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| Lettre à mon tout-petit / Le Jour de l'An suite |
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Dimanche le 29 décembre, 2002 |

LETTRE À MON TOUT-PETIT
LE JOUR DE L'AN
SUITE
Première partie :
Pour lire la première partie, cliquer sur AUTRES TEXTES en bas de cette page à gauche
Là, c’était LA GRANDE SORTIE !
Pendant quelques années, nous avons célébré le souper du Jour de l'An à l’hôtel Windsor, au centre-ville de Montréal. C’était du plus grand chic. L'élégance était de mise. Nous partions tous avec dignité vers ce haut lieu anglophone de la haute société !
Je devais garder la tête haute et... ma robe de velours... propre !!!
Après le souper, nous prenions un taxi pour nous rendre chez tante Alice, la soeur de mon grand-père, qui recevait tous ses enfants et petits-enfants. Ça fêtait, dans cette famille-là ! Il y avait beaucoup d'enfants et je m'amusais ferme ENFIN !
Ma grand-maman Ferland (mère de ma mère) nous recevait également à l'occasion. Mais comme elle était veuve et qu'elle devait travailler à La Commission des Liqueurs au Pied du Courant pour gagner sa vie, elle avait peu de temps pour se préparer alors nous allions que très occasionnellement célébrer chez elle.
Elle acceptait surtout les invitations de ses fils à célébrer chez eux.
Quelques années plus tard, nous sommes allés chez les frères de ma maman. Tante Juliette pouvait, avec un repas pour dix personnes, en servir vingt sans que ça paraisse ! Tout comme chez tante Lucille, chez qui j’adorais aller. Chez l’une comme chez l’autre, il y avait de belles grandes fêtes et beaucoup d'enfants.
Une fois mes grands-parents Turgeon décédés, nous allions chez le frère de mon père, eux venaient chez nous, et nous acceptions les invitations avec joie.
Puis, une fois mariés, la tradition devint que le midi nous allions chez les parents de ton grand-papa Luc et le soir chez mon papa. Ce fut ainsi pendant 30 ans ! Il aurait été impensable de ne pas se fréquenter ces jours-là ! De toute façon, tout le monde demeurait avec sa famille. Les restaurants étaient tous fermés, sauf les grands hôtels.
Une dernière chose que nous devions absolument respecter : la bénédiction paternelle.
À chaque premier de l'an, l'aîné de la famille demandait à son papa de bénir tous ses enfants et petits-enfants. Nous nous agenouillions tous devant mon grand-papa et celui-ci d'un geste solennel nous bénissait et nous offrait ses meilleurs voeux pour l'année nouvelle qui arrivait.
Quand mon grand-père fut décédé, je dûs poursuivre cette tradition avec mon père... moi je ne trouvais pas ça très drôle à l'adolescence... mais j'ai poursuivi pendant quelques années.
Les moeurs évoluant, cette bénédiction fut abandonnée. Toutefois, je crois que mon père a toujours regretté cet arrêt. Elle revêtait pour lui une grande importance.
Chez grand-papa Luc aussi cette tradition existait.
Aujourd'hui, les jeunes adultes se regroupent pour passer le cap de minuit et l'arrivée de la nouvelle année entre eux... C'est ce que vous ferez avec des amis.
Comme ta maman a beaucoup d'oncles et de tantes, vous allez dans ces familles où il y a beaucoup de plaisir, de musique et de jeux pour le premier janvier! C'est tout à fait normal.
Alors, grand-papa et grand-maman ont accepté d'aller eux aussi chez des amis pour 2 jours, après avoir visité les parents de grand-papa à la résidence cependant le 31 décembre. Tante Manon ira avec sa famille le 1er janvier. Ainsi, ils pourront voir leurs enfants et leurs petits-enfants plus calmement.
Comme tu vois, les traditions ont bien changées...
La bénédiction paternelle ??? Elle s'est envolée dans la nuit des temps !
À venir : La fête des Rois
La photo au début du texte provient du site suivant :
http://collection.nlc-bnc.ca/100/200/301/ic/can_digital_collections/montreal/si46.html |
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