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Jean-Gilles JUTRAS Les potins de Bouteille
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Samedi le 08 septembre, 2001
«Les buveurs intelligents préfèrent le vin» voilà la manchette lue récemment dans Le Soleil de Québec et qui a dû paraître dans d’autres journaux. C’est à la suite d’une étude faite au Danemark qu’on a pu vérifier cette théorie. «Nous sommes les premiers au monde qui avons pu démontrer clairement que les buveurs de vin sont plus intelligents et fonctionnent mieux à tous les égards…» prétend le chercheur Erik Lykke Mortensen de l’université de Copenhague.
Voilà qui devrait satisfaire encourager tous les amateurs de vin et notramment les lecteurs et les lectrices des notes sur le vin publiées dans PLANÈTE QUÉBEC. …. On continue?
Un mystère délicieux
Quand on s’arrête le moindrement à «analyser» le vin, on est émerveillé par sa complexité et ses vertus… Sous la plume du professeur Christian CABROL, membre de l’Académie Nationale de Médecine de France, on peut lire : «Le vin n’est pas seulement un produit naturel que nous offre la nature. Plus que tout autre, il est le résultat d’une alchimie mystérieuse où s’allient… les qualités du terroir, les composants mêmes de la terre où la vigne prend racine, les circonstances atmosphériques qui d’année en année en modifient les qualités, le travail du vigneron et l’amour qu’il a pour sa vigne, le moment et les conditions de la récolte de ses grappes, le traitement de ses raisins, les additifs fournis aux moments choisis et même le bois des fûts où il vieillira, parfois pendant de longues années, enfin la façon dont on le prépare pour le boire et le savoir de celui qui goûte.» (Vins et Santé, 2001, no 6 – p.5).
Les vins français
Le vignoble français n’a pas toujours appartenu aux dirigeants de la France, semble-t-il. Selon des notes recueillies, il y a quelques temps, aux 11e et 12e siècles, ni la Champagne, ni la Bourgogne n’appartenaient aux Rois de France qui ne buvaient que les vins qu’ils récoltaient dans LEURS vignes.
Il appert que les rois n’estimaient que les vins de Rebrechien, située à proximité d’Orléans, sur les bords de la Loire. Ainsi, Henri 1er en buvait pour se donner la force de poursuivre ses guerres; Louis le Jeune ne buvait pas d’autre vin.
Qu’était ce vin? on n’en sait trop rien. Un chose est sûre, il y a 800 ou 900 ans, la culture de la vigne et la vinification n’étaient pas celles d’aujourd’hui.
Lu dans une cave, en Provence
J’ai lu, cet été, dans un journal de cave, rapportant les vendanges de 1893 (vous avez bien lu, c’était il y a plus d’un siècle – N.B. je transcris tel que lu). «Les vendanges ont été commencé pour les aramon et alicante (variétés de raisins) le 21 août quoique la récolte fut très avancé, les raisins laissait un peu à désiré il valet (sic) mieux commencé un peu plus tard…» Sur un autre feuillet on trouvait la suite du journal de 1893 : «Pour la couleur et le degré alcoolique les vendanges ont été commencé un peu trop tot il vaut mieux plus de maturité et remplacer le manquant par un peu d’eau et au besoin un peu d’acide tartrique.» On apprend aussi : «Il faut profiter en faisant la ‘piquette’ des alicantes et en tirer le plus possible à cause de la couleur sauf à le faire passer sur d’autres marcs (les grappes et les peaux détachées) sir le degré est trop bas».
Les parenthèses sont de moi. Ils en avaient des trucs, ces vieux vignerons. Il n’est pas dit qu’on ne triche pas encore un peu… Mais les inspecteurs des fraudes sont très vigilants, semble-t-il. Ce qui n’empêche que personne n’est mort, apparemment, des pratiques plus ou moins douteuses de l’époque.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca
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