|
|
 |
 |
 |
|
 |
| Un jour à New-York... |
 |
| |
Vendredi le 01 juillet, 2005 |
Soudain un cri perçant se détache au-dessus de
toutes les clameurs du restaurant.
Oh my God, Oh my God ! Cameron, please sit down. Cameron ! qu'est-ce que tu fais ?
Gévry et Marcel Ferland se tournent aussitôt vers la table voisine.
Cameron, que fais-tu ? Svp, Monsieur, aidez-le à s'asseoir.
Cameron est debout, sur ses deux jambes, la main gauche appuyée sur le rebord de la table.
Le cri perçant de sa mère a attiré l'attention de toute la clientèle présente. Personne n'ose dire un mot.
Cameron se tient maintenant debout seul sans appui. Il regarde tout autour de lui. Il sourit de toutes ses dents.
Mesdames, messieurs, ce soir est un grand soir. Devant vous j'abandonne un objet que peu d'entre vous connaissez vraiment. Un fauteuil roulant. Ce fauteuil que vous voyez là à côté de moi fait parti de ma vie quotidienne depuis 21 ans. Ce soir, je l'abandonne.
Je vais aux toilettes, dit-il, car je sais, en mon for intérieur que maintenant je peux marcher.
Au même moment, les gens se lèvent debout comme si quelqu'un en avait donné le signal. Les gens applaudissent à tout rompre ce jeune homme qui sourit et avance lentement. Il avance péniblement d'un pas hésitant, mais il avance seul au travers des tables. Les gens crient, applaudissent, d'autres pleurent, une femme s'évanouit. Il arrive au pied d'un petit palier de trois marches qui conduit aux toilettes du restaurant.
Il pose la main droite sur la garde-fou, les muscles de son cou se crispent, sa figure est rouge et hop il place son pied droit sur la première marche, dans le même élan un deuxième effort et il a les deux pieds sur la première marche. Sa mère en larmes le suit de près les bras en croix, prête à intervenir s'il y avait défaillance.
Cameron reste un moment immobile, les gens n'ont pas arrêté d'applaudir de crier, de hurler, de l'encourager à continuer. Il semble concentrer son énergie pour franchir la deuxième marche. Le pied gauche d'abord…et le pied…droit.
Une autre salve d'applaudissements.
Cameron se retourne, lève les bras en l'air en signe de victoire et crie à pleins poumons :
Je marche…, voyez je marche…je peux marcher. Je MARCHE ! Merci, merci !
Gévry prend Marcel Ferland par les épaules,
Monsieur Ferland, j'en ai la chair de poule, je n'ai jamais assisté de ma vie à un moment aussi intense. Quelle joie ! Quel plaisir indescriptible de voir une chose aussi fantastique se produire devant nous.
Bien Gévry, voilà ce que je voulais dire, ce que je n'arrivais pas à exprimer, je veux dans le futur consacrer mon temps et mon énergie à aider des gens comme lui à triompher dans la vie et non pas à vaincre en droit un adversaire. Ce que nous venons de voir toi et moi Gévry ressemble à ce que la plupart des gens pourraient qualifier de miracle. Pourtant c'est plus qu'un miracle, c'est la force pure intérieure de cet individu qui s'est manifestée en parfaite harmonie avec la puissance de son esprit.
Je crois que je vais profiter de ce moment d'euphorie pour téléphoner à ma femme et lui dire que je rentre demain.
Pendant l'absence de Marcel Ferland, Gévry participe malgré lui au déchaînement de joie des clients.
Cameron ressort des toilettes, toujours souriant, les bras en l'air, cette fois-ci, il descend les trois marches tout à fait normalement. Les gens se ruent sur lui, on veut le toucher, lui parler. Il tient sa mère par les épaules, alternativement elle pleure, elle rit. Tous deux se dirigent vers la sortie du restaurant. Pendant ce temps, on entend le bruit des sirènes à l'extérieur. Les caméras de télévision ont déjà pris place à l'entrée. Une foule déjà nombreuse veut voir ce miraculé. Les clients le suivent et l'acclament. Les serveurs du restaurant ont toutes les difficultés à lui frayer un chemin à travers la foule de badauds. Une voiture déjà les attend. Cameron passe devant les caméras de télévision sans s'arrêter, il serre simplement la main des gens qui veulent l'interviewer.
Il se contente de sourire à tout le monde.
Pendant ce temps, Gévry est resté seul à sa table. Il attend le retour de son ami Marcel Ferland. Il regarde autour de lui, le restaurant est dans un désordre indescriptible, des tables et des chaises renversées. À côté de lui, le fauteuil roulant électrique du jeune homme qui vient de quitter sur ses deux jambes. Un oubli, pense-t-il, et puis veut-il seulement revoir ce fauteuil ?
Ah, Gévry, fait Marcel Ferland en revenant vers lui, affichant un grand sourire, un miracle n'arrive jamais seul.
Qu'est-ce que vous voulez dire, il est arrivé autre chose ?
Non, mais tu sais combien j'appréhendais l'annonce de mon retour. Bien j'avais raison.
Elle veut divorcer, demande Gévry ?
C'est ma fille la plus jeune, elle a huit ans, qui a répondu au téléphone.
J'ai dit : Allo ma chérie, c'est papa !
Elle a laissé tomber l'appareil et je l'ai entendu crier : Maman, maman, viens vite c'est papa.
Au moins trente secondes se sont écoulées.
Allo, Marcel c'est toi ?
Oui, je suis là.
Ah que je suis heureuse de te parler. Quand rentres-tu ?
Demain je serai à Montréal.
|
La nouvelle méthode de golf révolutionnaire Golf ANTRAD Visitez le site http://www.golfantrad.com/
Vous voulez recevoir dans votre courriel une blague tous les jours? Cliquez ici!
|
|
|
|
|
|
Recherche dans
Marcel Béliveau
|
|
|
|
|
|
|
 |
|