Dimanche 17 mai, 5H45 du matin, je me réveille. Détresse respiratoire. Je n’arrive pas à respirer normalement, l’air n’entre pas dans les poumons, malgré tous mes efforts. Je râle comme une bête à l’abattoir.
15 minutes plus tard, les ambulanciers m’embarquent et hop à l’hôpital Anna Laberge à Chateauguay. On file à 140 ou 160 Ki, ma blonde Sylvie n’arrive pas à suivre derrière au volant de l’auto.
Une équipe médicale m’attendait déjà. J’étouffe toujours et je fais des efforts surhumains pour arriver à faire entrer un peu d’air uniquement en respirant par la bouche. L’enfer je te dis.
Le docteur ou la docteure Marchand me parle doucement, son attitude et ses propos me rassurent. Et soudainement mon cœur s’emballe, bang, choc électrique. C’est la première fois depuis cinq ans, que le défibrilateur qu’on m’a installé, fonctionne pour remplir le rôle qui est le sien.
À peine vingt minutes d’écoulées, bang, deuxième choc électrique. Je sursaute dans le lit. L’infirmier qui s’occupe de moi, fait un bond en arrière, surpris par la force du choc.
Le docteur Marchand dt à ma blonde, si on a d’autres problèmes cardiaques, jusqu’où fait-on des tentatives de réanimation. Aucune tentative de répondre ma blonde, c’est son souhait. J’approuve ma blonde avec un signe de la tête. Si on a un autre arrêt cardiaque et qu’il refuse de repartir et bien ça va s’arrêter là.
Àprès deux heures de lutte intense j’ai commnencé à respirer normalement. On m’a gardé sous observation toute la journée, pour me laisser entrer à la maison vers 21 heure.
Si on le considère du point de vue de la vie active, le sommeil est seulement un moyen. Si nous pensons que les êtres humains doivent être actifs, ils ne devraient pas avoir besoin de dormir. Mais sans sommeil, impossible de dissiper sa fatigue ou de travailler avec énergie. De même, lorsque les gens vieillissent, tombent malades ou sont gravement blessés, ils n’ont d’autre alternative que de régénérer leur force vitale au moyen de la mort. ……
Quand nous dormons, notre pensée consciente s’estompe, et lorsque nous nous réveillons, elle réapparaît. C’est comme si à certains moments notre esprit existait, et comme si à d’autres, il n’existait pas. Ces états intermédiaires de l’être sont ce que le Bouddhisme définit par la notion de Ku, ce qui est ni existence, ni non-existence, l’état de vide, de latence ou de potentialité.
Pour la philosophie occidentale, la vie et tous les phénomènes se rangent obligatoirement dans les catégories de l’être ou du non-être. Aucune place n’est accordée à cet état de Ku.. Mais si on ne comprend pas cet état, on ne peut rien comprendre à la vie car lui seul permet d’expliquer la mystérieuse continuité de la vie. ……
L’univers n’est pas distinct de la vie, il est la vie elle-même ; par conséquent lorsque nous mourons, notre vie retourne se fondre dans la vie plus vaste de l’univers et ne peut plus être localisée par nos perceptions. ……
De même que nous nous endormons et nous réveillons, nous naissons et mourons pour naître à nouveau, poursuivant ainsi un cycle de vie éternel. Josei Toda»