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Jean-Gilles JUTRAS
Les potins de Bouteille
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Des trouvailles


Samedi le 09 juin, 2001

Changement de décors… Mon épouse et moi venons d’aménager dans un appartement à Québec, après une quarantaine d’années en résidence personnelle, c’est tout un défi; un déménagement donne habituellement lieu à des choix. Au fil des ans, on accumule et on entasse de multiples objets et souvenirs. Mais quand on quitte pour un appartement plus petit, il faut laisser bien des choses, beaucoup de choses. D’autre part, ces chambardements nous font découvrir des papiers et des trucs depuis longtemps oubliés. C’est ainsi que j’ai retrouvé une «Lettre à mes ami(e)s» écrite à l’intention d’un petit club d’amants de la bonne table et du bien boire, que j’avais fondé au cours des années 1980.

Je tire ce qui suit de la lettre no 6, datée du 20 mai 1985, il y a plus de 15 ans.
«Vous savez tous que c’est pour moi un véritable ‘dada’ que de lire, de parler et de m’instruire sur le vin, je vais même jusqu’à en boire… J’ai découvert les commentaires suivants qui s’adressaient plus particulièrement à des sommeliers ou des professionnels du vin mais dont tout amateur peut tirer profit :
- L’étiquette d’une bouteille si prestigieuse soit-elle, ne doit jamais être considérée que comme une information;
- Le millésime complète les indications de l’étiquette, mais ne garantit pas le vin;
- L’âge n’améliore jamais un vin médiocre; il peut modifier l’expression d’un vin de qualité. (J’ajoute que, par expérience, il vaut mieux boire un vin trop jeune que trop vieux et que, par ailleurs, peu de vins sur l’ensemble de la production gagnent à être mis en cave pour une longue durée.
Bon nombre des vins vendus par la SAQ ne devraient pas être conservés trop longtemps. La plupart des vins de consommation courante peuvent être conservés de 3 à 5 ans, pas beaucoup plus. Les beaujolais, val-de-Loire, alsace et autres semblables décevront si on les oublie;
- Le vin possède, en réserve, un certain nombre de caractères qu’il ne peut exprimer pleinement que
lorsqu’il est servi à la température qui lui convienne vraiment;
- Jeunesse et température fraîche sont indissociables.

Je conseille habituellement de servir les vins quelques degrés plus frais que ce
qui conviendrait, ce qui permet d’établir à quel moment ils plaisent le plus. La température d’un vin monte assez rapidement après avoir été servi de sorte qu’il est préférable de le verser à une température plus basse qui prendra vite du degré à cause de l’environnement.


LA SAISON DU HOMARD

Le crustacé royal des mers est à son meilleur présentement. L’idéal c’est de le consommer «nature», sans trop de préparations souvent onéreuses et longues à réaliser. Avec le homard, un vin blanc s’impose. On optera pour un beau vin de Bourgogne, de la Côte de Nuits ou de Beaune, du Val de Loire ou d’Alsace, ce pourrait être, également, un vin du Frioul ou d’une autre région d’Italie, ou bien d’Espagne, des États-Unis ou de tout autre pays producteur.

Toutefois, si vous servez votre homard en sauce plus relevée, il vous «pincera» d’aise avec un beaujolais du cru, un rouge léger du Val de Loire ou autre vin de même acabit. Notez que ces mariages sont plus délicats que s’il s’agissait de vin blanc, mais les expériences qui sortent de l’ordinaire sont parfois très intéressantes.

Je vous souhaite un bon début d’été et vous dis à bientôt!

Jean-Gilles Jutras,
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca



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