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| Pousse, mais pousse égal... |
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Vendredi le 18 février, 2005 |
En sortant du tunnel Ville-Marie à la sortie Papineau, je réalise que le feu est au rouge. Je ralentis au maximum, en espérant que le vert va apparaître sans que j'aie besoin d'appliquer les freins. ( Un peu paresseux.)
Soudainement apparaît au milieu de la rue, un grand gaillard costaud, avec un gobelet en main. Je lui donne dans la jeune quarantaine.
Mais le monsieur n'est pas de bonne humeur.
Avance sacrament, si tu bloques les chars derrière toé, tu m'empêches de travailler.
Je m'arrête complètement. Là, c'est sûr que les voitures derrière moi, sont bloquées.
Je t'empêche de travailler, me dis-tu, mais quel genre de travail fais-tu ?
Câlisse, qu'est-ce que tu penses que c'est... ça ?
- Un verre de café vide.
Ouais, mais pourquoi penses-tu que je me promène avec un verre de café vide ?
- Ben, j'sais pas, tu espères tomber sur un gars qui a un thermos de café bien chaud et qui va se faire un plaisir de partager avec toi.
- T'es donc ben tarla toé, je veux pas de café, je quête du change, un peu de monnaie.
- Ça pas marché fort à matin le verre est vide. Tu travailles ou tu quêtes...
- Écoute moé ben, si tout le monde fait comme toé, qu'ils ralentissent pour pogner la verte, c'est sûr que rendu à moé, y vont pas s'arrêter, pis je peux pas courir après.
- Mais tu m'as dit que je t'empêchais de travailler... mais tu ne travailles pas, tu quêtes.
Si tu quêtes, c'est justement pour ne pas avoir à travailler.
Alors choisis, tu travailles ou tu quêtes ?
- Je travaille calvert, pis je regarde pas les heures.
- Alors si tu travailles comme tu dis, tu dois avoir un patron ? Si tu veux de l'argent, demande-lui une petite avance sur la prochaine paye.
- Cou donc, toé, tu me niaises-tu, ma job c'est de quêter.
- Bon, j'avais raison, je t'empêche pas de travailler...mais de quêter.
- Tu dois bien avoir un p'tit trente sous dans le fond de tes poches ?
- Oui, j'en ai deux, mais je les garde pour le parcomètre.
- Tu pourrais «splitter »( séparer) avec moé, trente sous, c'est rien.
- Ben si trente sous c'est rien, fais comme si je te l'avais donné...
Et je suis reparti !
Braderie.
Mon ami Ménick était dans tous ses états lors de ma dernière visite à son salon.
- Écoute-moi bien Marcel, et dis-moi si j'ai tort ou si tu penses comme moi.
Que le bon Dieu me crève les yeux si ce que je te raconte n'est pas vrai. Le monde est malade...
En fin de semaine dernière, me dit-il, je me rends à deux rues de chez moi en prenant une marche. J'arrive devant une maison superbe, en grosses pierres grises, trois garages, une immense entrée. Une maison dans les quatre à cinq cents milles. Mais ce qui attiré mon attention, c'est qu'il y avait une petite pancarte à vendre, mais c'était pas la maison qui était à vendre.
On offrait une paire de skis usagés $ 15.00 dollars et une paire de bottines de ski, $ 10.00 piastres.
Alors, mon coeur n'a fait qu'un tour, je me suis présenté à la porte d'entrée et j'ai sonné.
- Bonsoir madame, voici $ 25.00 dollars pour ce que vous affichez sur votre pancarte, les deux skis et les deux bottines.
Maintenant vous avez l'argent, faites-moi le plaisir de les envoyer gratuitement soit à la St.Vincent de Paul ou encore à une famille du quartier, qui serait trop heureuse de les offrir à l'un de leurs enfants.
Du vrai Ménick !
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