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| Un Jour à New York ...
(chapitre 7) |
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Dimanche le 13 mars, 2005 |
Chapitre 7
Monsieur Levaque... Monsieur Levaque, fait le commis à la réception, vous avez un message.
Quelqu’un a téléphoné ? demande Gévry.
Non, quelqu’un est venu pour vous voir, il y a environ une heure en disant qu’il reviendrait. Mais il n’a pas laissé son nom ni de message en particulier.
C’est curieux, réplique Gévry, je ne connais personne à Montréal. De toute façon, je monte dormir, je suis crevé. Prenez note que je n’y suis pour personne, j’ai vraiment besoin d’une bonne nuit de sommeil.
Très bien, monsieur Levaque, je prends note.
Une fois seul dans sa chambre, Gévry tire le rideau d’une main et de l’autre manipule la manette de la télé. Il tape le 88.
Sait-on jamais, se dit-il, il y a peut-être un ou plusieurs messages.
L’écran affiche: aucun message.
Que je suis bête, pense Gévry, pourquoi y aurait-il un message. Bon une bonne douche à l’eau chaude devrait chasser toutes les tensions et émotions de la journée, demain est une autre journée, on verra bien...
Ah que ce lit est confortable, fait Gévry, en tendant le bras pour éteindre la lampe de chevet.
Mais qu'est-ce que c’est que cette lueur rouge intermittente, de se dire Gévry, on dirait un système d’alarme comme dans les autos.
Lorsqu’on éteint la dernière lampe d’une pièce, la noirceur se fait plus intense au début, avant que l’oeil ne s’ajuste à l’obscurité.
Gévry a l’impression que cette lueur rouge va lui gâcher la période de pré-sommeil. Cette lueur vient de l’autre côté du lit à sa gauche.
Je vais lui mettre une serviette, elle va arrêter de m’embêter et ça ne va pas l’empêcher de remplir sa fonction pour la sécurité...
Mais Gévry se sent trop bien dans ses draps et sortir du lit lui semble une épreuve trop ardue. Paresseusement il passe la jambe droite hors du lit et du bout du pied essaie de récupérer la serviette qu’il a laissé tomber en sortant de la douche. Il sent la serviette au bout de son pied, mais n’arrive pas à la soulever.
Merde, dit-il à haute voix, et du même souffle, saute hors du lit, ramasse la serviette par terre et du même geste, lance cette dernière en direction de cette lueur qui l’énerve.
Le vacarme qui s’ensuit lui fait comprendre que la serviette étant mouillée et la force avec laquelle, elle fut lancée a fait dégringoler par terre l’appareil téléphonique installé sur la table de nuit.
Allo...ici la réception. Allo...
Toujours dans l’obscurité Gévry se jette à plat ventre en travers du lit. De ses deux bras pendants, il cherche l’appareil par terre.
Allo, dit Gévry, pour vérifier s’il y a toujours quelqu’un au bout du fil.
Monsieur Levaque, ici la réception, nous avons appelé votre chambre, il y a une quinzaine de minutes, sans obtenir de réponse.
J’étais dans la douche, je n’ai rien entendu et de toute façon j’avais laissé la consigne que je ne voulais pas être dérangé.
Oui, je sais, monsieur, veuillez nous en excuser, mais il y a un monsieur ici dans le lobby de l’hôtel
qui insiste pour vous voir, il est juste là près... excusez-moi je ne le vois plus, je suis désolé il était là , il y a à peine dix secondes. Ce monsieur semblait décidé à passer la nuit ici s’il le fallait, mais se disait impatient de vous voir le plus tôt possible.
Et quel est le nom de ce monsieur, s’enquiert Gévry.
Malheureusement, il n’a pas laissé son nom, mais c’est un monsieur...ah, le voilà qui vient vers la réception, il était au bar. Je m’informe de son nom si vous permettez, Monsieur Levaque.
Gévry n’a que le temps de soupirer.
C’est un monsieur Niquet...allo
Je ne connais pas de monsieur Niquet, de lancer Gévry, ni en France ni au Qué...Niquet vous avez dit, dites-lui de monter immédiatement.
Gévry raccroche le téléphone aussitôt et enfile ses vêtements. Il déverrouille la porte et laisse celle-ci entrouverte.
Gévry entend que quelqu’un vient vers sa chambre non pas par les bruits de pas étouffés par une épaisse moquette, mais plutôt par le clinquant de monnaie ballottante dans une poche de pantalon.
Gévry nonchalamment appuyé sur le bureau attend que l’on pousse la porte. Le bruit s’est arrêté.
Je suis là, fait Gévry, entrez, je vous prie.
Mais personne n’entre, Gévry fait un pas en avant en direction de la porte, lorsqu’il voit apparaître une tête en travers.
Salut, dit une voix grave et forte. Surtout, continue la voix, ne bouge pas. Laisse-moi te regarder.
Gévry trouve la scène un peu bizarre, mais ne dit rien. La tête de cet inconnu est toujours en travers de la porte.
Simognac, dit l’inconnu, je ne le crois pas. La terre va arrêter de tourner. Y a personne qui va me croire et toi, tu t’appelles Gévry, c’est bien ça ?
Gévry fait un signe affirmatif de la tête.
Mais entrez, Monsieur, je vous prie.
L’homme pousse la porte de son pied et tient dans la main gauche un sac en papier brun et dans la main droite entre le pouce, l’index et le majeur, deux énormes cigares dans un tube métallique.
L’homme s’avance vers Gévry qu’il ne quitte pas des yeux alors que sa main gauche cherche un endroit pour déposer son sac. Il dépose le sac à côté de l’appareil de télé. Sans se départir de ses cigares, l’homme pose ses deux mains sur les épaules de Gévry. Il le fixe pendant plusieurs secondes sans prononcer un seul mot.
Simognac, répète-t-il, au bout d’un moment, si je ne te touchais pas, je ne pourrais pas le croire...
Simognac, redit-il, en détachant chacune des syllabes. Le fils de Renaud.
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