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Louise Turgeon DE TOUT DE RIEN
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Mercredi le 02 novembre, 2005
Mercredi dernier, son Excellence le vice-roi a fait tout un tabac à l’émission de madame Bazzo sur les ondes de Radio-Canada. Événement attendu, c’est le moins qu’on puisse dire, la prestation de Jean-Daniel Lafond était inévitable. Elle était même rendue nécessaire, étant donné la contestation de son apparent revirement idéologique lorsque sa conjointe fut désignée gouverneur général et chef des armées du Canada.
C’est à grands coups de raisonnements abscons et d’explications tordues que l’invité, manifestement atteint d’une logorrhée verbale peu commune, s’est débattu comme un diable dans l’eau bénite. Il s’est employé à tenter de faire croire, que ceux et celles qui ont vu son retournement comme étant un reniement de ses convictions, ont tout faux.
Dans sa course effrénée d’explications justificatrices, la vedette du jour ne recule devant rien. Il n’a pas hésité à jouer avec les mots ni à déconstruire les concepts, allant parfois jusqu’à les vider de leur substance. C’est ainsi que, poussant son raisonnement aux confins de l’absurde, il a prétendu comparer le nationalisme québécois au fondamentalisme iranien. Vraiment, il est chanceux le bougre que le ridicule ne soit pas une réalité meurtrière.
Abordant le sujet de la souveraineté, nous avons aussi appris que monsieur Lafond est pour l’indépendance culturelle, mais au grand jamais il ne serait pour l’indépendance tout court. Hé ben! Ce n’est pas très engageant être en faveur de l’indépendance culturelle. Et, entre vous et moi, ce n’est pas très dangereux non plus.
Quant à ses fréquentations, son réseau amical et social, nous le savons maintenant, se composait d’une panoplie de Québécois engagés dans la lutte pour la souveraineté nationale. Dans cette liste, on retrouve les frères Rose, Francis Simard, Jacques Lanctôt, Pierre Vallières. Comme on y voit également des poètes d’envergure tels Gérald Godin et Pierre Perreault par exemple. Des amis chers, vraiment? Mais non, rassurez-vous bonnes gens, tout cela n’était que butinage sans conséquence.
Ma perception de sa prestation est que tel un ethnologue chez les primitifs, il s’est promené dans la tribu des souverainistes québécois. Il les a rencontrés, il s’est assis avec eux, parmi eux. Il a mangé leur nourriture, bu leur vin, fumé leur tabac, dormi dans leurs draps.
À la fin, ils ont cru qu’il était un des leurs. Mais ce n’était pas vrai. Ils se sont trompés. Ils ne le savaient pas, mais en réalité il se fichait d'eux, parce qu’en vérité il n’est pas et n’a jamais été un des leurs. C’est pourquoi il s’écarte ostensiblement d’eux aujourd’hui. Désormais, ils ne sont utiles ni à la poursuite de son œuvre de cinéaste, ni à sa réflexion philosophique.
Et maintenant, libre d’eux et du poids de sa proximité avec eux, voyez donc comment il vole et plane avec aisance. Très haut, au-dessus d'eux.
Je ne voudrais pas être dans sa peau.
GILLES THÉBERGE
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