 Vacances en Pénichettes® Locaboat Holidays
|
|
Louise Turgeon DE TOUT DE RIEN
|
|
|
|
|
|
Dimanche le 15 mai, 2005
Rien n’est plus désagréable que ces gens qui s’accrochent et dont on n’arrive pas à se débarrasser. Des teignes, dit ma mère. Bien qu’au plan scientifique la teigne soit une maladie du cuir chevelu, une mite en fait, au sens québécois du terme, la teigne est une personne qui s’accroche à vous comme la misère sur le pauvre monde. À croire que ça n’en finira jamais.
Mais le saviez-vous, la teigne a une cousine. C’est la toque. Et je ne suis pas loin de penser que la toque est pire encore que la teigne. C’est une teigne, en plus teigne on dirait. Parce qu’à la rigueur la teigne, dans le sens où l’on emploie le mot chez nous, c’est une image. C’est presque conceptuel. Mais la toque, elle, est bien réelle.
Avant hier Gripette, la chatte de la maison, est rentrée au lever du jour après sa nuit de galvaude. Vous savez ce que c’est, il commence à faire beau, l’air est doux, les crapauds chantent la liberté et la souris sautille dans les fourrés. Bref, la chasse est ouverte.
Gripette donc est rentrée, joyeuse, primesautière et… pleine de toques. « D’où est-ce que tu viens », lui ai-je demandé naïvement, comme si je m’attendais à ce qu’elle me réponde. « Miaowww», qu’elle m’a répondu en me filant entre les mains, repartie au pas de course vers le plat de graines qu’elle partage avec son grand frère Coucou.
À force de manœuvres habiles, j’ai fini par lui mettre la main dessus. Et le plaisir commence. Arracher des toques une à une, ne pas les prendre sur ses bas et, après avoir enlevé les gros morceaux, se battre avec la jeunette qui se contorsionne et la myriade de ces morceaux de velcro végétal qui s’enfouissent un peu plus loin dans la toison chaque fois qu’on pense être parvenu à les enlever. Quelle misère!
Je pensais à ça en regardant à la télévision le navrant spectacle du gouvernement Martin se tenir à pleines mains sur ce qui lui reste de pouvoir. Après avoir essuyé un net revers en perdant un vote sur une résolution demandant son départ, il fait comme si de rien n’était. Business as usual, qu’il dit le Sieur Martin.
Puis les scénarios se multiplient. On suppute, on calcule. Qui plus est, on compte maintenant sur les défaillances des uns et des autres. Deux conservateurs, un libéral et un indépendant sont des cancéreux en traitement. Et voilà que l’indignité est poussée à son paroxysme : lequel ou lesquels seront incapables de venir voter. Quand on aura besoin d’un vote décisif, qui cela avantagera-t-il ?
On dit même que l’un de ces députés provenant de la Colombie-Britannique ne veut pas défaire le gouvernement. Par principe, pour ses valeurs politiques croyez-vous ? Non non, simplement parce qu’il ne veut pas faire campagne maintenant, mais veut absolument demeurer député malgré la maladie qui le ronge et qui peut-être l’emportera… Et c’est précisément son vote qui fera la différence.
Alors le Parti libéral, qui n’en disait que du mal il y a un an, s’apprêterait maintenant à affréter un avion pour assurer sa présence à la Chambre des Communes la semaine prochaine. Comment trouvez-vous ça vous autres ? Moi je trouve ça répugnant.
Parlez-moi d’amour et j’vous fous mon poing sur la gueule, chantait Brassens. Et si on changeait le mot amour pour le mot politique... Surtout quand on se trouve en présence de vraies teignes. Non, de vraies toques, des toques toquées.
Vous souhaitez lire les précédentes chroniques de l'ami Gilles ?
Cliquez sur le mot ARCHIVES ci-bas !
Vous pouvez lire les chroniques précédentes en cliquant sur ARCHIVES.
Pour consulter les autres chroniques livres et culture lanaudoise cliquez sur : http://culture.planete.qc.ca
Pour consulter la chronique De bric et de broc, cliquez sur : "/loulou/detoutetderien/index.html"
|
|
Recherche dans
Louise Turgeon DE TOUT DE RIEN
|
|
|
|
|
|
|