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| Un jour à New York... |
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Vendredi le 17 juin, 2005 |
J'ai reçu une deuxième lettre en 65. Toujours en provenance d'Espagne. Une lettre indéchiffrable. Que des données scientifiques et mathématiques. Des formules qui m'étaient totalement inconnues.
Timidement, j'ai approché des ingénieurs, des professeurs de mathématiques, des astrophysiciens, des chercheurs. Je leur montrais une copie de ma lettre. Tous m'ont dit ne rien comprendre.
J'ai reçu par la suite d'autres lettres. Celles-ci étaient plus faciles à comprendre car rédigées en français, quoiqu'il y avait beaucoup de fautes d'orthographe. La troisième lettre m'a beaucoup intriguée. Elle racontait l'arrivée sur Terre en provenance de la planète UMMO d'un corps expéditionnaire débarqué le 28 mars 1950.
On y relatait les péripéties de ce débarquement ainsi que tous les aléas reliés à une telle expédition. Quoi que tout semblait se tenir dans les propos et les observations notés, je demeurais sceptique tout en étant transporté d'anticipation à savoir qu'il serait merveilleux si cette histoire était véridique. Je reçus beaucoup d'autres lettres du genre, chacune expliquant une facette différente de la vie sur la planète UMMO. Je trouvais l'histoire passionnante.
J'appris également que d'autres personnes que moi recevaient de ces lettres. Je me demandais où tout ça allait me mener.
Voilà qu'un certain soir de début décembre, j'avais décidé de rester à la maison car il était tombé au-delà de 30 centimètres de neige depuis la vieille et le vent soufflait encore, il n'était pas prudent de s'aventurer sur les routes.
J'entends soudainement un bruit sourd qui vient de la rue. Je vais à la fenêtre et j'aperçois une petite camionnette, phares allumés, embourbée dans la neige après avoir défoncé le petit grillage qui délimite mon terrain.
Immédiatement je mets mes bottes de mouton et j'enfile mon parka d'hiver pour aller voir les dommages de plus près.
Je suis à peine sorti sur le perron, que la porte de la camionnette s'ouvre côté passager. Un grand gaillard en descend.
Excusez-moi monsieur, me dit-il, j'ai voulu éviter une voiture qui a dérapé venant en sens inverse et c'est moi qui m'est retrouvé dans le décor. J'ai bien peur d'avoir causé quelques dégâts à votre propriété.
Vous n'êtes pas blessé ?
Non pas du tout, plus de peur que de mal.
Pourriez vous m'appeler une remorqueuse ? demande-t-il.
Bien sûr que oui, mais entrez, vous n'allez pas attendre dehors.
Je le précède en lui disant : enlevez votre canadienne, je vais faire du café.
Le gars tout en s'excusant du trouble qu'il me cause tape ses bottes sur le rebord de la porte pour se débarrasser de la neige accumulée.
Il fait glisser le capuchon de sa canadienne tout en retirant celle-ci.
Il porte un chandail d'un club de hockey, les Black Hawks de Chicago. Il a les cheveux longs aux épaules et une moustache épaisse et longue à rendre jaloux le père Noël.
Encore une fois toutes mes excuses, rajoute-t-il,
C'est très gentil à vous de m'offrir cette hospitalité. Permettez que je me présente, je m'appelle P.J. Borowsky.
Je me présente à mon tour et nous nous serrons la main.
Asseyez-vous de l'autre côté de la table, y a une petite chaufferette électrique, vous serez plus confortable. Au fait, PJ signifie quelque chose ?
Piotr Jaromir, c'est mon prénom, mais je trouve plus simple de dire PJ.
Vous avez des plantes magnifiques me dit-il, en apercevant les deux plantes d'intérieurs suspendues qui partent presque du plafond sur une longueur de presque deux mètres, que j'ai accrochées de chaque côté de ma porte patio double.
Merci, ce sont des hibiscus.
Celui qui aime les plantes est quelqu'un d'une grande sensibilité, dit-il.
J'apporte le café sur la table et je lui demande :
Vous êtes un fan de hockey et particulièrement des Black Hawks.
Non pas du tout, je suis professeur et ça fait plus cool auprès de mes élèves. Et j'aime bien la tête d'indien sur ce chandail.
Le garage que j'ai appelé pour une remorqueuse ne peut me garantir une heure précise. Une à deux heures d'attente, nous sommes débordés, m'a dit le garagiste.
Nous en profitons pour échanger sur des banalités, la température, le sport, le temps des fêtes qui approche et le printemps qui est encore bien loin.
Est-ce que la plante derrière vous vous dérange, elle touche presque votre épaule, lui dis-je.
Oh non, pas du tout, elle est devenue ma copine, m'a-t-il répondu.
Je présume qu'avec votre nom, vous n'êtes pas né au Québec ?
Si, mais de justesse, ma mère était enceinte de moi lorsque mes parents ont choisi le Québec pour s'établir. Mes parents étaient polonais. Ils ont eu la vie dure, mais ils ont trouvé ici le paradis si on fait exception de la neige. Vous savez que le Québec est l'un des endroits au monde où l'on trouve la meilleure qualité de vie.
Ce n'est pas moi qui le dit, c'est une enquête récente qui a été faite. Et puis la neige c'est quand même joli et agréable, mis à part les sorties de route comme celle que je viens de faire dans votre jardin. J'ai une assurance qui va vous dédommager.
L'important c'est qu'il n'y ait personne de blessé, dis-je à mon tour.
Heureusement que je sois parti sur la droite, je n'avais aucun contrôle sur la camionnette, si elle était partie sur la gauche, je m'enfonçais dans le Richelieu. L'eau n'est pas particulièrement chaude de ce temps-ci. C'est bien la rivière Richelieu qui passe devant. Vous en avez de la chance d'habiter un endroit pareil, la rivière en avant de la maison, le mont St. Hilaire derrière.
Et sans reprendre son souffle il ajoute :
Saviez-vous que c'est ici à Mont Saint-Hilaire où l'air est le plus pur de toute l'Amérique du Nord.
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