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| Un Jour à New-York...
(chapitre 2) |
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Mercredi le 19 janvier, 2005 |
-Bien voilà... Mais je vous préviens, je ne peux pas vous en dire plus, tant que je ne serai pas allé là-bas. C’est une histoire incroyable...
-Moi, j’y crois, dit Marion, Mimi, la mère de Gévry, m’a raconté hier soir. Ce qui arrive à Gévry, c’est vraiment fantastique.
-Toi tu sais Marion, mais nous pas, dit Patrick, alors laisse-le causer.
-Il y a une dame, une inconnue, qui a laissé un héritage à Gévry, poursuit Marion, en plus de l’oseille, un bon paquet d’oseille, elle lui laisse une maison centenaire. Il parait que le décor est fantastique, la maison est au pied d’une montagne, et que devant il y a un fleuve qui coule, et que tu peux le remonter jusqu’à New-York.
Toutes les têtes se tournent instantanément vers Gévry.
-Tu connais la chanson de Trenet, dit Jean-Philippe, ma cabane au Canada, c’est peut-être une maison en bois rond, construite par les trappeurs ou les coupeurs de bois.
-Tu vas derrière la maison, renchérit Patrick, tu coupes des arbres et tu les traînent jusqu’au fleuve devant la maison et là, au moment où tu veux les jeter à l’eau, arrivent des Indiens avec des peaux de castors qui veulent marchander avec toi. Ça c’est l’aventure Gévry...
-Je savais bien que vous étiez pour vous fouter de ma gueule, répond Gévry, c’est pourquoi je ne voulais pas trop en parler.
-Mais écoute-moi, fait Georges, essayons de voir clair, et de comprendre la situation. Supposons que toi et moi, ce soir, décidons de laisser un héritage à un pur inconnu. Non seulement on ne cherche pas quelqu’un qui habite la France, on fait cadeau d’une fortune à quelqu’un qui habite à cinq mille kilomètres d’ici. En plus on ne peut s’y rendre que par bateau ou en avion. Comment s’y prend-on pour trouver cette personne dans un autre pays, alors qu’on serait embêté de faire un choix en France. Ce n’est pas incroyable ton histoire, c’est carrément illogique.
-Mais attendez les gars, dit Alexandre qui n’a pas dit un seul mot depuis le début, pourquoi ta mère n’aurait pas de lointain parents en Amérique Gévry, ça serait peut-être plus logique, non!
-Ma mère est née à Chantonnay, un tout petit village en Vendée, lorsqu’elle avait cinq ans ses parents se sont installés à Toulouse, c’est pourquoi ma mère a un petit accent du midi. Ma mère a deux soeurs qui habitent toujours Toulouse et qui n’ont jamais quitté la France, je crois même qu’elles n’ont jamais quitté Toulouse.
-Alors du côté de ton père, insiste Alexandre.
-Je n’ai pas connu mon père, dit Gévry, il est mort ou disparu avant ma naissance. Jamais ma mère n’a fait allusion à mon père, jamais...
-Et l’archange Gabriel, il était de service à l’époque demande Georges. Ta mère porte le prénom de Marie à ce que je sache. Une fois à tous les deux mille ans, c’est pas trop demandé à un ange. Il n’y a pas que Jésus dont la mère a conçu sans pécher, il y a eu Mahomet et beaucoup d’autres prophètes. Alors Jésus de mes deux, dit Georges en s’adressant à Gévry, un petit effort et tu nous changes l’eau en vin, y a plus rien à boire.
-J’ai une carte bleue, qui peut faire apparaître tout le vin qu’on veut, allez c’est ma tournée, réplique Gévry.
Ils furent les derniers clients à quitter l’établissement, tout le monde se quitta de fort joyeuse humeur.
Ah quelle chance j’ai, se dit Gévry en rentrant chez lui, le bureau de tabac n’est pas fermé, je n’ai pas sommeil et je n’ai plus de cigarettes.
-Blondes ou brunes, lui demande le garçon de café.
-Blondes... Non, brunes, les blondes me font tousser et donnez-m-en une cartouche, au cas où il n’y en aurait pas au Canada.
