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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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Samedi le 31 mars, 2001
Quand j’étais plus jeune (j’avoue qu’il y a un bon moment…), il y avait un dicton qu’on entendait souvent à la radio et qu’on voyait un peu partout : «Le savoir-vivre, c’est une foule de petites choses»… Il me semble qu’on devrait remettre cette phrase à l’honneur, tant chez les jeunes que chez plusieurs adultes. Enfin, là n’est pas mon propos, même si… Mon titre annonce plutôt une série de petites notules (comme si une notule n’était pas obligatoirement petite) se rapportant évidemment au vin.
À propos des Côtes du Rhône
Les récoltes de l’an 2000 ont fourni des «raisins sains» pour un millésime haut en couleur. Tous les éléments sont réunis pour des vins remarquables…» Ce sera à voir dans quelques années, pour les grands, mais aussi déjà dans quelques semaines pour les plus précoces. Dans presque toutes les zones de production d’ailleurs, semble-t-il, le millésime 2000 annonce une bonne et belle qualité.
D’autre part, une maison bourguignonne a récemment pris le contrôle d’un négoce des Côtes du Rhône. Michel Picard aurait acquis Les Grandes Serres de Châteauneuf du Pape; déjà propriétaire de 120 hectares en Côte de Beaune et Côte chalonnaise, Michel Picard est considéré comme l’un des principaux propriétaires récoltants de Bourgogne. C’est aussi Michel Picard qui signe la fameuse SYRAH, vin de Pays d’Oc, toujours populaire à plusieurs titres : (540120 – 9,95$).
1921-2001
Saviez-vous que le Monopole d’État qu’est la Société des Alcools du Québec existe depuis 80 ans? C’est en effet en 1921 que le gouvernement d’Alexandre Taschereau a adopté la «Loi des liqueurs alcooliques» et créé, par la même occasion, dès le 1er mars de cette même année, la «Commission des liqueurs de Québec». On entend encore parfois quelques aînés faire mention de la Commission des liqueurs…
La loi de 1921 avait un double but : favoriser la tempérance, c’était une réponse aux campagnes de tempérance et même de prohibition qui prévalaient alors, mais cette loi ouvrait des moyens pour recueillir des sommes importantes au profit des finances publiques tout comme cela existait dans les pays scandinaves.
Malgré les oppositions de toutes sources, la loi fut promulguée et mise en pratique. Tant et si bien qu’elle est toujours présente aujourd’hui. La SAQ contrôle encore le commerce de tous produits à base d’alcool et ramasse ainsi, pour l’État, des millions, voire même des milliards de dollars. «C’est, dit-on, un choix de société…» Face à l’État, a-t-on le choix?
Il n’empêche que nous avons sans doute un des échantillonnages de vins et de spiritueux parmi les plus importants au monde. Nous disposons d’un éventail de plusieurs milliers de vins provenant d’une cinquantaine de pays. De plus, le fait que la SAQ ait instauré un contrôle de la qualité hors du commun constitue un autre avantage de ce système de commerce. Certains, dont je fus, estiment que le vin ne devrait pas être une denrée régie par le gouvernement… Mais il me semble de plus en plus que nous ne pourrions être mieux servis.
Les prix, demandera-t-on? J’entendais hier (17 mars 2001) à la télé, un commentaire d’un chroniqueur en vin qui disait que les vins de grande qualité, champagnes, châteaux de Bordeaux ou autres vins de ce calibre, n’étaient presque pas plus chers que n’importe où dans le monde et j’en suis de plus en plus convaincu, comparaisons nombreuses faites à l’occasion de voyages.
Là où l’amateur paie le plus de taxes sur une bouteille de vin, c’est dans le cas des vins de consommation courante : vins génériques, vins de Pays, vins de table et vins d’épicerie… Bonne réflexion!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca
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