Samedi le 25 août, 2007 |
Les expressions populaires font image. Elles ont ceci de particulier qu’elles dressent avec une économie de mots le tableau complet d’une réalité. Ainsi, par exemple, évoquer le fait de vouloir avoir le beurre et l’argent du beurre impose l’image d’un égoïsme détestable.
En agroforesterie, c’est tout le contraire qui se produit. Quand on dit que cela nous donne accès au meilleur des deux mondes, l’image qui surgit dans notre esprit est positive et auréolée d’une sensation de plaisir, de confort légitime.
Si l’on y pense bien, c’est en effet ce qui se produit. Quand on a commencé à deviner toutes les ressources, trésors cachés dans nos forêts, et que l’on se rend compte que les exploiter ajoute souvent de la vie, cela porte à la réflexion. Et quand on prend vraiment conscience du fait qu’en aménageant sa forêt en vue d’en tirer l’usufruit n’en n’altère pas la santé et que, tout au contraire, cela favorise l’épanouissement de la biodiversité, la perspective change du tout au tout.
Nous entrons dans une ère de changements. Avec le temps, on commence à lancer des regards obliques sur les objets jetables. On fronce maintenant le sourcil devant des contenants aux propriétés douteuses et le suremballage. Et toutes ces choses, dont jusqu’à présent on se débarrassait sans état d’âme particulier, tombent tout à coup avec fracas dans la case doute de notre esprit. Nous devons retourner aux sources de cette notion fondamentale qu’est l’économie, c’est-à-dire l’art de bien administrer nos biens.
Mais en attendant, que se passe-t-il dans nos forêts? Bien, pendant ce temps on s’y promène le nez en l’air. On estime la hauteur des arbres. On se désole de la lenteur de la croissance des troncs. On s’affaire dans l’espérance d’une coupe : élaguer, débroussailler, nettoyer. Prochaine ou lointaine? On ne sait pas vraiment. On calcule, on mesure, on suppute, on espère.
Et puis, on continue de piétiner allègrement, toutes ces ressources, discrètes, gisantes, immobiles et riches pourtant, qui ne demandent qu’à être cueillies. Ainsi, par exemple, les champignons forestiers remporteraient facilement la palme des grandes négligées.
Pourtant, dans un document présenté sur le site de l’Agence forestière des Bois-Francs, on dresse un portrait des forêts de la région Centre-du-Québec qui ne manque pas d’intérêt. Au sujet des champignons forestiers justement, on y peut lire les extraits suivants : « La récolte commerciale des champignons forestiers est au stade embryonnaire dans la région. » ; « Les volumes de production ne sont pas assez importants pour songer à l'exportation, mais la récolte pourrait s'accroître si les sites de production étaient mieux identifiés. » (Couture 1999) ; « Les peuplements forestiers qui offriraient les meilleurs potentiels seraient les forêt de résineux. » ; « Les espèces comestibles et commerciales que l'on retrouve dans la région sont les chanterelles et les bolets. »
(à suivre demain...)
Par Gilles Théberge
Président du
Regroupement agroforestier centricois
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