Samedi le 03 février, 2007 |
C’est le mois d’un signe du Zodiaque parmi les plus froids… Le VERSEAU. Froid, principalement parce qu’il arrive dans une période climatique au cours de laquelle le soleil se raréfie. Pensez donc, vers le 20 janvier, la durée du jour n’est que de neuf heures, environ. Heureusement, peu après, la lumière gagne près de trois minutes par jour, soit, au bout d’un mois, plus d’une heure et demie… Froid aussi, car les natifs du signe du Verseau sont souvent réservés, presque « froids ».
Le signe du VERSEAU s’inscrit, justement dans cette période et ce, jusqu’à la mi-février. Dépouillée, la terre est ensevelie sous un épais manteau de neige qui peut atteindre plus de deux mètres, notamment au Québec. Cette blancheur, cependant offre à qui sait écouter, en forêt principalement, des sons fragiles, des sonorités cristallines, comme a su en produire l’un des plus illustres natifs du signe du Verseau : Wolfgang Amadeus MOZART.
Un bel éphèbe
La tradition mythologique prétend que Jupiter, se serait transformé en aigle pour enlever Ganymède fils du roi de Phrygie, qui personnifiait le Verseau. Jupiter aurait été ébloui par la beauté de l’éphèbe et l’aurait transporté dans l’Olympe pour en faire l’échanson des dieux.
De ce fait, on ne saurait croire que ce soit de l’eau qui coule de l’amphore que verse le Verseau dans les illustrations qui le reproduisent… Bien des natifs du signe du Verseau, amateurs du jus de la treille, y trouvent une source à leur sens de la fraternité et de la compréhension. Sous une apparente froideur, les « verseau » souhaitent, autour d’eux, la bonne entente et la fraternité universelle, en un mot, la paix entre tous les humains et les peuples.
Les vins blancs
Pour les natifs du Verseau qui ont vu le jour en une période de froid intense, on estime que les grands vins blancs de France, qu’ils soient de Bourgogne, du Bordelais ou d’Alsace, du Val de Loire et des Côtes du Rhône sont tout désignés pour les satisfaire. On peut même associer les vins d’Allemagne, d’Autriche et du Frioul italien ou d’autres pays producteurs, pour charmer les « verseau ». À ces belles bouteilles, j’ajoute des vins blancs du Québec qui sont, d’évidence, issus de la froidure, de la neige et des gelées profondes. Notamment, les vins et les cidres de glace, une spécialité québécoise, peut-être pas exclusive mais d’une réussite complète et enviable.
On sera peut-être surpris du fait que j’aie associé l’échanson des dieux, Ganymède, aux seuls vins blancs, qu’importe l’origine, fussent-ils les prototypes de l’élégance et du raffinement… Je me dois de préciser que l’influence de Vénus, qui marque également le signe du Verseau, permet de prendre en considération que les vins des Côtes de Bourg ou de Blaye, en Bordelais, sont tout à fait aptes à rendre heureux les natifs de ce signe de NEIGE.
J’ajoute que bon nombre des vins du sud-ouest de la France feraient
également le bonheur des natifs sur Verseau. Entre le Lot et la Garonne, sont enchâssés les vignobles du Quercy, de Gaillac et du Frontonnais, de même que plusieurs autres appellations qui offrent des saveurs de terroir et des parfums envoûtants, aptes à faire rêver non seulement les gens du Verseau, mais aussi tous les amateurs de vins fins et savoureux, (j’en suis, Verseau moi-même).
La consommation du vin
Selon de récentes statistiques, les Français, champions du monde de la consommation du vin, jusqu’en 2005, seraient en perte de vitesse et descendraient au troisième rang, vers 2010, derrière les États-Unis et l’Italie. Cette dernière, rappelons-le, a toujours été à proximité de la France pour la production et la consommation par habitant. De tous temps, ces deux pays montaient en tête ou revenaient en deuxième pour renverser les rôles, l’année d’après.
Vinexpo, le grand Salon mondial du vin qui aura lieu, cette année, du 17 au 21 juin, a commandé une étude sur l’évolution du marché du vin. C’est justement cette étude qui révèle que les Français réduisaient considérablement leur consommation de vin.
Quand je donnais des cours sur le vin pour l’Amicale des Sommeliers, section de Québec, au milieu des années 1980, je citais des chiffres révélateurs tirés d’une publication de 1982, du Commerce italien « Italian Wines and Spirits »; on y apprenait que de 1972 à 1982, la France et l’Italie avaient réduit leur consommation de 21 millions d’hectolitres. J’ai souvenir, en effet, qu’à cette époque la consommation per capita dans ces deux pays dépassait 100 litres par année. Or, pour les années 1981 et 1982, toujours selon les sources dont je disposais alors, le Français buvait 89 puis 86 litres annuellement, alors que l’Italien en consommait 89 et 83 litres.
Selon l’OIV (Organisation internationale de la vigne et du vin) en 2003, le Français consommait 54 litres de vin par année, l’Italien 47,5, le Suisse 40,9 et l’Espagnol 30,6. Au Canada, on notait du progrès par rapport aux années précédentes, avec 11 litres par habitant, par année. Malheureusement, on n’a pas les chiffres pour chacune des province… Il me semble qu’au Québec, cette année-là, on parlait de plus de 15 litres…
Henry Marionnet
Il est vigneron à Soing, en Touraine et s’intéresse aux ceps non greffés… et à bien d’autres aspects naturels de la vinification. Il produit, entre autres trouvailles, un gamay à faire rougir les vignerons du Beaujolais : Domaine de la Charmoise, (gamay) touraine 2005 – 329532 -16,65$, décrit sommairement comme suit : robe rubis, nez enjôleur de fraises et de cerises. Accompagne à merveille des viandes froides, mais ravira les plus exigeants sur une volaille rôtie.
Pourquoi je vous parle de Henry Marionet? Parce qu’on l’appelle encore depuis plus d’une trentaine d’années, l’enfant terrible de Touraine. Dans un récent numéro de la Revue du vin de France, il réagissait à un éditorial qui dénonçait les taux élevés d’alcool des vins français. « Vous avez cent fois raison, écrivait-il au rédacteur de la Revue du V.F., on a oublié que le vin est une boisson, si bien qu’aujourd’hui, de nombreux vignerons élaborent leur vin non pas pour le boire, mais pour gagner des concours. C’est une déviation complète de l’esprit de ce produit merveilleux qui doit être l’expression du terroir, du climat et de l’homme qui l’élabore. »
Plus loin, le vigneron Marionnet s’affligeait de constater « qu’aujourd’hui, on ne boit plus de vin, on le « goûte » et que dans certains restaurants dits gastronomiques, on ne mange plus mais on « déguste ». Ce n’est plus notre culture et notre civilisation… concluait-il ».
Il faut comprendre qu’en ayant un taux d’alcool plus élevé, le vin peut être nocif si on en consomme trop, alors que s’il présentait un degré d’alcool moindre, on pourrait en boire un pot ou deux (équivalent d’une demi-bouteille).
C’est à faire réfléchir
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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