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Louise Turgeon
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Il reste... Première partie - Gilles Théberge


Dimanche le 23 octobre, 2005

Je voulais titrer cette chronique autrement: J’aurais bien aimé Savoir partir. Manque de pot, Le Devoir m’a eu de vitesse, et j’aurais eu l’air, en persistant, de commettre un affreux plagiat sans imagination.

C’est pourtant ce sujet que je veux aborder. Partir ou rester, l’un et l’autre étant plus qu’une affaire de simple calcul. Calcul électoral en l’occurrence. En fait, je veux parler du maire de mon village. Il n’a pas la flamboyance du maire l’Allier, l’air bon enfant du maire Tremblay ou la gouaille du maire Garon. Rien de cela. Et pourtant, j’aurais bien aimé lui dire ici toute mon admiration d’avoir su, d’avoir compris surtout qu’après un certain temps, l’avenir est derrière, pas devant. Mais il reste…

Ce n’est pas qu’il soit un danger pour la communauté. Ici, c’est un petit village rural. Le Conseil gère quelques services de proximité : voirie et déchets dans la campagne, un aqueduc au village. Côté culturel, un festival dit western et un show de rock à couleur de bière en été. Pas très glamour vous voyez, la perspective d’aller s’asseoir une fois par mois à une table où l’on a la fâcheuse impression qu’il ne s’y passe rien de vraiment important. Est-ce à dire qu’il n’y a rien à faire ? Non pas sans doute. Mais pourquoi diable la vie municipale, ici, dégage-t-elle l’impression que sa force principale est d’engendrer l’ennui ?

Le maire d’ici est une bonne personne. Il est néanmoins vissé à son fauteuil depuis des lunes. Natif du lieu, personne n’ose vraiment contester sa place. Ce qui a pour effet de le reconduire automatiquement à chaque élection. La dernière fois, il avait déclaré que c’était son dernier mandat. Après réflexion, ses enfants étant devenus adultes (Hum!), sans doute n’a-t-il plus besoin de démissionner pour s’en occuper… Et puisque rien ne l’oblige à partir, pourquoi pas rester n’est-ce pas !

C’est peut-être là que le bât qui blesse dans bon nombre de villes et villages du Québec : l’inamovibilité de plusieurs politiciens et, par voie de conséquence, le manque de sang neuf. Et comme rien dans notre système n’a été prévu pour contrer cela, il n’y a pas à se surprendre de la stagnation qui affecte le dynamisme de nos milieux.


À suivre...

GILLES THÉBERGE


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