau sur la Loire, vers les Pays Bas et autres contrées en périphérie de la France du temps.

Encore dans son livre, Jacques Orhon explique pourquoi le cépage nantais porte le nom de « melon ». « Le melon, (dont la feuille est ronde comme un melon) écrit-il, aux arômes floraux et légèrement musqués, d’où son nom, a maintenant conquis le monde par son côté agréable et vif… »

L’auteur précise que les qualités du muscadet lui confèrent tout ce qu’il faut pour accompagner idéalement les fruits de mer et les poissons, notamment en ces journées d’été (quand il y en aura de moins pluvieuses que celles que nous vivons présentement (j’écris ceci le vendredi 27 juin…).

Le Gros Plant

On ne peut parler de la région du muscadet, sans souligner le « Gros Plant du pays nantais ». Il s’agit d’un vin qu’apprécient particulièrement les gens dudi Pays nantais, le gros-plant est issu du cépage folle blanche (dont on fait notamment le cognac). Sans doute que le gros plant n’était pas particulièrement prisé, au Québec car il semble qu’on n’en trouve plus sjr les tablettes de la SAQ.

Quant au muscadet, cependant, on en compte une bonne quinzaine dans les succursales. Goûtez le château de Chasseloir, le Master de Donatien ou autres semblables. S’il n’y a pas de soleil à l’extérieur, au moins votre verre vous réjouira! Je vous recommande de goûter le muscadet en parcourant le magazine « Vins & Vignobles » numéro 6 du volume 9 – de même que le Nouveau Guide des vins de France de Jacques Orhon, aux Éditions de l’Homme. Ce pourrait être vos lectures de vacances!

Bonne fin de semaine

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
 
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