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Louise Turgeon DE TOUT DE RIEN
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Samedi le 28 mai, 2005
Le bal est parti, l’actualité se tourne avec une certaine frénésie vers les révélations de madame Nathalie Simard. C'est le cas de le dire, tout le monde en parle… Cela relègue dans l’ombre d’autres nouvelles qui sans être sensationnelles ne sont pas pour autant insignifiantes.
L’annonce récente de la désaffection imminente des 350 acériculteurs de l’Union paysanne n’est pas sans importance. Symptôme d’un malaise qui s’éternise depuis plusieurs mois, ce coup de canon suit de peu le départ sans tambours ni trompettes du directeur général et ex-président fondateur monsieur Roméo Bouchard, dont on ne sait pas s’il a été éjecté du mouvement ou s’il est parti de son propre chef.
Quoi qu'il en soit, l’étiolement du mouvement qui se poursuit n’est pas une bonne nouvelle. L’Union paysanne a été créée dans l’enthousiasme, il y a un peu plus de trois ans, par un groupe de citoyens déterminés qui en avaient assez de l’agrobusiness et de la domination outrancière de l’UPA.
Noble idée, soutenue par une poignée de croyants, l’Union paysanne a joui dès sa fondation d’un capital de sympathie important. Surtout auprès des citoyens qui, pour une fois, voyaient un mouvement paysan clamer haut et fort que la sécurité des aliments leur importait plus que la croissance sans limite de leur propre exploitation agricole.
Pendant les trois premières années de son existence, l’Union paysanne n’a eu de cesse de réclamer un changement de paradigme dans la gestion de l’agriculture et des pratiques agricoles, encourageant et valorisant une agriculture à dimension humaine. Bref, on pouvait comprendre facilement que les positions de l’Union paysanne étaient fondées sur une approche qui se trouve nettement aux antipodes du modèle productiviste qui caractérise l’UPA.
Pour réussir, l’Union paysanne avait besoin de l’adhésion massive de tous ces agriculteurs qui notoirement sont insatisfaits de la situation actuelle, et dont un bon nombre se sentent à l’étroit dans l’organisation dont ils sont captifs. Mais aussi, et surtout, l’Union paysanne devait structurer son organisation et, pour cela, bâtir son rapport de force en s’appuyant principalement sur sa base.
Au lieu de cela, malheureusement, le leadership autocratique de son président fondateur aura fait fuir la plupart des bonnes volontés prêtes à mettre l’épaule à la roue, pour que s’épanouisse une organisation qui manifestement trouvait un écho plus que favorable dans l’opinion publique.
Le départ des acériculteurs est un coup dur pour la jeune organisation qui ne peut plus désormais compter que sur un nombre restreint d’agriculteurs et sur de moins en moins de membres citoyens, la grande majorité ayant d'ores et déjà déserté le mouvement.
Les principes que défend l’Union paysanne sont importants. Ils l’étaient et le demeurent, mais il est loin d’être certain que l’organisme pourra survivre à cette défection massive.
Le départ des acériculteurs annonce-t-il la mort imminente du mouvement qui n’est plus que l’ombre de lui-même ? Nul ne le sait, mais si cela devait survenir, souhaitons que les idées véhiculées par l’Union paysanne ressurgissent avec plus de vigueur, de nouvelles énergies, et des leaders capables de plus d’habileté.
GILLES THÉBERGE
L'ÉPICENTRE
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