|
|
 |
 |
 |
|
 |
| Lettre à mon tout-petit / Le Jour de l'An |
 |
| |
Samedi le 28 décembre, 2002 |

LETTRE À MON TOUT-PETIT
LE JOUR DE L'AN
Si je trouvais que mes noëls d'enfant étaient un peu trop remplis d'adultes à mon goût, le Jour de l'An faisait mon grand bonheur... en fin de journée !
Le matin, nous assistions à la messe. La plus longue... la grand-messe ! Ça n'en finissait plus et comme j'étais très grouillante... disons que j'énervais au plus haut point mon père. Il m'aurait volontiers changée en statue de sel ! Mais c'était plus fort que moi. Ce que je pouvais avoir chaud !
De plus, à cette époque, nous ne pouvions ni boire, ni manger depuis minuit la veille si nous voulions communier ! Même pas une petite goutte d'eau ! Et il n'était pas question de ne pas communier !
Une vraie pénitence !
Je ne me souviens pas que nous ayions célébré le passage de minuit vers l'An nouveau...
Tôt en après-midi, nous arrivions chez grand-maman Turgeon. Celle-ci RECEVAIT la parenté venant présenter leurs meilleurs voeux de bonne et heureuse année !
Elle sortait pour l'occasion ses petits biscuits de fantaisie, ses chocolats et son sucre à la crème (qui étaient POUR LA VISITE !) ET MOI ? je n'étais pas de la visite ? J'avais le droit d'en prendre quand tout le monde avait été servi ! Et mon biscuit préféré était celui qui avait une forme de coquille en chocolat !
Je surveillais la matante ou le mononcle qui OSERAIT prendre mon biscuit ! Mais le chocolat était populaire et rare... et j'ai dû user de ruse pour en subtiliser un, replacer les autres pour ne pas que cela paraisse... avant LA VISITE. J'avais compris qu'autrement, je n'en aurais jamais...
La plupart des frères et des époux des soeurs de mon grand-père venaient à tour de rôle. Le frère de ma grand-mère présentait également ses hommages à la famille Turgeon réunie. Certains amenaient leur épouse si celle-ci était invitée pour le souper.
Sinon, les femmes n'avaient pas le temps de faire la tournée !
C'était un grand moment pour ma grand-mère qui adorait jouer à la parfaite hôtesse !
Puis, arrivaient les amis triés sur le volet... Un petit verre ici, un petit verre là, les hommes revenaient à la maison plutôt... joyeux !
Mon grand-papa avait été un pâtissier célèbre - il avait fondé la Pâtisserie Turgeon sur la rue Sainte-Catherine près de De Lorimier, à Montréal. En 1920, cette rue faisait partie d'un beau quartier, et on venait de partout pour acheter les pâtisseries de Monsieur Turgeon. Grand-maman faisait office de patronne et s'occupait dignement de la caisse et de l'accueil des clients.
Cependant, au moment de ma jeunesse, ils étaient déjà.... à la retraite; donc grand-papa préparait des desserts somptueux et grand-maman préparait le repas.
Une fois le tout enfourné, celle-ci se changeait et il n'était plus question qu'elle retourne au poêle.
Pendant que grand-maman recevait les visiteurs, grand-papa, lui, courait de la cuisine au salon pour surveiller la cuisson des plats mis au four par grand-maman, et offrir un petit remontant à chacun; il faisait généralement très froid à cette période de l'année.
Quand ils furent trop âgés pour cuisiner le repas, ils décidèrent de nous inviter dans un grand restaurant après le départ des visiteurs !
Photo: Loulou vers l'âge de 7 ans - tante Jeanne (l'épouse du frère de mon papa) qui m'apprenait à jouer aux cartes - ma maman et debout ma grand-maman
Nous attendions tous la visite !
à suivre...
|
Vous pouvez lire les chroniques prédécentes de cette catégorie en cliquant sur ARCHIVES.
Pour consulter les autres chroniques livres, cliquez sur : http://planete.qc.ca/culture
Pour consulter la chronique DE TOUT DE RIEN, cliquez sur : "/loulou/detoutetderien/index.html"
|
|
|
|
|
|
Recherche dans
Louise Turgeon DE TOUT DE RIEN
|
|
|
|
|
|
|
 |
|