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| Béliveau vs réalisateur |
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Samedi le 12 février, 2005 |
Dans une chronique récente, j'ai mentionné avoir eu une dispute violente avec un réalisateur.
Beaucoup, beaucoup de courriels, de lecteurs et lectrices, curieux comme des belettes, qui voudraient savoir ce qui s'est passé exactement. C'est de l'histoire ancienne puisque ça date déjà d'une vingtaine d'années.
En 83-84, j'animais en compagnie de Gaston Lepage une émission appelée Un Monde en Folie. Cette émission était no.1 à Télé-Métropole. L'année suivante, la direction a cru bon de faire quelques petits changements, on nous a greffé une animatrice, Martine Blain.
Cette dernière peut se vanter que sa tête a fait le tour du monde.
Au moment où nous faisions l'enregistrement de l'émission qui était diffusée cinq soirs semaine, Martine Blain s'est dirigée vers le centre du décor pour donner la liste des invités.
Gaston et moi, étions en coulisse.
Parmi les invités, un dompteur d'animaux sauvages, lions, tigres, panthères, etc..
Elle n'a eu que le temps de dire bonsoir, un énorme guépard est sorti de nulle part et a sauté sur elle, la gueule ouverte et a resserré son étreinte sur sa hanche gauche. Aussitôt l'entraîneur qui, heureusement, n'était pas trop loin, est intervenu et a dégagé Martine Blain qui était figé de frayeur. Le guépard est revenu aussitôt à la charge, mais n'a pu faire mieux que d'administrer un coup de patte à la jambe de cette dernière.
Cet enregistrement a fait la une de tous les bulletins de nouvelles du monde.
À chacune des émissions, nous faisions, une petite répétition pour la mise en place des caméras, les déplacements sur scène, alors que le régisseur jouait le rôle de chacun des invités. Ceci permettait au réalisateur de mieux réagir au moment de choisir la caméra qui prendrait la scène. Un après-midi, nous sommes donc en répétition, toute l'équipe est de bonne humeur, sauf le réalisateur. Pourquoi, on n'a jamais su.
Alors qu'il discute avec Martine Blain à l'avant de la scène, Gaston et moi sommes assis côte à côte dans les marches du décor. Nous bavardons à voix basse. Mais la vraie consigne était de ne pas dire un mot, même à voix basse.
Soudain, le réalisateur se dirige vers nous d'un pas rapide.
- Fermez vos crisses de gueule quand je parle, c'est moé, le boss icitte.
Il avait à peine fini de parler, comme le guépard, j'ai bondi. De mes deux mains, je l'ai attrapé à la gorge et nous avons traversé tout le studio dans cette position, une fois au mur, je l'ai secoué fortement. Les autres membres de l'équipe sont intervenus pour me faire lâcher prise.
Ça m'a valu une visite chez le directeur des programmes.
Ce dernier sans excuser ma réaction, m'a dit, écoute Marcel, tu as un caractère imprévisible et maintenant que tu es à la télé, sois plus prudent. Si jamais tu frappes quelqu'un sur la rue, ça va te coûter dix fois plus cher. Mais dans le cas qui nous intéresse, sauter sur un réalisateur c'est quelque chose qui ne se fait pas. Dans un club de hockey, qui est un sport d'équipe, il y a souvent des dissensions.
Ça arrive plus souvent si l'équipe est en perte de vitesse et occupe une place dans le bas du classement. Un gérant général congédiera à regret son instructeur à la place d'un joueur, surtout s'il s'agit d'un joueur vedette.
Le réalisateur a été affecté à une autre émission et la nôtre s'est terminée à la fin de la saison.
Voilà la raison du pourquoi, ce même réalisateur refusait de mettre mon nom au générique. |
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