-Vous partez au Canada!
-Ouais, demain, non... après-demain.
-J’ai un copain qui est parti là-bas depuis une bonne année. Il est à Chicoutimi, il habite chez un monsieur Tremblay, si vous le voyez, dites-lui, que son ex, enfin son copain Jacquot lui fait la bise.
-J’y manquerai pas, dit Gévry, je l’embrasserai sur la bouche ... de Jacquot hein!
Gévry tourne le loquet de la porte de l’appartement le plus délicatement possible afin de ne pas faire de bruit, il est presqu’une heure du matin. Le tocsin de l’église St-Sulpice qui sonne les heures, le lui confirme aussitôt.
-Mais maman, que fais-tu debout à cette heure-ci!
-Je viens de rentrer, je suis allé aider Marinette, la concierge rue Vieux Colombier. Tu sais comment elle s’occupe de tout le monde, tu connais le vieux docteur, tu sais le gynécologue dont le chien est aveugle, et bien il a cassé sa pipe, il y a à peine deux heures. Malgré son grand âge, le pauvre homme était toujours prêt à aider quelqu’un. Son seul héritier est son chien Cassis qui est aveugle, il ne résistera pas longtemps à la mort de son maître.
-Et qui va s’occuper du chien, demande Gévry.
-C’est Marinette, tu la connais, elle garderait tous les animaux chez elle si elle le pouvait. Elle en a déjà deux en pension, celui de l’Américaine et Micky.
-Tu connais le nom des chiens maintenant.
-J’ai retenu que celui de Micky, c’est le chien de l’un des directeurs à Euro-Disney, c’était facile.
-Puisque tu me parles de l’Américaine et de Micky, est-ce tu connais l’Amérique demande Gévry.
-Je connais tout de l’Amérique, réplique Mimi, sur un ton triomphateur.
C’est pas vrai ! fait Gévry à son tour sur un ton admiratif, alors raconte-moi tout, comment , où, avec qui....
-C’est très simple, c’est par le cinéma, on est tellement envahi par le cinéma américain. Mais je n’ai jamais mis un pied sur ce continent.
-Et le Canada, serait-il possible que nous ayons des gens ayant un lien de parenté quelconque qui auraient immigré là-bas dans le passé.
-Je vois où tu veux en venir, dit Mimi.
-Pourquoi, tu ne m’as jamais parlé de mon père demande Gévry en jetant un coup d’oeil au plafond.
-Une seule fois, mon fils, tu avais douze ans à l’époque, tu m’as demandé si ton père jadis avait été champion de foot.
C’est la seule et unique fois où on a abordé le sujet de ton père.
-Bien maman, je comprends et je ne voudrais en aucun cas te faire de la peine en te demandant d’évoquer des souvenirs que tu as peut-être volontairement enfouis dans ta mémoire, mais j’aimerais que tu me parles de mon père, aujourd’hui j’ai non seulement envie de connaître, j’ai besoin de savoir. Qui est-il ou plutôt qui était-il, pourquoi il n’a jamais été là, quel était son métier, pourquoi tu t’es amouraché de lui et qu’est ce qui ...
-Gévry, je n’ai pas connu ton père! laisse tomber Mimi sur un ton tranquille.
-Mais... mais....c’est pas possible ça, dit Gévry, ou bien t’as été violée par un inconnu, ou encore tu étais complètement ivre dans un super-party. Ou bien mon copain Georges avait raison....
-Rien de tout cela Gévry, sans connaître la raison de ton copain Georges. Mais le peu que je connais sur l’homme dont tu aurais hérité du bagage génétique je veux bien t’en parler car aujourd’hui je sais maintenant qui est ton père.
-Et pourquoi dis-tu aujourd’hui seulement.
-A cause de la ressemblance, deuxièmement j’en ai jamais parlé plutôt, d’abord parce que tu n’as jamais éprouvé le besoin de savoir et qu’en plus il n’y avait pas grand chose à raconter. Tu ne préfères pas que l’on cause de tout ça demain Gévry!
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