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Aujourd'hui, la cloche a sonné...
 

Vendredi le 19 novembre, 2004


19 novembre1939- 19 novembre 2004
Si on soustrait le deuxième du premier ça donne 65.
C'est aujourd'hui que la récréation commence…
Je suis né à La Tuque, en Haute-Mauricie, nous avons habité, Grand Mère, Shawinigan, Cap-de-la Madeleine,Trois-Rivières et j’ai eu une blonde à Louiseville et une autre à Batiscan, mais pas en même temps. J’suis donc un vrai gars de la Mauricie.
Mon père était mécanicien, peintre,soudeur, débosseleur, sculpteur. et malade.

En 1946, nous habitions Shawinigan. ( mot qui veut dire quelque chose en indien, mais j'ai oublié )
Saviez-vous qu’à l’époque, y avait pas de chauffage central à l’électricité. On chauffait au bois, au charbon ou à l’huile.
Pas de réfrigérateur, mais on avait une glacière et quand le livreur venait, avec dans chaque main un crochet qui tenait deux blocs de glaces, ma mère courrait partout en avant de lui pour étendre du papier journal sur son chemin pour éviter de faire salir son plancher.

Pas de laveuse-sècheuse, mais on avait une corde à linge sur la galerie et une plus petite dans la salle de bain, une dans cuisine et même dans la chambre.
Pas de toaster ou grille-pain, mais on se servait d’un support à linge, un cintre plié en deux sur la plaque du poêle, comme en camping.
Pas d’eau chaude au robinet, mais un « boiler » réservoir à même le poêle .

Pas de bain tourbillon, même qu'on avait pas bain du tout, mais on avait une cuvette dans le milieu de la cuisine et on prenait de l’eau chaude dans le « boiler». Ma mère en rajoutait un peu après le lavage de chacun des enfants, comme j’étais l’aîné je passais le dernier, dans la même eau.
Pas de vitres-thermos, mais l'hiver des beaux glaçons sur les murs de notre chambre.

Pas de sous-sol fini, avec deux chambres pour la visite, une salle de jeux et un cinéma -maison, non mais on avait une cave , une vraie cave en terre.
Pas d’autobus scolaire,on marchait, le matin , le midi et le soir.
Pas de télévision, mais on avait la radio et aussi le téléphone mais pas de ligne privée, y avait cinq ou six familles sur la même ligne.

On avait aussi beaucoup de visite, pas de la visite qui disait on s'est arrêté en passant, non de la visite qui venait passer la semaine. Un mononcle et une matante du bord de ma mère , un mononcle et une matante du bord de mon père mais avec les enfants.
On portait des combinaisons à panneau parce que c’était plus chaud, un scapulaire pour être protégé, un carré de camphre pour ne pas tousser et on buvait de l’huile de foie de morue pour rester en santé.

On n’avait pas d’argent. Mais on avait du fun.
En 1946, j’avais six ans . Une des visites que je préférais était…
celle du père Claude, un père franciscain. C’était le premier «chum» à ma mère. Mon père n'était pas jaloux, surtout pas d’un curé.
Lorsqu’on recevait de la visite à l’improviste ma mère leur offrait toujours quelque chose à manger, des beignes, des gâteaux, des carrés aux dates ou ses fameuses galettes à mélasse. Elle gardait tout ça dans la cave parce que c’était plus frais.

Mais le père Claude lui, connaissait la cachette. Un jour il se présente à la maison et décide de jouer un bon tour à ma mère.
Par la porte extérieure du caveau il va directement à la cave et dans une noirceur totale il fait une razzia dans les galettes à mélasse de ma mère.
Mange, mange, mange des galettes...mais,
Comme il y en avait plus, qu’il était capable d’en manger, il met tout le reste dans ses grandes poches de soutane.
Hypocritement il sonne à la porte comme si de rien n’était.
Évidemment ma mère s’empresse de lui offrir un bon thé chaud accompagné de galettes à mélasse.

Ma mère remonte du caveau un peu gênée, y avait plus de galettes...
Le père Claude n’en peut plus. Il pouffe de rire et raconte à ma mère sa visite à la cave. Et comme preuve , il fouille dans ses poches et dépose sur la table toutes les galettes qu’il n’avait pu manger.
Toutes les galettes étaient pleines de moisissures...
Ma mère et moi, on a beaucoup rient, le père Claude a été malade mais moi j’ai surtout retenu quelque chose.

J’ai appris que dans la vie , il faut s’amuser.
J’ai décidé que pendant toute ma vie j’allais m’amuser...
suite demain…

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