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Mon ami Frank Cotroni... (la suite) |
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Samedi le 21 août, 2004 |
Attention, on y va dans cinq... quatre... trois... deux... J'ai en main un micro identifié à CKAC, et un petit appareil pour enregistrer ou jouer des cassettes, sauf, qu'il n'y a pas de cassette dans la machine.
Mon ami Louis s'amuse de ma mise en scène.
- Mesdames et messieurs, je vous parle en direct de la brasserie Z où j'ai à mes côtés le promoteur de ce fameux programme de boxe, Monsieur X.
- Dites-mois Monsieur X, beaucoup d'amateurs de boxe prétendent que la boxe est arrangée.
- Pas du tout, que le meilleur gagne, ces gars-là passent des mois à l'entrainement, si c'était arrangé, y aurait pas besoin de s'entrainer!
- Entraînement ou pas, si la décision de qui va gagner est prise par la pègre, parque qu'ils ont misés de grosses sommes d'argent, quel boxeur va oser passer outre?
- Écoutez, il y a eu une certaine époque, où effectivement la pègre s'était infiltré dans le milieu de la boxe, mais de nos jours, y a plus personne de la pègre qui s'intéresse à la boxe.
- Alors expliquez-moi la présence de monsieur Cotroni, qui, à ce que je sache, n'est pas le curé de la paroisse.
Là-dessus, mon ami Louis, est devenu vert, vert pâle…
Monsieur X surpris par ma question, me fait signe des deux mains qu'il ne peut répondre à ma question.
Je jouis de plaisir à le voir patiner.
- Je crois Monsieur X que vous ne pouvez répondre à cette question, sans laisser sous-entendre à nos auditeurs, que vous entretenez des relations avec le milieu…
Là, c'est monsieur X qui est devenu vert comme mon chum Louis. Il s'est levé rapidement et a quitté la table.
- Marcel, crisse, t'es devenu fou, on fait pas des jokes de même à du monde comme ça, on va être dans la merde pas à peu près.
- Louis, mange ton gros morceau de gâteau au chocolat, c'est gratuit, après tu peux aller en chercher un autre.
- Je ne suis plus capable d'avaler quoi que ce soit, jamais je vais te réinviter à une conférence de presse, de toute façon, peut-être qu'on vivra pas assez vieux pour se rendre à la prochaine.
- Louis, c'était juste pour s'amuser, juste pour lui voir la face.
Tu sais comme moi, qu'il n'y a pas de cassette dans l'enregistreuse et qu'on était encore moins diffusé en direct.
- Moi, je décrisse au plus vite d'icitte, me dit Louis.
Trop tard, au moment où il recule sa chaise pour se lever, arrive quatre gaillards imposants, à notre table.
- Messieurs, dit l'un deux poliment, auriez-vous l'amabilité de nous suivre en arrière.
Un en-avant de nous, trois derrière.
On nous amène dans une pièce à débarras, mal éclairée, caisses de bières vides, une chaise droite sur la quelle est assis Frank Cotroni. Il est moins souriant que tout à l'heure.
- Puis-je avoir la cassette?
- Il n'y a pas de cassette monsieur, vous pouvez même nous fouiller, moi je n'ai rien sur moi à moins que mon ami Louis me fasse des cachettes et qu'il ait une cassette sur lui.
- Fouillez le gros, dit-il à ses hommes.
Au même moment s'ouvre la porte des toilettes et en sort un bonhomme qui me regarde et me dit : Ah, ben câlisse Marcel, quosssé tu fais icitte tabar…
Le gars qui me parle sur ce ton, s'appelle Roméo Pérusse.
- Tu connais ce gars-là, demande Cotroni à Pérusse.
- Frank, c'est Marcel Béliveau, un chum à Méo. C'est un joueur de tours, c'est un joker Frank!
Merci Méo!
Une fois à la sortie, je dis à mon ami Louis : Je te raccompagne ?
- Non merci, je prends un taxi. C'est un lunch qui va m'avoir coûter cher en joualvert, j'ai dû acheter 4 billets pour le prochain show de Rome Pérusse.
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