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Jean Lapointe
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Mardi le 01 octobre, 1996
Comme le dit si bien la chanson de Brassens: « Jamais de la vie on ne l'oubliera la première fille qu'on a pris dans ses bras ».
Le vieil ours de la chanson française avait sans doute conservé en mémoire ces moments si précieux. Je n'oublierai jamais ce jour mémorable d'octobre 1951. Le grand événement eut lieu au Lac Beauport, en banlieue de Québec. J'avais à peine seize ans.
Depuis quelques années, j'avais fait la découverte de sensations nouvelles. « C'est le réveil de la nature... la la la l'air au grand soleil »...(Chanson). Moi...j'ai donc aimé ça ce réveil là. J'aimais tellement ça qu'à la moindre occasion..."Envoye envoye...faisons sonner les grelots"... "Hum...que j'aimais donc ÇA !". Mais il manquait encore quelque chose à mon palmarès sexuel... Faire l'amour avec une fille!
On m'avait enseigné que c'était péché mortel... Même d'y penser. "L'esprit est prompt, mais la chair est faible" nous disait-on.
Dans mon cas, c'était l'inverse... Ma chair était prompte mais mon esprit était faible...Je n'avais aucune volonté de résistance pour les jeux interdits. J'avais tellement hâte au grand jour que dès les premiers instants de mon réveil sexuel, je feuilletais même le catalogue de chez Eaton, département des sous-vêtement pour dames pour admirer les mannequins dans leur tenues légères.
Au cours des mois suivants, quelques petits amis de mon école m'ont fait découvrir les revues à l'index. "Ce sont des revues cochonnes pour dépravés sexuels"...nous disait le frère Néré "Si vous mourez après avoir lu ces maudites ordures, vous irez tout droit en enfer."..."Ah non..."...Merde de merde. Je les lisais quand même. "Envoye, envoye...sonnez les grelots"... Je rêvais à ces belles filles en espérant en rencontrer une pour vrai un de ces beaux jours.
Mon rêve se réalisa fin septembre 51. Je fis la connaissance d'Arlette... Ce fut le coup de foudre...pas tellement parce qu'elle était particulièrement jolie mais comme elle avait quatre ans de plus que moi, je me disais que peut-être elle connaissait LA CHOSE.
Même si elle était un peu plus âgée que moi, il me fallait être prudent. A l'époque, il fallait fréquenter une fille assidûment avant de songer à lui faire une proposition...
Nous nous sommes fréquentés assidûment quatre jours de temps. Comme à la cinquième journée, c'était la pleine lune, je risquai le tout pour le tout. "VEUX-TU?"... J'ai failli tomber sur le cul lorsqu'elle m'a répondu sans hésitation: "OUI"... "Ah ben"... Je me revois tout tremblant essayant d'insérer la clé du motel dans le petit trou de la serrure...Mes mains se promenaient de gauche à droite et de haut en bas à un rythme infernal... Maudit que j'étais nerveux.
Bien calmement, Arlette ouvrit elle-même la porte sans même utiliser la clef... "C'était pas la peine de t'énerver mon chéri, elle n'était pas verrouillée"... "Tu savais ça toi?"... "Mais non...j'ai pris une chance"... Sur le moment, je l'ai crue...Maudit tata.
Aussitôt entrés à l'intérieur, qu'elle se déshabille à la vitesse de l'éclair. En moins de temps qu'il ne le faut pour l'écrire, elle était là...toute nue devant moi. Elle me fixait tout droit du regard... Tout droit...il ne faudrait quand même pas exagérer. Elle louchait terriblement. Mais c'était le moindre de mes soucis, j'étais tellement surpris de voir ce corps si beau... Aye c'est pas des farces...elle avait de très jolis seins...et tout le reste était du même calibre. Je n'osais pas lui faire de reproches mais il me semble qu'elle aurait pu y aller plus délicatement... Morceau par morceau afin que la température de mon thermomètre monte graduellement.
Ce qui devait arriver arriva. Depuis si longtemps que j'attendais... Tant d'excitation d'un seul coup... Mon thermomètre a éclaté...! Ça l'a parti tout seul. Mon Arlette était en beau maudit: "T'aurais pas pu prendre ton temps"?... Je n'ai rien trouvé de mieux à lui répondre que: "C'est toi qui a pris le mien". Elle s'empressa d'ajouter: "Regarde bien la date...parce qu'il va faire frette en maudit avant que je revienne ici avec toé..."
J'ai attendu jusqu'au mois de février. Elle ne voulait plus rien savoir de moi. Le vieux Brassens avait bien raison... "Jamais de la vie on ne l'oubliera"... Je n'oublierai jamais ce grand jour...et j'ai comme l'impression qu'Arlette non plus.!
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